J – 1

Humeur du moment

Photo mise en avant: le lac des Taillères, la Brévine ( petite Sibérie de la Suisse) 🇨🇭

La poésie peut-elle nous sauver ? J’en suis convaincue. Sauf qu’on ne décide pas comme ça, un beau jour, d’écrire de la poésie. Il faut qu’elle soit déjà là, en nous; dans notre façon de vivre, d’être, de penser… Et la matière première d’un poème n’est pas la parole, mais l’infinie douceur d’un seul infini; celui de l’amour qui coule dans nos veines. C’est avec ce sang-là vieil or de l’amour et un peu de songe que la poésie s’écrit. Inspiration… respiration… Chaque poème est une émotion cueillie sur l’instant. Chaque instant est éternité. il n’y a pas de temps futur en amour. Aujourd’hui est toute la vie. Demain est la continuation d’aujourd’hui….

QUATRIÈME DE COUVERTURE

(…)

en relisant ces poèmes en prose
écrits pour toi l’hiver dernier.
Je me demande ce matin
de quoi d’autre j’aurais besoin
en dehors de ta présence
ou de la mélodie de ta voix
dans ce merveilleux silence ouaté
qui illumine plein jour ces îles de nuit
de ce qui fut notre amour ?
Je lis à pas feutrés de louve pleine de son petit.
Pour ne pas déranger l’ordre des choses.
Du doigt j’effleure l’étoffe soyeuse des vers
en tournant les pages de notre histoire
à jamais gravée en lettres d’or et d’ange
à même le grain de ma mémoire…

Alors le pétale d’un coquelicot nouveau,
comme un souffle nécessaire
dans la brise neigeuse des maux d’hier
me rappelle ce que l’éternité
doit à l’éphémère;
et à quel point je t’aimais quand,
au milieu de l’hiver, j’ai découvert
en moi un invincible été*.

© Tous droits réservés – 2020/ 2021

 

 

WHAT ELSE ?

FEMME QUI COURT AVEC LES LOUPS*

🎧

Très  très  bon lundi à vous tous !

À  bientôt

SOlène

 

Ah si seulement avec une goutte de poésie ou d’amour, nous pouvions apaiser la haine du monde ! – Pablo Neruda…

 

🙏

Remerciements à Sandrine et Jean-Louis qui savent pourquoi. Ainsi qu’à Jazzy, Colette, Marie et Ugetse pour leur soutien d’autant plus précieux qu’il a toujours été sans faille, non seulement lors de l’écriture des poèmes de ce recueil, mais depuis si longtemps, déjà. Et, enfin, merci également à l’ensemble de mes lecteurs sur WordPress et sur Facebook.

FEMME QUI COURT AVEC LES LOUPS

Humeur du moment

Photo mise en avant: @solenev79… lac de Neuchâtel 🇨🇭

La SOLITUDE n’est pas, comme certains le croient, une absence d’énergie ou d’action, mais plutôt une corne d’abondance sauvage offerte par l’âme.
Dans les temps anciens, la solitude intentionnelle était utilisée pour soigner l’épuisement et prévenir la lassitude: façon d’écouter son être intérieur…
Clarissa PINKOLA ESTÉS, Femmes qui courent avec les loups….

 

A propos de la solitude, je lisais récemment de façon très confidentielle quelques lignes écrites de la main de Christian Bobin. Pour résumer, il disait que la création (dont l’écriture) c’est à elle que nous la devons. Et que c’était pour cela qu’il la défendait ANIMALEMENT COMME UNE MÈRE LOUVE, SES PETITS… Or c’est exactement comme cela que je la conçois, et que je la vis poétiquement parlant.
Même que dans certains poèmes, c’est d’elle dont je parle sans qu’elle n’ait à dire son nom. Alors oui, parfois au creux des nuits, il fait froid. Mais « la poésie est à  la vie ce que le feu est au bois »  disait Pierre REVERDY *. C’est tellement vrai ! Les mots, rallument si bien le feu en soi, que pour un empire, on ne laisserait sa place à personne…

Bonne lecture !

 

DANS MA CABANE*

C’est de l’autre côté de la frontière
à la lisière d’une forêt de sapin blancs
entre les grands espaces enneigés
d’où sort la fumée d’une cheminée
et l’infini du ciel où passent
des nuées d’oiseaux sauvages
au rythme des nuages

C’est une cabane de chasse isolée
avec à la fenêtre, de la lumière
quelque soit l’heure de la journée
ou parfois même de la nuit
Et à l’intérieur, un couple
Que l’on devine plus qu’on ne le voit
à travers la buée des vitres

Ce couple c’est toi et moi, dans ma tête
Les jours de grisaille et de frimas
Quand le vent du large souffle sur la côte
à faire pleurer la mer
et hurler de faim les mouettes
Alors j’écoute Purcell,  l’air du froid,
et je nous vois, nous aimer là-bas
à la lueur des flammes

C’est une cabane de chasse en bois
au bord d’un lac  gelé qui sert de miroir
à la lune ou au soleil, ou même encore
à un couple de promeneurs bien couverts
venus patiner au grand air jurassien
Ce couple c’est toi et moi
en paix avec la terre entière

SOlène
09/01/2021

 

IL Y A*

Au milieu de nulle part
il y a une forêt de sapins plantée par les hommes
dans des dunes de neige que balaie le vent
au bout d’un chemin où personne jamais ne passe,
un chalet à peine plus grand qu’une cabane de chasse;
avec aux fenêtres des rideaux à petits carrés rouges et blancs;
puis de la fumée qui, en sortant de la cheminée
monte au ciel froid d’étoiles
et donne aux brumes d’hiver une odeur de feu de bois

À l’intérieur
il y a une araignée qui, tranquillement, tisse sa toile à la lueur des flammes;
un mug anglais avec du thé encore fumant dedans
et juste à côté, posé là, un vieux, très très vieux livre
aux pages jaunies qui sentent le grenier des maisons de campagne inhabitées:
Thais, dont le nom de l’auteur te rappelle celui de ta première école primaire,
Anatole France…
Thais comme la Méditation de Massenet
que tu écoutes au moment même où s’écrit ce poème

Dans le silence de la nuit
Il y a la musique que tu laisses venir à toi dans une brève introduction a la harpe
Et que tu ressens tout de suite comme un début de réponse
aux questions spirituelles que tu te poses
dans ce que tu appelles « tes grands moments »
Magie des cordes harmoniques, s’en suivront cinq minutes de lâcher-prise en ré majeur
Malgré les notes tristes qui, par instants
font pleurer les sons,
il y a dehors tout ce qui se tait pour écouter,
alors qu’au plus profond de toi, tu te languis encore pour lui
Unimato…
Puis le morceau devient plus passionné, poco a poco appassionato
jusqu’au summum, piu appassionato…

Vide, tu es enfin vide de celui que tu aimes encore trop fort
quand bien même tu chantes le contraire à qui veut l’entendre;
et vide – hélas, aussi des mots, ces satanés mots qui t’échappent,
virevoltent, dansotent et s’éparpillent comme les flocons dans les vents glacés du dehors…
Quand la musique s’arrête, le silence solennel qui suit,
c’est encore et toujours cette divine musique qui monte de la terre au ciel
Mais, peut-être devrions-nous dire, de la mer au ciel

Car en cette nuit de janvier, il y a la pleine lune
Aussi tant pis si c’est le phare du bout du monde qu’elle éclaire sur l’océan
Les filles des bords de mer où ils ne neige pas,
savent bien que tout là-bas, elles deviennent louves
pour se construire un rempart contre le monde
lorsque le ciel se couvre de nuages sur les paysages d’une autre vie

À la lumière du présent, tout se reconstruit
Dans l’imaginaire, tout est permis
Puisse dans le silence de tes nuits blanches
palpiter le vol de l’inspiration

SOlène
26/01/2021

 

VENTS D’ANGES*

A fleur des mots
le parfum des roses du jardin
passe dans la carresse du vent
où la tendre acuité du moment,
ravive sur ma peau
le souvenir de ta main…

J’écoute Pergolesi:le Stabat Mater
par Emma Kirkby et James Bowman
en relisant ces poèmes en prose
écrits pour toi l’hiver dernier.
Je me demande ce matin
de quoi d’autre j’aurais besoin
en dehors de ta présence
ou de la mélodie de ta voix
dans ce merveilleux silence ouaté
qui illumine plein jour ces îles de nuit
de ce qui fut notre amour ?
Je lis à pas feutrés de louve pleine de son petit.
Pour ne pas déranger l’ordre des choses.
Du doigt j’effleure l’étoffe soyeuse des vers
en tournant les pages de notre histoire
à jamais gravée en lettres d’or et d’ange
à même le grain de ma mémoire…

Alors le pétale d’un coquelicot nouveau,
comme un souffle nécessaire
dans la brise neigeuse des maux d’hier
me rappelle ce que l’éternité
doit à l’éphémère;
et à quel point je t’aimais quand,
au milieu de l’hiver, j’ai découvert
en moi un invincible été*.

SOlène
15/06/2021

© Tous droits réservés – 2020/ 2021

 

WHAT ELSE ?

Nous n’attendions plus que l’ISBN pour rajouter le code barre. Il est arrivé tout à l’heure. Nous sommes dans les temps !

À bientôt, lecteurs

Il est essentiel, pour que coule le flot de la vie créatrice, que nous soyons entourées de personnes qui exaltent notre créativité. Sinon, nous gelons sur pied. Le chœur des voix qui remarquent où nous en sommes, prennent soin de nous encourager, et si nécessaire, nous réconfortent, vient nous nourrir. Il est essentiel qu’au moins un ou deux ami (e) s croient que notre don est pan de ciel: le pain des anges. Toutes les femmes ont droit à un alléluia.
Clarissa PINKOLA ESTÉS, Femmes qui courent avec les loups.

MERCI à vous qui étiez là

SOlène

 

NOTRE PART D’INCONNU…

Humeur du moment

« Pour me comprendre,
Il faudrait connaître mes nuits,
Mes rêves d’amour,
Et puis mes longues insomnies
Quand vient le jour
La peur d’affronter la vie »… 
 

NOTRE PART D’INCONNU

Au creux des nuits
de pleine lune
là-bas en petite Sibérie,
avec appels du loup,
bruits de pas dans la neige
et cris de louve qui jouit
dans le lit d’une voix
où le rêve ensorcelle
à la lueur du feu de bois,
on a connu, non pas l’amour
comme on aurait pu se l’imaginer
mais son mystère…
Et tout ce qu’on ne sait pas nommer
quand le secret de l’un
rencontre le secret de l’autre;
secrets pour lesquels, corps et âme
on s’engage du plus profond notre être…
Un manque ressenti depuis l’enfance,
une indicible souffrance qu’on a tue…
C’est à notre part d’inconnu
que l’amour s’adresse, nous laissant
le souffle coupé face à nous même,
sans pour autant, expliquer
le pourquoi du comment…

SOlène
02/09/2021
(Tous droits réservés)

WHAT ELSE ?

Je lis à pas feutrés de louve pleine de son petit.
Pour ne pas déranger l’ordre des choses.
Du doigt j’effleure l’étoffe soyeuse des vers
en tournant les pages de notre histoire
à jamais gravée en lettres d’or et d’ange
à même le grain de ma mémoire…

Extrait de VENTS D’ANGES * in « Au milieu de l’hiver, j’ai découvert en moi un invincible été », mon 2e recueil à paraître très prochainement chez TheBookEdition

Il y a peut être quelque part un bonheur dont j’aurai eu ma part.
Dommage, dommage, j’aimais tant certains paysages. – Michel Berger…

MON AMOUR AU BOIS DORMANT

Humeur du moment

« A quatre heures du matin, l’été,
Le sommeil d’amour dure encore.
Sous les bosquets l’aube évapore
L’odeur du soir fêté

Arthur Rimbaud, Bonne pensée du matin…

MON AMOUR AU BOIS DORMANT

J’ai cueilli pour toi ces vers du poète Rimbaud,
à l’aube d’aujourd’hui qui promet d’être beau
Je les ai cueillis comme des pensées tout juste écloses
sur le terreau ressassé de ma mémoire
qu’une nuit d’étoiles a rafraîchi.

Dans la rosée des petites choses,
ils ont la couleur rose bleuté du ciel,
le goût sucré du miel étalé sur le pain,
celui salé du beurre à la fleur de sel;
et du café au lait qu’on boit, debout
comme ça, devant la fenêtre ouverte
sur la vie qui nous sourit tout à coup
à travers les blonds rayons du soleil.
Même qu’à un moment incertain,
je crois entendre ta voix.
Mais c’est le vent en passant sur les marais salants…
Alors toi qui crois peut-être que je t’oublie,
si tu écoutes le silence, il te dira que non,
mon amour au bois dormant t’attend.
blotti quelque part au fond de moi
où quelque chose me dit que,
si je pense encore à toi, c’est
parce que le coeur est rebelle.
Il a ses raisons
que la raison jamais ne comprendra…

SOlène
12/08/2021
( Tous droits réservés)

Laisse-toi emporter sur le bateau de tes rêves….

L’amour est spontané. Il surprend et envahit, il ne raisonne point, il n’a pas besoin de s’interroger, ni de s’entourer de prévisions, de plans d’attaque et de projets de retraite ; il se trahit, et c’est alors qu’il s’impose. – Teverino de George Sand….

14 JUILLET SUR LE PONT DE RÉ

Humeur du moment

Dans le gris du ciel
la lumière dansote
entre les nuages

SOlène
Haïku du 14/07/2021

 

14 JUILLET SUR LE PONT DE RÉ *

do, mi, do
ré, do, si
la ,si, do…

sur le pont de Ré
la lune à surgi
de l’anthracite nuit
d’un temps immorial
où plane comme
une âme ancienne
l’écho retentissant
de ton cri primal,
dans l’écrin câlin
de ta voix rêvée
et la brûlure à vif
de tes doigts sur moi
qui poursuis ma voie
sur mon fil d’Ariane
au creux des draps
aux parfums fragiles
du bouquet final
quand je te rejoints
pour l’ instant unique
évanescent de beauté
dans son éternelle
éphemèrité…

magie pyrotechnique
sur le pont de Ré
au loin
le ciel en voit
de toutes les couleurs
à en défier
la colère noire
de la mer

do, mi,do
ré, do, si
la, si, do

sur le pont de Ré
passé minuit
c’est fini
la lune s’ennuie
et si mes mots
sourient
au matin
c’est parce que
je n’ai rien vu
je dormais

SOlène
14/07/2021

« Quand un homme entre dans une phase significative de son destin, on peut assurer avec certitude qu’il en a été averti par ses rêves. » – JUNG…

WHAT ELSE ?

C’est la petite voix de l’inconscient qui vous rend visite en songe. Le rêve, passeur de message, est magique…pour peu qu’on y prête attention. Imagé, il parle une langue d’une infinie richesse. Jamais en panne de scénarios, il déploie les ailes du possible. Il réconcilie les temps, abolit les distances, fait revivre les disparus, dénoue les conflits, solutionne les problèmes, guérit les blessures… Loin des interprétations toutes faites, c’est un chemin de connaissance de soi. Un puissant outil de créativité.

« Quand un homme entre dans une phase significative de son destin, on peut assurer avec certitude qu’il en a été averti par ses rêves »

JUNG

Suivez la voix de vos rêves…

🎧

Tout grand MERCI pour vos commentaires et votre fidélité à ce blog.

Plus qu’à vous souhaiter une bonne continuation de votre été.

Et surtout, où que vous soyez, prenez soin de vous.

Amitiés à tous.

SOlène

SOIRS D’ÉTÉ… SUIVI PAR « JE PENSE ENCORE À TOI »

Humeur du moment

UN RIEN DE LUMIÈRE…

« La liberté ne va pas avec le bonheur. Elle va avec la joie. La joie est comme une échelle de lumière dans notre coeur. Elle mène à bien plus haut que nous, à bien plus haut qu’elle : là où plus rien n’est à saisir, sinon l’insaisissable. » – Éloge du rien de Christian Bobin…

SOIRS D’ÉTÉ

Il est des soirs d’été, comme ça
où j’aime m’asseoir en terrasse
sur le vieux port face aux tours,
pour contempler ce ciel de juillet
que le soleil en s’ y éternisant
au dessus de la mer enivrée,
embrase de rouge et d’orangé
pour, de ses rayons encore chauds
comme autant de coups de pinceaux
sur un tableau de maître,
tâcher de mouettes rieuses
l’immuable paysage alentour,
que le souvenir devenu lointain
rendra un jour immobiles
et silencieuses à jamais.

Je suis là, seule, devant un mojito
qu’en ces instants de fulgurance,
je sirote sans penser a rien d’autre
qu’a ces éclats de joie éphémères
dont je me souviendrai plus tard
comme d’une éternité, quand
je t’oubliais en les poètisant
dans le temps du monde qui,
pourtant, nous est compté –
on le sait.
Mais c’est bien là, toute la magie
de certains soirs d’été.

SOlène
06/07/2021
(Tous droits résevés)

 

🎧

Je suis entré dans l’église
Et je n’y ai vu personne
Que le regard éteint du plâtre des statues
Je connais un endroit où il n’y a rien au-dessus
Je pense encore à toi.
J’aurais dû me méfier des vents qui tourbillonnent
De ces pierres qui taillent cachées sous l’eau qui dort
De ces bouts de ruisseaux qui deviennent des ports
Je pense encore à toi.
On m’avait dit que tout s’efface
Heureusement que le temps passe
J’aurai appris qu’il faut longtemps
Mais le temps passe, heureusement, heureusement.

J’ai croisé le mendiant qui a perdu sa route
Dans mon manteau de pluie je lui ressemble un peu
Et puis j’ai ton image plantée dans les yeux
Je pense encore à toi.

Francis CABREL

@solenev79… sans la moindre retouche, aucune !

WHAT ELSE ?

Aujourd’ hui, je vous emmène à Ars en Ré, non pas chez Philippe Sollers ni chez Lionnel Jospin, mais pour visiter l’église catholique Saint Etienne. A la fois monument emblématique de l’île et classé au titre des monuments historiques, il a été construit au XVe siècle. Se détachant à l’horizon, il est reconnaissable de loin par son clocher pointu blanc avec sa flèche noire qui sert d’amer pour les marins en navigation dans les Pertuis…

Aussi la toute première fois que j’ai posé le pied dans cette église, il s’est produit une sorte de petit miracle. Ou que du moins, j’ai vécu comme tel. C’etait en été, il faisait très chaud ce jour-là. J’avais le coeur lourd parce que je me faisais du souci pour une personne de ma famille, alors hospitalisée à La Rochelle.
Je ne sais pas prier pour demander, mais j’ai fait brûler un cierge. Puis, agenouillée, j’ai laissé couler les larmes…
La flûte de pan, la fraîcheur des lieux… et surtout cette merveilleuse sérénité qui y régnait, mon coeur s’est allégé d’un coup et je me suis senti pénétrée par la grâce. Non, non, je n’étais pas dosée par quoi que soit. Toujours est-il que lorsque je suis rentrée, cette personne qui m’est si chère, était, elle, sortie de l’hôpital. Le soir même, on allait manger des fruits de mer sur le port de Saint-Martin.
Depuis, dès que je suis sur l’île, je vais régulièrement me recueillir dans cette église.

Vous me suivez ? 

Le très célèbre Curé, Jean-Marie Vianney (08/05/1786 – 04/08/1859) dit le saint Curé d’Ars est un prêtre catholique qui fut le curé de la paroisse d’Ars-sur-Formans ( situé dans la Dombes) pendant 41 ans. Vénéré par l’Église, il a été nommé patron de tous les curés de l’Univers par le pape Pie XI en 1829…

Je ne sais pas prier pour demander, alors la lumière que j’offre est un peu de mon bien, un peu de mon temps, un peu de moi-même…. Cette lumière qui brille symbolise ma prière  que je continue tout en m’en allant… 

Tapisserie de 5,80×3,00 réalisée d’après une œuvre originale de madame Lavigile  par une centaine de bénévoles  des dix communes de l’île de Ré au profit du téléthon

 

Ces photos numériques sont issues de mes albums personnels, mais n’ont pas forcément été prises le même jour….

« On ne se souvient pas des jours, on se souvient des instants.” – Cesare Pavese, Le Métier de vivre…

L’IVRESSE DU JOUR D’APRÈS

Humeur du moment

« Dans le petit bois de Trousse chemise, Quand la mer est grise et qu’on l’est un peu, Dans le petit bois de Trousse chemise, On fait des bêtises souviens-toi nous deux. » – Charles Aznavour, Trousse Chemise…

Quand Charles Aznavour chantait l’île de Ré…

« Trousse-Chemise »… le mot fait rêverJacques Mareuil, qui a écrit en 1962 les paroles chantées par Charles Aznavour…

L’ IVRESSE DU JOUR D’APRÈS

(Poème)

Traverser le petit bois de Trousse chemise
pour aller à la plage un matin après l’orage
sous une vague de houppiers dégingandés,
c’est recevoir une deuxième pluie par surprise,
quand les molles aiguilles des pins d’Alep lâchent leur larmes sur celui ou celle
qui osera s’aventurer par là…
Et il se trouve que c’est moi, pieds nus
sur un sentier sableux en train de me raconter
les torrents d’eau qu’il a vécus pendant la nuit.
Dans l’air purifié, un souffle de vent léger
promène des effluves de résine, essence qui n’est pas d’ici,
à la douce fragrance de l’humus, mêlée
à celle boisée un peu musquée du champignon et du vin vieux…
Toutes les senteurs que, d’habitude, la forêt
garde pour elle, s’offrent à mes narines,
tandis qu’un vibrant solo d’oiseau retentit des marais
jusqu’aux dunes sauvages, et villages alentour
que la pandémie avait vidé d’humains.
Mais où tout, pourtant, respire à présent
le calme après la tempête.
Il est heureux, l’oiseau, d’avoir le ciel pour lui;
Il chante l’espoir pour les habitants de Ré la blanche.
L’esprit libre, la tête vidée de son superflu,
je me sens privilégiée pour ce moment magique
qu’il partage avec moi comme un de ces secrets
que la nature révèle une fois le soleil levé,
inondant de lumière, le cœur et l’âme
de celui ou celle qui veut bien communier avec elle.

Et c »est ici, maintenant…
dans l’ivresse du jour d’après.

SOlène
29/06/2021
(Tous droits réservés)

En allant vers le bout de l’île…

Les Portes en Ré…

Le puits en pierre (près du parking), le bois de Trousse chemise et la plage du même nom…

WHAT ELSE ? 

Trousse chemise, un bois de légendes

Au bout du bout de l’île, Les Portes en Ré, le village des people, et sa petite forêt domaniale: Trousse chemise.

Ce bois a été rendu célèbre par la chanson de Charles Aznavour qui disait « la traiter comme un poème », mais qui pour autant n’avait jamais mis les pieds sur l’île jusqu’en. 2012; quand pour la première fois, le chanteur a posé le pied sur ce joli coin de l’ile.

Proche de celle de Lizay, c’est la plus petite forêt de l’ile; un peu de moins de 25 hectares. Les pins Maritimes y dépérissant dès que leurs racines atteignent le calcaire à 2 mètres de profondeur, ce sont les Chênes verts qui y règnent en maîtres. Toutefois les pins d’Alep qui ne sont pas d’Alep mais d’origine méditerranéenne y poussent également bien, mêlant leur essence à cette cacophonie entremêlée.

Mais d’où vient donc le nom de « Trousse chemise » ?

Alors… au moins 3 versions hypotètiques entre légendes et vérité qui, après tout, font le charme de cette dénomination.

1) Le retroussage de la longue chemise pour traverser le goulet d’entrée du Fier d’Ars à marée basse, pour rejoindre Loix depuis le village des Portes. Hypothèse qui n’est pas pour déplaire aux plus cartésiens.

2) La deuxième un peu paillarde qui fait pouffer de rire est celle des rétaises (coquines) relevant leurs tuniques, pour montrer leur fessier aux anglais qui fuyaient l’île en 1627.

Sauf que l’histoire a vite fait de rattraper cette version qui ne peut guère résister à la perspective d’un territoire uniquement sablonneux, Placineau du Fier. Et les premiers arbres ne seront plantés qu’à la fin du XIXe siècle dans le but de fixer le sable.

3) Et enfin la plus croustillante qui est celle du premier gardien du phare construit sur la dune en 1820 afin de sécuriser la baie du Fier d’Ars
La réputation de ce premier gardien du phare est devenue légendaire puisqu’on l’avait surnommé « Trousse chemise » en raison de son goût prononcé de la vie, et surtout… des femmes ! Il paraît que ses conquêtes féminines étaient légion. Bref, un coureur de jupons sur l’île serait à l’origine du nom de « Trousse chemise ». L’hypothèse la plus probable en tout cas.

Quoi qu’il en soit, ce qui est sûr; c’est que Trousse chemise à été un lieu de rendez-vous galants pour les jeunes du village des Portes. La preuve en est: ce puits en pierre datant de la fin du XIXe, et que l’on peut voir à l’entrée du parking. Des le début du XXe siècle, des couples y ont gravé leurs noms dans la pierre, en témoignage de leur amour naissant.

J’espère que ce billet vous a plu, et je vous souhaite de passer un super beau mois de juillet. Bonnes vacances à ceux qui partent. Et merci, un tout grand MERCI à tous pour votre fidélité à ce blog. Prenez soin de vous. A bientôt !

SOlene

 

Je marche éternellement sur ces rivages, entre le sable et l’écume. Le flux de la marée effacera l’empreinte de mes pas, et le vent emportera l’écume. Mais la mer et le rivage demeureront éternellement. – Khalifa Gibran, Le sable et l’écume….

VENTS D’ANGES

Humeur du moment

Photos mise à la une:  » Les vents d’ange » aux Portes en Ré – @solenev79…

« Il y a des îles de nuit dans le plein jour.
Des îles pures, fraîches, silencieuses.
Immédiates.L’amour seul sait les trouver. » –
Christian Bobin, Le christ aux coquelicots…

.VENTS D’ANGES

A fleur des mots
le parfum des roses du jardin
passe dans la carresse du vent
où la tendre acuité du moment,
ravive sur ma peau
le souvenir de ta main…

J’écoute Pergolesi:le Stabat Mater
par Emma Kirkby et James Bowman
en relisant ces poèmes en prose
écrits pour toi l’hiver dernier.
Je me demande ce matin
de quoi d’autre j’aurais besoin
en dehors de ta présence
ou de la mélodie de ta voix
dans ce merveilleux silence ouaté
qui illumine plein jour ces îles de nuit
de ce qui fut notre amour ?
Je lis à pas feutrés de louve pleine de son petit.
Pour ne pas déranger l’ordre des choses.
Du doigt j’effleure l’étoffe soyeuse des vers
en tournant les pages de notre histoire
à jamais gravée en lettres d’or et d’ange
à même le grain de ma mémoire…

Alors le pétale d’un coquelicot nouveau,
comme un souffle nécessaire
dans la brise neigeuse des maux d’hier
me rappelle ce que l’éternité
doit à l’éphémère;
et à quel point je t’aimais quand,
au milieu de l’hiver, j’ai découvert
en moi un invincible été*.

SOlène
15/06/2021
(Tous droits réservés)

WHAT ELSE ?

POÈME SUR LA SEPTIÈME *

( Aujourd’hui Johnny aurait eu 78 ans(

 

MA TÊTE SUR TON ÉPAULE

Humeur du moment

« Il y a dans la voix, dans le regard, dans tout l’être de ceux que nous aimons, un fluide magnétique, une sorte d’auréole, non visible, mais sensible au toucher de l’âme, si je peux parler ainsi, qui agit puissamment sur nos sensations intimes. » – George Sand, Lettres d’un voyageur (1834)…

MA TÊTE SUR TON ÉPAULE

Dans la nuit noire qui m’enserre,
noyée dans cette mer immense
qu’est le manque de toi
j’ai froid de ton absence.
Froissement d’ailes d’un papillon
attiré par la lumière tamisée
de la lampe de chevet…
Mes paupières se ferment
et le souvenir jaillit
du fin fond de ma mémoire,
malgré le voile tenu du temps;
le temps qui s’engouffre dans les mots;
le temps et son errosive marée.
C’était un soir d’hiver
dans un moment d’abandon.
J’ai posé ma tête sur ton épaule…

Dans le grain de ta voix le lendemain,
dans le gazouillement des oiseaux,
le clapotis de l’eau au matin
et la douce respiration du marais,
ce grain de peau qui parcourait mon corps,
comme un tremblement animal,
c’était déjà l’amour dans tout son éclat.
La bête du cœur sait ça d’instinct.

SOlène
09/06/2021
( Tous droits réservés)

WHAT ELSE ?

TE DIRE

Humeur du moment

« Nous sommes sans arrêt confrontés
à des séparations. La vie a une main
qui plonge dans notre corps, se saisit
du cœur et l’enlève. Pas une fois, mais
de nombreuses fois. En échange, la vie
nous donne de l’or.
Seulement, nous payons cet or à un prix
fou puisque nous en avons, à chaque fois,
le cœur arraché vivant »
Christian BOBIN

Photo prise dans une librairie de Guérande, ville mediévale (44)… © solenev79

TE DIRE

Avoir les mots vrais, ce n’est pas cracher
ses émotions, ses rancœurs, ni ses peurs
Mais alors, comment ne pas se laisser submerger?
Peut-être tout simplement en se taisant
et en allant se cacher dans un trou de souris.
Aussi, si le choix que j’ai du faire, l’an passé,
m’a arraché le cœur qui a saigné des mois durant,
sans que je puisse t’expliquer mes fuites en avant,
je ne me suis jamais menti à moi-même.
Au fond de moi, je savais pertinemment
que l’amour n’a rien à voir avec l’attachement.
Lequel n’est que sentiment de possession
Ce n’est pas aimer, que faire de l’autre
l’objet de ses fantasmes, reflets d’une masculinité dominatrice;
ni le vouloir à soi, comme en prison, pieds et poings liés…
L’amour est liberté; la liberté est amour…

Comment, mesurer la valeur des choses,
leur beauté et cette précarité qui, parfois,
fait d’un seul instant, une éternité,
sans le manque dans l’absence ?
Certes, le silence contient tous les « je t’aime »
qu’on ne s’est plus jamais dits.
Mais l’absence a fini par ne plus saigner;
elle cicatrise, se fait présence concentrée
et tu m’accompagnes partout où je vais…
C’est pour ça qu’aujourd’hui, je suis en mesure
de te dire que j’ai trouvé le chemin que plus rien n’obcurcit;
Les mots des poèmes ont percé la noirceur du ciel
dans lequel notre histoire s’écrit, enfin.

SOléne
01/05/2021
Tous droits réservés

… « La vie a deux visages : un émerveillant et un terrible. Quand vous avez vu le visage terrible, le visage émerveillant se tourne vers vous comme un soleil.  » – Christian BOBIN…

WHAt ELSE ?

 

« C’est une voix d’une telle beauté, c’est un objet d’art qui fait partie du patrimoine mondial de la beauté ». Le pianiste Philippe Cassard avait accompagné Christa Ludwig ; il lui rend hommage dans ‘Portraits de Famille.’

Clic ICI *

FLEUR LIBERTÉ… SUIVI PAR « PARS »

Humeur du moment

C’est vrai – et d’ailleurs, je n’ai jamais dit le contraire: je fuis.
Simplement, je fuis, non pas l’amour, mais tout ce qui pourrait me contraindre, ou m’imprisonner. Car pour me sentir exister, et non pas seulement en vie, la liberté m’est aussi indispensable que l’air que je respire. – SOlène…

FLEUR LIBERTÉ

Sur une plage de mon île
le nez au vent du large
je rêve de m’envoler
de la terre au soleil.

En passant par le ciel de tes yeux,
voyager à travers les nuages.
Puis retomber amoureuse de toi
comme la petite goutte d’eau sur la mer.
Et mon amour absolu
de ne faire qu’un avec elle…

Alors, c’est vrai – et d’ailleurs
je n’ai jamais dit le contraire:
je fuis…
Simplement je fuis – non pas l’amour,
mais tout ce qui pourrait me contraindre
ou m’emprisonner.
Car pour me sentir exister –
et non pas seulement en vie,
tu m’es aussi indispensable
que l’air que je respire.

Fleur liberté
sur le sable mouillée
je t’ai dessinée…

SOlène
05/04/2021

(Tous droits réservés)

WHAT ELSE ?

Quand bien même, ce billet est planifié pour demain matin, je ne peux pas laisser passer la journée sans avoir une pensée pour Jacques Higelin, mon poète chanteur préféré, mort le 6 avril 2018. Ça fait trois ans aujourd’hui…

🎧

🎼

Pars, surtout ne te retourne pas
Pars, fais ce que tu dois faire sans moi
Quoi qu’il arrive je serai toujours avec toi
Alors pars et surtout ne te retourne pas
Oh pars
Mais l’enfant
L’enfant mais il est là, il est avec moi
C’est drôle quand il joue
Il est comme toi, impatient
Il a du cœur, il aime la vie et la mort ne lui fait pas peur
Alors pars
Surtout ne te retourne pas
Oh pars
Mais qu’est ce que t’as
Oh pars et surtout reviens-moi vite

Jacques HIGELIN

« Ceux que j’aime, je ne leur demande que d’être libres de moi et ne jamais me rendre compte de ce qu’ils font ou de ce qu’ils ne font pas, et bien sûr, de ne jamais exiger une telle chose de moi. L’amour ne va qu’avec la liberté. La liberté ne va qu’avec l’amour. » – Christian Bobin, L’épuisement, p.116, Éd. Le temps qu’il fait…

 

ÉTERNEL PRÉSENT… S/ SONATE AU CLAIR DE LUNE – BEETHOVEN…

Humeur du moment

“Le poème est l’amour réalisé du désir demeuré désir.” – René Char, Fureur et mystère…

 

 

La mer, les vagues
Vague à l’âme
Lame de fond…
Il suffirait de mettre des mots
sur les maux
ou sur ma peau d’écume.

« De deux choses lune l’autre, »
c’est le soleil », dirait Prévert.
Tout ce qui fut fleur aujourd’hui
sera miel demain
Mais dans la suite infinie des souvenirs,
rien n’existe avant après.
Alors écrire à qui ?
Et pour dire quoi?

Plus envie de parler de moi
Il se repose le moi
Des longues nuits d’hiver sans sommeil,
des petits matins gris où j’ai eu froid
sans tes bras;
et peur qu’ils soient sans lendemains;
comme ça, loin de toi.

Allongé sous tes paupières closes,
le moi dort dans la poussière d’or
et de songe
des lignes de silence d’un poème
qui, pareil à un ciel d’étoiles
ne s’écrit pas, ni ne se lit
mais s’écoute, les yeux fermés…

Éclairs de vie, vie sur terre
L’oiseau de nuit a chanté
Il n’a pas eu d’hier,
il veut un demain…
Au courant des amours éphémères
parfois les corps s’abandonnent
tandis qu’obstinément, le désir qu’on a fui,
revient hanter l’âme des poètes énamourés
dans la perfection de l’instant.

Éternel présent.

SOlène
29/03/2021
( Tous droits réservés)

« Un poème est un mystère dont le lecteur doit chercher la clef.  » – Stéphane Mallarmé.. .

WHAT ELSE ? 

🎧

La Sonate nᵒ 14 en do dièse mineur, opus 27 nᵒ 2 de Ludwig van Beethoven, surnommée « Sonate au Clair de lune », fut composée en 1801 et publiée en 1802 avec une dédicace à la comtesse Giulietta Guicciardi, jeune femme de dix-sept ans dont le musicien semble avoir été amoureux.

240. Pour nous musiciens, l’œuvre de Beethoven est semblable à la colonne de nuée et de feu qui conduisit les Israélites à travers le désert – colonne de nuée pour nous conduire le jour, colonne de feu pour nous éclairer la nuit « afin que nous marchions jour et nuit ». Son obscurité et sa lumière nous tracent également la voie que nous devons suivre; elles nous sont l’une comme l’autre un perpétuel commandement, une infaillible révélation.

240, L’immense succès des symphonies de Beethoven au Conservatoire de Paris, à partir de 1829, contribua beaucoup à populariser en Europe, non seulement ces symphonies, mais aussi des sonates, quators, etc., du sublime et solitaire génie, si plein de n’avrements humains et d’extase céleste.

Franz LISZT, extrait de « Tout le ciel en musique

….

Ma poésie nommée désir…

Humeur du moment

« On gâche l’amour en voulant l’éterniser. Mieux vaut le cueillir quand il existe, cela constitue un cadeau suffisant. Le bonheur ne chausse que les bottes du provisoire. Qui nous a certifié le contraire? Dans une vie humaine, toujours est toujours éphémère.» – L’élixir d’amour d’ Eric-Emmanuel Schmit…

Aujourd’hui lundi, c’est poésie…

 

SOUS LE TILLEUL

Dans l’après-midi baigné d’une tiède lumière
J’ai pris le petit pont, pour passer le ruisseau
histoire de revoir la vie aux mêmes couleurs que l’enfance;
puis je t’ai attendu sous le tilleul multiséculaire
sûre qu’avec nos FFP2
on ne pourrait plus s’embrasser
Mais quand je t’ai vu,
devinant à tes yeux,
ton sourire sous ton masque blanc,
je n’ai pas pu résister:
tu as eu droit à mes baisers chirurgicaux.
Le soleil, le ciel, les nuages…
L’oiseau inconnu, d’Eluard
juste après l’orage du soir
Après ?… Je ne sais plus.
Ce qu’on donne à l’amour
est a tout jamais perdu.

Au fure et à mesure que j’écris,
je me souviens que dans mon rêve
tu as disparu comme tu es venu
Aussi ce poème n’aurait ni queue ni tête
si ce n’est que je me réveille de ma sieste
sous ce même tilleul multiséculaire
dans ce paysage immuable
baigné d’une tiède lumière…
Mais l’amour ne demande pas l’éternité,
il veut seulement l’instant…

SOlène
14/03/2021
(Tous droits réservés)

Oui, les « baisers chirurgicaux », c’est juste en rêve…

 

Pour moi, écrire de la poésie c’est avoir une certaine foi en l’être humain, et croire encore un peu à la beauté des âmes; lire de la poésie à haute voix, c’est avoir avec les mots et leur sonorité, une relation de désir et de plaisir purement sensuelle; désir de vivre libre tout simplement. A fleur de peau. Et des mots. Ivre de liberté Et d’en jouir. C’est comme dire « je t’aime » en un soupir; tout un poème, en somme, que l’on adresse au monde, lorsqu’on est en paix avec la terre entière, et qu’on a alors, qu’une seule envie: laisser parler son cœur.

Encabanée, tout feu tout femme, j’ai bien hiberné avec mon chagrin à la lueur des flammes sans trop savoir quelle saison, à présent, j’habitais… Heureusement, la poésie aura été à ma solitude ce que le poêle à bois fût aux frimas: une arme de réanchantement massive. Au milieu de l’hiver j’ai découvert en moi un invincible été *.

WHAT ELSE ?

Au milieu de l’hiver, j’ai découvert en moi un invincible été (1)

Au milieu de l’hiver, j’ai découvert en moi un invincible été (2)

Au milieu de l’hiver, j’ai découvert en moi un invincible été (3)

 

« Ce qu’on appelle le « charme » d’une personne, c’est la liberté dont elle use vis-à-vis d’elle-même, quelque chose qui, dans sa vie, est plus libre que sa vie. » -« Christian Bobin…

🎧

Pour accompagner mon café ( et pour une raison qui m’est très personnelle) ❤

Bonne semaine à  vous tous !

 

Franz, Frédéric, les autres et moi…

Humeur du moment

Une minute, j’allume une bougie pour l’ambiance, et je suis à vous…

Alors… bonjour tout le monde, d’abord. Ah! Que je vous dise: la scène que je vais vous raconter pour commencer, elle se passe à Nohant, la très très célèbre propriété de George Sand. Il s’agit d’une « réunion d’artistes » comme il est rare d’en rencontrer.. S’y trouvent donc, Eugène Delacroix, illustre peintre romantique de l’époque et « prince des couleurs », Pauline Viardot, sublime cantatrice, Bocage, grand grand acteur, ainsi que bien d’autres célébrités ( que nous autres, moins de 175 ans, n’avons pas pu connaître);  mais surtout,  surtout Frédéric Chopin, compagnon de la maîtresse de maison et son ami Franz Lirszt, ce « lion du piano » qui, lui, est venu de Paris, accompagné d’une étoile du grand monde parisien, la très très belle et très spirituelle Arabella; laquelle brille déjà en littérature…..

Le temps d’écouter un nocturne de Chopin (pendant que je me fais couler un bain)…
Imaginez: un soir de mai à Nohant. Il est entre onze heures et minuit, tout ce beau monde est réuni dans le grand salon…. Liszt joue un nocturne de Chopin. Chopin, lui, joue rarement en société; Liszt, lui, toujours. Bien ou mal, d’ailleurs. Car selon une habitude qu’il a prise, le brode à sa manière, y mêlant des trilles, des trémolos et des points d’orgue ( qui ne s’y trouvent évidemment pas)….
Et voilà notre Chopin qui commence à montrer des signes d’impatience. Puis, à un moment, j’y tenant plus, il s’approche du piano et dit à Liszt:

– Je t’en prie, mon cher, si tu me fais l’honneur de jouer un morceau de moi, joue ce qui est écrit, ou bien joue autre chose; il n’y a que Chopin qui ait le droit de changer Chopin.

– Eh bien ! Joue toi-même ! Répond Liszt, un peu piqué quand même.

– Volontiers, dit Chopin à l’instant où la lampe fut éteinte par une phalène qui venait de s’y brûler les ailes.

Quelqu’un voulut la rallumer.  » Non ! s’écria Chopin; au contraire, éteignez toutes les bougies; le clair de lune me suffit… Et il se mit à jouer…

Il joua une heure entière devant un auditoire qui, en muette extase, osait à peine respirer. Aussi lorsque l’enchantement finit, les yeux baignés de larmes, Liszt serra Chopin dans ses bras:

– Ah ! Mon ami, tu avais raison ! Les œuvres d’un génie comme le tien sont sacrées; c’est une profanation d’y toucher. Tu es un vrai poète et je ne suis qu’un saltimbanque.

Euh… je m’aperçois que ce qui ne devait n être qu’une courte introduction tient déjà la place d’un billet ( et ce n’est pas fini !). Et puis est arrivé le moment de me glisser dans dans mon bain moussant aux effluves de rose. Mais pas sans mon livre, Chopin par Liszt. Je me suis endormie avec eux ( et les autres), je me réveille avec eux…. 278 pages passionnantes que je ne vais pouvoir lâcher qu’à regret – je le sens déjà…

Dans le bain, vous y êtes aussi, je suppose. Allez, on continue ?

📖

… « Malgré le charme qu’il reconnaissait à quelques unes des mélodies de Schubert, il n’écoutait pas volontiers celles dont les contours étaient trop aigus pour son oreille, où le sentiment est comme dénudé, où l’on sent pour ainsi dire, palpiter la chair et craquer les os sous l’étreinte de la douleur. Toutes les rudesses sauvages lui inspiraient de l’éloignement. En musique comme en littérature, comme dans l’habitude de la vie, tout ce qui se rapproche du mélodrame lui était un supplice ». (Extrait de Chopin par Franz Liszt, page 222)…

Chopin, Liszt, ces deux noms prestigieux réunis dans cet ouvrage évoquent, avec ceux de Berlioz et de Paganini, l’une des plus brillantes périodes : le romantisme musical.

Un musicien se penche sur un de ses contemporains : la manière d’être de Chopin au regard de son instrument, l’originalité de son inspiration musicale et l’apport qu’elle recevait d’un sentiment national érigé à l’état de religion, les caractéristiques de son interprétation, la compréhension d’un style et d’un lyrisme sans précédent, les secrets d’une sensibilité créatrice. ©Electre 2021

… « Madame Sand entendit souvent parler à cette époque, par un musicien ami de Chopin, et l’un de ceux qui l’avait accueilli avec le plus de joie à son arrivée à Paris, de cet artiste si exceptionnel. Elle entendit vanter plus que son talent: son génie poétique; elle connut ses productions et en admira l’amoureuse suavité. Elle fut frappée de l’abondance de sentiments répandue dans ces poésies, de ces effusions de cœur d’un ton si élevé, d’une noblesse si distinguée. » ( Extrait de Chopin par Franz Liszr, page 234)

(… )

A partir de 1848, les années, que dans la vie de Liszt, on appelle « la période de Weimar » furent pour le musicien d’une fécondité extraordinaire.
Jusqu’en 1859, tout en composant ses grandes œuvres, les Poèmes symphoniques, Faust, Dante, le Christ, Sainte Élisabeth, la Messe de Gran et pour piano, deux concertos, une Sonate,et d’autres œuvres de moindre importance, Liszt prit, grâce à sa position de kapellmeistet grand-ducal « extraordinaire », dans l’ancienne ville de Goethe, la tête du mouvement musical moderne. Il fut, au milieu du siècle dernier, l’initiateur de ce qu’on appelait ( ironiquement), « la Musique de l’avenir »… « la musique des trois grands incompris », Berlioz, Liszt, Wagner.
Liszt découvre et encourage les jeunes talents, se devouant à Wagner, offrant l’hospitalité à Berlioz ( pour ne parler que des plus grands).
En février 1849, Liszt met au programme le Tannhaüser; en 1850, pour les fêtes du centenaire de Goethe, il crée le 28 août Lohengrin, et rédige les brochures sur ces deux œuvres de Wagner, sur la Fondation Goethe ( parue en mai l’année suivante) et sur F. CHOPIN: toutes trois en français.

Autour de Liszt et de la Contesse dAgoult, de Chopin et de George Sand, toute une littérature est éclose, Balzac ( Beatrix ou les Amours forcés), George Sand aussi bien sûr ( Les Lettres d’un voyageur, Horace…), entres autres ( j’essaie de ne pas faire trop long)…

Un proche de George Sand, Charles Rollinat écrira:

Litszt était « le véritable lion du piano ». Tous les plus grands artistes interrogés à ce propos ont eu cette même réponse:  » Oh!’Liszt, c’est notre maître à tous ». Chopin excepté . Cet « excepté Chopin » nous ramène à  la scène du début de billet:

– Allons donc ! reprit vivement Chopin; nous avons chacun notre genre, voilà tout. Tu sais bien que personne au monde ne peut jouer comme toi Weber et Beethoven. Tiens, je t’en prie, joue-moi l’adagio en ut dièse mineur de Beethoven, comme tu sais le faire quand tu veux.

Liszt joua cet adagio en y mettant toute son âme. Ce n’était plus une élégie, c’était un drame. Pour autant, Chopin qui crut avoir éclipsé Liszt ce soir- là, s’en vantait en disant:  » comme il est vexé ! ( textuel). Sauf que Liszt l’apprit, et l’artiste spirituel qu’il était s’en vengea 4 ou 5 jours plus tard, à la même heure, dans le même salon. Alors, après avoir fait éteindre toutes les lumières pour que l’obscurité soit totale, Liszt joua toutes les compositions que Chopin avait joué lors de cette mémorable soirée dont je vous ai parlé au tout début. Il en fit une si parfaite, si merveilleuse interprétation qu’il était impossible de ne pas s’y tromper. Et bien sûr, tout le monde s’y trompa.

– Tu vois que Liszt peut être Chopin quand il veut; mais Chopin pourrait-il être Liszt ?

C’était un défi. Mais que Chopin ne voulut pas ( ou n’osa pas ) relever. Liszt était vengé.

 

 

Maintenant pourquoi terminer mon billet sur ce Requiem de Mozart ?

Parce que « l’admiration pieuse de Chopin pour le génie de Mozart, lui fit demander que son Requiem fût exécuté à ses funérailles; ce vœu a été accompli. Ses obsèques eurent lieu à l’église de la Madeleine, le 30 octobre 1859″… extrait de  » Derniers temps, derniers instants » ( à la fin du livre »); où bien des lignes écrites de la main de Liszt m’ont fait monter les larmes. Entres autres:  :

Un convulsive somnolence dura jusqu’au 17 octobre 1849. Vers deux heures l’agonie commença, la sueur froide coulait abondamment de son front; après un court assoupissement, il demanda d’une voix à peine audible: « qui est près de moi? ». Il pencha sa tête pour baiser la main de M. Gutmann qui le soutenait, et rendit l’âme dans ce dernier témoignage d’amitié et de reconnaissance : il expira comme il avait vécu, en aimant ! – Chopin de Franz Liszt…

Oh ! Les premières violettes sauvages du marais… A faire sécher pour les mettre entre les pages De mes livres de chevet…

Ma maison étant en (gros) travaux de rénovation et d’aménagement jusqu’au 5 mai, cela me prend beaucoup de temps et d’énergie. Ce qui me tient toujours plus ou moins eloignée de la blogosphère et des réseaux sociaux; mes seuls vrais moments de détente, étant le matin tôt et le soir: un bon livre ( Chopin par Liszt était dans ma PAl depuis un sacré bout de temps) et de la musique; classique pour que l’enchantement soit total. Désolée, donc,  de ne briller que par mes absences répétées. Et surtout merci à vous qui restez fidèles à mon blog, malgré tout.

Belle journée à tous, à bientôt.
Bien à vous
SOlene

LES POST-ITS…

Humeur du moment

📌

La fin est si immense qu’elle contient sa propre poésie. Il n’y a pas à faire de rhétorique. Juste dire les choses simplement. -Philip Roth – Extrait de Exit le fantôme…

🎧

LES POST-ITS

Tourne, tourne vieux monde
Le jour est doux, l’heure est belle
J’ai décollé les post-its
de la porte du frigo;
ouvert grand la fenêtre
pour qu’au vent du large
s’envolent à jamais les mots
qui ne sont plus vrais…

Petits bateaux de papier sur la mer
je regarde s’éloigner les maux d’hier
Âme hantée, sur la page abandonnée
s’enflamme pour un rien
Je ne sais pas, je ne sais plus
quoi penser de cette histoire
De ceux à qui l’on aurait donné
le Bon Dieu sans confession
ce n’est pas une fin en soi
Tous ses mots dérisoires
feront le festin des poissons
Je sais, c’est pas bien
je recommencerai pas

Il est des jours comme ça, si clairs
que l’on se sent briller comme le soleil
jusqu’à éclabousser l’océan et la terre
de mots d’amour écrits pour nous

Tourne, tourne vieux monde
les post-its survolent l’onde
La muse s’amuse, et les mouettes
s’invitent à la fête

SOlène

Extrait de « Au beau milieu de l’hiver, j’ai découvert en moi, un invincible été », mon deuxième recueil de poésie dont la parution est prévue fin mars

(Tous droits réservés)

WHAT ELSE ?

Un jour de Saint Valentin

Rêve prémonitoire

Les bruits de mon silence

TOI (Mon essentiel)

« L’amour ne meurt jamais de mort naturelle, il meurt parce que nous ne savons pas revenir à sa source. » – Anaïs NIN…

UN JOUR DE SAINT VALENTIN

Humeur du moment

« Il y a un bon silence, c’est celui de la neige, c’est celui d’une bougie, c’est celui des poèmes. Et puis il y a un mauvais silence, c’est celui qui laisse fleurir une blessure depuis longtemps faite et qui la laisse croître. » – Christian Bobin…

 

UN JOUR DE SAINT VALENTIN

C’ était un jour comme hier
de mi février et sans soleil:
aussi livide que le ciel
tu marchais à travers champs
et le long des berges glacées
Transie de froid dans ces paysages
méconnaissables d’un marais
blanc du givre dont on entendait
à chaque pas, le craquement,
tu chassais toute pensée de lui
qui aurait pu te ramener en arrière

Autiste volontaire des sentiments,
ombre de toi-même, le cœur en hiver,
tu fuyais l’amour qui te poursuivait
pour apprendre plus tard à tes dépens
que ce n’est pas la distance
qui sépare les êtres,
mais le silence…
Ce silence qui creuse la souffrance
Comme un couteau dans la plaie
encore et toujours des années après.

C’était un jour comme hier
de Saint Valentin et de chagrin

SOlène

Extrait de « Au beau milieu de l’hiver, j’ai découvert en moi, un invincible été », mon deuxième recueil de poésie dont la parution est prévue fin mars

(Tous droits réservés)

WHAT ELSE ?

L’air de Valentin, « Avant de quitter ces lieux » dans l’opéra Faust de Gounod, est interprèté ci-dessus par Dmitri Hvorostovsky:
Au XVIe siècle en Allemagne, Valentin est appelé à la guerre mais il ne craint pas pour sa vie (grâce à son médaillon sacré). C’est sur sa sœur qu’il prie et implore les cieux de veiller durant son départ, et s’il meurt au champ de bataille…

O sainte médaille, Qui me vient de ma sœur, Au jour de la bataille, Pour écarter la mort, Reste là sur mon cœur! Avant de quitter ces lieux, Sol natal de mes aïeux, A toi, Seigneur et Roi des cieux, Ma sœur je confie. Daigne de tout danger Toujours la protéger, Cette sœur, si chérie. Délivré d’une triste pensée J’irai chercher la gloire au sein des ennemis, Le premier, le plus brave au fort de la mêlée, J’irai combattre pour mon pays. Et si, vers lui, Dieu me rappelle, Je veillerai sur toi fidèle, Ô Marguerite. Avant de quitter ces lieux, etc. Ô Roi des cieux, lève les yeux, Protège Marguerite, ô Roi des cieux!… 

Ah, m’asseoir sur un banc…

Àh,  m’asseoir sur un banc cinq minutes avec toi
Et regarder les gens tant qu’y en a
Te parler du bon temps qui est mort ou qui reviendra
En serrant dans ma main tes petits doigts
Puis donner à bouffer à des pigeons idiots
Leur filer des coups de pied pour de faux
Et entendre ton rire qui lézarde les murs
Qui sait surtout guérir mes blessures

C’est sur ces mots ( chantonnés) de Renaud (Mistral gagnant ), que je vous souhaite une belle et bonne semaine. Prenez soin de vous, à bientôt sur vos blogs.

Cœurdialement

SOlène

😷

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RÊVE PRÉMONITOIRE… S/Chrystal silence ( Billet spécial Saint Valentin )

Humeur du moment

« La vie est un sommeil, l’amour en est le rêve, et vous aurez vécu, si vous avez aimé.  » – Alfred de Musset…

RÊVE PRÉMONITOIRE

Deux ans et des poussières,
mais comme si c’était hier !
Ou peut-être, y suis-je encore…

Au milieu d’une nuit étrange
Le marais est tellement silencieux
que l’on entend au creux de l’oreille
soupirer des anges dépités
et tomber sur la taie de l’oreiller
les larmes d’un ciel d’acier
qui noie le chagrin humain
des âmes en exil…
Et moi, je me demande
ce que je fais là, endormie
dans ces paysages d’eau
des grandes solitudes sauvages
Amante aimante, aimantée
J’ignore si l’amour
n’est pas qu’un de ces leurres
que l’on s’invente
pour ne plus être seul
Je rêve que je dors
dans cette lumière incertaine
et vacillante des débuts…

Rien n’est écrit d’avance
Mais dans nos silences,
le silence entre les mots
je sais déjà ce que sera
notre musique…
Au delà des « je t’aime »,
il y aura les poèmes

Je viens de naître à toi

SOlène

Extrait de « Au beau milieu de l’hiver, j’ai découvert en moi, un invincible été », mon deuxième recueil de poésie dont la parution est prévue fin mars

(Tous droits réservés)

 

En hommage au pianiste américain, Chick COREA. Légende du jazz fusion et pianiste de génie, il nous a quitté le 9 février 2021 à 79 ans des suites d’une forme rare de cancer.

WHAT ELSE ?

« La vie ne te fera pas de cadeau, crois-moi.
Si tu veux avoir une vie vole là. « 

Lioulia dite Lou ANDRÉAS-SALOMÉ
Femme de Lettres et psychanalyste germano-russe
12/02/1861 à Saint Petersbourg
05/02/1937 à Göttingen

C’est la lecture du poète Rainer Maria Rilke qui m’a amenée à Lou Andréas-Salomé dont je suis en train de lire EROS collection « Arguments » aux Editions de Minuits…

Femme fatale d’une beauté ravageuse et de « caractère océanique », mais avant tout « un esprit libre »…  » la plus intelligente de toutes » selon Nietzshe… En fait, il y a tellement de Lou qu’il va me falloir, je crois, encore beaucoup de lectures pour sonder le mystère de cette femme que je trouve fascinante.

Lou, ou comment parvenir à la connaissance de soi par d’autres. Et quels autres ! Nietzsche, Rielke, Freud – excusez moi du peu. Ils sont tous amoureux d’elle. Mais il ne faut surtout pas la réduire à un rôle de muse. Ce serait trop vite oublier qu’elle éclaira ces esprits forts. Jusqu’à les brûler, parfois.

Pour aujourd’hui, je vais faire court et surtout retenir son histoire d’amour passionnel avec Rilke: trois ans amants alors que le poète a à peine 22 ans et elle 36. Après leur rupture , 20 ans d’amitié et de complicité ininterrompue s’en suivront jusqu’à la mort du poète à Montreux ( Suisse)

Au propos du poète Rainer Maria Rilke, Lou ANDRÉAS-SALOMÉ écrira ceci :

« Si j’ai été pendant des années ta femme, c’est parce que tu as été pour moi la première réalité tangible, le premier être humain chez qui le corps et la personne étaient indissociables, évidents comme la vie. […] Ce ne sont pas deux moitiés qui se cherchaient en nous : la totalité surprise se reconnut dans un frisson à une inconcevable totalité. »

Quant a lui:

« Je suis à toi comme la dernière petite étoile l’est à la nuit, quand même la nuit la distinguerait à peine et ignorerait son scintillement. » Eh bien oui, voilà ce que le grand poète Rainer Maria Rielke a écrit à celle qui s’était frottée à l’âpre lyrisme de Zarathoustra. Comme quoi, l’amour fou nous rend niais, parfois….

Bonne Saint Valentin à tous les amoureux demain. Et bon week-end à tout le monde ! A bientôt, au plaisir de vous lire sur vos blogs.

SOlène

Lecture en cours…

 

Dans une Allemagne livrée aux nazis, Lou Andreas-Salomé rédige ses mémoires… Une fiction éclairante sur l’une des plus brillantes intellectuelles de son temps, la femme de lettres et psychanalyste Lou Andreas-Salomé (1861-1937), courtisée, entre autres, par Friedrich Nietzsche, Sigmund Freud et Rainer Maria Rilke.

LES BRUITS DE MON SILENCE

Humeur du moment

Dans le silence, on n’entend plus que l’essentiel… 

LES BRUITS DE MON SILENCE

Me voilà enfin seule sur la terre
Loin, bien loin de l’agitation du monde
et des besoins que l’on y crée;
qui ne servent à rien
sinon nous alièner
à une société qui ne me fait pas rêver

Brillant par mon absence numérique
de ces réseaux qui n’ont de social
que le nom
je n’ai plus pour m’exprimer
que les bruits de mon silence
et tout ce qu’ils contiennent de joie
face au marais dans les eaux calmes
Comme si il n’y avait que l’évaille;
l’ évaille qui vaille
à l’heure où les gens des villes
sont à sec de tout…

Mauves et bleus sont les mots du poème
qui se posent d’un regard d’oiseau
sur une page embrumée d’hiver
A l’aube des matins nouveaux
les vieux chagrins d’hier s’inclinent
devant l’ombre des arbres
qui se joue des nuages
et des pâles rayons dans une trouée du ciel

Alors pour se faire entendre encore plus fort
que les battements d’un cœur sauvage et libre,
les bruits du silence prennent le goût
des croissants chauds,
et l’odeur du café qu’on a fait couler dans une cafetière à l’ancienne
Ils disent que l’amour n’est surtout pas le remède à la solitude
mais le soleil qui fait éclore en nous-mêmes, le meilleur
Et que c’est, d’ailleurs, l’unique secret de nos états d’émerveillement.

SOlène

Extrait de « Au beau milieu de l’hiver, j’ai découvert en moi, un invincible été », mon deuxième recueil de poésie dont la parution est prévue pour le 21 septembre 202, un an pile poil après  le premier. 

(Tous droits réservés)

WHAT ELSE ?

J’adore  !

💙

Tout belle journée à tous. Et merci pour votre fidélité à ce blog. A bientôt !

TOI, MON ESSENCE-CIEL…

Humeur du moment

« Ce  que l’on ne peut pas dire,

il ne faut surtout pas le taire,

il faut l’écrire »…

TOI
(Mon essence-ciel)

J’habite un monde à part
un univers qui n’appartient qu’à moi;
où penser, entreprendre, travailler
et s’amuser, dépenser, se rire de tout
sont une seule et même chose:
être libre…
Tout se tient en un mot: liberté
sans laquelle vivre n’est pas vivre.

On me dit que j’ai tout pour être heureuse;
des amis, une maison avec du vert autour
et juste au dessus le ciel à l’infini
qui donne à la vie
cet arrière goût de paradis sur terre
lorsque la poésie s’y met pour raconter
en deux ou trois vers comment volent
les oiseaux du marais
sans pour autant percer le mystère des fleurs sauvages.
Tu sais, celles qui poussent tout simplement
sur les bords du temps, au détour des chemins boueux;
petit miracle des matins de brume
après l’évaille* du dernier hiver –
encore un ! Une éternité
qu’on n’aura pas vu passer
Les canaux, toujours, s’en vont à la mer
comme l’eau des souvenirs
nous file entre les doigts…

Peut-être n’était-ce qu’un rêve
Un jour j’ai fui l’amour, ton amour,
mon amour
Je me suis arrachée au bonheur de ton souffle sur ma peau
de peur que ce soit trop beau pour être vrai
Mais voilà, j’avais besoin de ça pour grandir,
ne pas m’endormir sur mes lauriers
Aussi j’ai compris plus tard
ce que pleurer des rivières veut dire
C’est comme hurler en silence la nuit
hurler à fendre l’âme, quand l’ennui nuit à la nuit
et que le sommeil n’est plus qu’un amour perdu
J’ai perdu mon amour, et le sommeil avec
Alors j’ai appris la solitude et le silence
Je les ai même aimés jusqu’au jour d’aujourd’hui
Puis les mois, les ans ont passé,
le lierre s’est attaché à la maison,
cœur de pierre en lequel je t’attends
dans la pénombre des jours qui sombrent
car s’il est vrai que j’ai tout pour être heureuse
il me manque l’essentiel
TOI,
mon essence-ciel

Évaille* en patois, montée des eaux dans le marais, crue, inondations… 

SOlène

Extrait de « Au beau milieu de l’hiver, j’ai découvert en moi, un invincible été », mon deuxième recueil de poésie dont la parution est prévue fin mars.

(Tous droits réservés)

WHAT ELSE ?

A toi qui veille sur l’ombre de mes nuits
Je dédie
Cet air qui me vient d’un très beau matin
Où je laissais courir mon âme dans les blés
Insouciant, irradié par la magie de l’été
Coeur de pierre, ciel ouvert, adolescent
Amoureux d’une sorcière aux seins blancs
Loin des fureurs, loin des errances de l’ennui
Comme un aviateur dans un ascenceur
Qui s’envole vers l’infini
Ai du coeur, Ai du coeur, baise la vie
Fais la jouir à en pâlir d’envie
Jusqu’à ce que la mort la surprenne dans ton lit
Noyé de désir, hurlant de plaisir
Prise entre jour et nuit

A toi qui meurt de trop aimer la vie
Je dédie
Cet air venu d’un éternel chagrin
Où le destin m’a condamné
A errer incertain, sur les chemins de l’oubli
Laisse le temps impatients, tuer ta douleur
Et dis toi qu’il n’est pas de plus grand malheur
Que de laisser mourir le rire dans ton coeur
A ta dernière peur, comme un déserteur
Donne ta vie à mort
Et dis toi qu’il n’est pas de plus grand malheur
Que de laisser mourir le rire dans ton coeur

Jacques HIGELIN

Toute belle journée à tous ! Au plaisir de vous lire sur vos blog…

CES INCONNUS DU TEMPS QUI PASSE… SUIVI PAR « ADDIO, ADDIO »

Humeur du moment

Et si la liberté consistait à posséder le temps ?
Et si le bonheur revenait à disposer de solitude, d’espace, de silence – toutes choses dont manqueront les générations futures ? Tant qu’il y aura des cabanes au fond des bois, rien ne sera tout à fait perdu. – Sylvain Tesson…

CES INCONNUS DU TEMPS QUI PASSE

Parce que chaque jour nouveau nous arrive
en tout point pareil à celui de la veille
avec à l’intérieur toutes ces heures
interminablement silencieuses,
à en clouer le bec aux oiseaux
on se sent presque obligé de le meubler
en parlant de la pluie
et du beau temps après la pluie;
enfin de tout et de rien; de rien surtout
car plus rien ici bas ne change,
à part le temps – et encore pas tout le temps !
Le fait est là: on ne vit pas vraiment
dans un conte de fées
Certains vous diront même qu’ au début
on a manqué de masques
de respirateurs, de bouteilles d’oxygène
– certes certes, mais plus encore d’imagination !
D’autres qu’ils souffrent de troubles du sommeil
Or il faut se rendre compte
que le plus souvent ce sont seulement
des troubles de la capacité de rêver
C’est pourtant bel et bien avec des si
que l’on se fabrique des rêves;
que de nos peines et de nos joies en sursis,
l’on s’octroie les plus belles trêves
Alors tout sauf rester là figés
dans l’éternel présent de nos vies
réglées comme du papier à musique
par la technique,
reclus volontaires,les poings liés
aux données de notre ordinateur
qu’analyse l’algorithme.
Pendant que l’infiniment petit fait sa loi dehors, nous devenons ces inconnus du temps qui passe…

SOlène

Extrait de « Au beau milieu de l’hiver, j’ai découvert en moi, un invincible été », mon deuxième recueil de poésie dont la parution est prévue fin mars

(Tous droits réservés)

 

WHAT ELSE ? 

Hommage à Christiane Eda-Pierre… 

 

 

Live 1981 de Luciano Pavarotti/Christiane Eda-Pierre…. 

Christiane Eda Pierre a connu un triomphe en 1976 dans Rigoletto avec Pavarotti à Central Park ( New York) devant 250 000 personnes…

Bien qu’elle disait « je ne suis pas une diva », « je n’aime pas ce mot diva », Christiane Eda Pierre a été une des plus grandes cantatrices françaises Elle a côtoyé les plus grands chefs d’orchestre ( Lorin MAAZEL, Georges PRÊTRE, Pierre BOULEZ, Emmanuel KRIVINE) et les plus grandes voix ( José VANDAM, Luciano PAVAROTTI, Placindo DOMINGO ), et elle a chanté sur les plus grandes scènes internationales.

– Pavarotti ?


-« L’homme n’était pas si gentil que ça… Quand il arrivait, il ne nous donnait pas la main, ni ne nous embrassait, il se contentait de lever sa main et de dire : « Hi ! » et quand il partait, il levait sa main et lâchait : « Ciao ! » Placido Domingo, c’était l’antithèse de Pavarotti. Il arrivait, me prenait la main et me disait fort gentiment : « Eda, comment vas-tu »… « 

Je la fais courte pour aujourd’hui, mais il y a tant à dire, à raconter sur cette femme magnifique et sur sa vie passionnante que j’y reviendrai sans doute plus en détails après lecture de la biographie de Catherine Marceline, « Christiane Eda Pierre, une vie d’excellence » ( parue en en 2019)

 

Née le 24/03/1932 d’une mère professeur d’éducation musicale et d’un père dessinateur, géomètre et journaliste au Courrier des Antilles, Christiane a grandi par la suite sur les planches de l’opéra-comique (1960 à 1972). Elle a épousé le maître d’arme du conservatoire de musique et de danse de Paris, Pierre LACAZE ( qui a formé 40 ans durant les plus grands épéistes français à l’INSEP)
Une des premières cantatrices noires ( aux côtés de Barbara Hendricks et Nessie Norman… ) Christiane Eda-Pierre n’a jamais eu aucun complexe de couleur. Elle savait d’où elle venait. Son grand-père Nardal, « premier ingénieur noir » a construit le Pont de l’Alma ( à Paris). Sa tante ( Nardal), elle, a œuvré pour que des poètes comme Aimé Césaire et Léopold Senghor puissent être.


Après 40 ans de scène Eda n’avait aucun regret, si ce n’est de ne pas avoir été AÏDA à la scène.

Christiane Eda-Pierre s’est éteinte dans sa maison de Faye-L’Abesse ( bocage bressuirais) dans les Deux-Sèvres le 6 septembre dernier. Elle avait 88 ans. Elle repose maintenant aux côtés de son mari et son fils au cimetière de Faye-L’Abesse 

 

Merci de votre fidélité à ce blog. A bientôt !

 

IL Y A…

Humeur du moment

 

Avertissement: ce billet a été publié une première fois par erreur alors que le poème ( loin d’être terminé) était en cours d’écriture. Merci de ne pas tenir compte  de l’ancienne version  que celle ci-dessous, annule et remplace… 

Il y a un autre monde, mais il est dans celui ci. – Paul Éluard…

IL Y A…

Au milieu de nulle part
il y a une forêt de sapins plantée par les hommes
dans des dunes de neige que balaie le vent
au bout d’un chemin où personne jamais ne passe,
un chalet à peine plus grand qu’une cabane de chasse;
avec aux fenêtres des rideaux à petits carrés rouges et blancs;
puis de la fumée qui, en sortant de la cheminée
monte au ciel froid d’étoiles
et donne aux brumes d’hiver une odeur de feu de bois

À l’intérieur
il y a une araignée qui, tranquillement, tisse sa toile à la lueur des flammes;
un mug anglais avec du thé encore fumant dedans
et juste à côté, posé là, un vieux, très très vieux livre
aux pages jaunies qui sentent le grenier des maisons de campagne inhabitées:
Thais, dont le nom de l’auteur te rappelle celui de ta première école primaire,
Anatole France…
Thais comme la Méditation de Massenet
que tu écoutes au moment même où s’écrit ce poème

Dans le silence de la nuit
Il y a la musique que tu laisses venir à toi dans une brève introduction a la harpe
Et que tu ressens tout de suite comme un début de réponse
aux questions spirituelles que tu te poses
dans ce que tu appelles « tes grands moments »
Magie des cordes harmoniques, s’en suivront cinq minutes de lâcher-prise en ré majeur
Malgré les notes tristes qui, par instants
font pleurer les sons,
il y a dehors tout ce qui se tait pour écouter,
alors qu’au plus profond de toi, tu te languis encore pour lui
Unimato
Puis le morceau devient plus passionné, poco a poco appassionato
jusqu’au summum, piu appassionato

Vide, tu es enfin vide de celui que tu aimes encore trop fort
quand bien même tu chantes le contraire à qui veut l’entendre;
et vide – hélas, aussi des mots, ces satanés mots qui t’échappent,
virevoltent, dansotent et s’éparpillent comme les flocons dans les vents glacés du dehors…
Quand la musique s’arrête, le silence solennel qui suit,
c’est encore et toujours cette divine musique qui monte de la terre au ciel
Mais, peut-être devrions-nous dire, de la mer au ciel

Car en cette nuit de janvier, il y a la pleine lune
Aussi tant pis si c’est le phare du bout du monde qu’elle éclaire sur l’océan
Les filles des bords de mer où ils ne neige pas,
savent bien que tout là-bas, elles deviennent louves
pour se construire un rempart contre le monde
lorsque le ciel se couvre de nuages sur les paysages d’une autre vie

À la lumière du présent, tout se reconstruit
Dans l’imaginaire, tout est permis
Puisse dans le silence de tes nuits blanches
palpiter le vol de l’inspiration

SOlène
26/01/2021
(Tous droits réservés)

Oui: je suis un rêveur. Car un rêveur est celui qui ne trouve son chemin qu’au clair de lune et qui, comme punition, aperçoit l’aurore avant le reste du monde. – Oscar Wilde…

WHAT ELSE ?

« La Méditation de Thaïs » est un extrait de l’opéra Thaïs de Jules Massenet. Le livret est de Louis Gallet d’après le roman du même nom d’Anatole France ( clic ICI *). Toutefois l’ironie relative à l’aspect religieux contenue dans le livre est laissée de côté par le librettiste ( Louis Gallet). Peut-être Massenet a-t-il composé la Méditation de Thaïs avec une intention religieuse. En tout cas une des plus belles œuvres de la musique classique. Je vous la propose aujourd’hui dans la version pour violon et piano avec Anne-Sophie Mutter et Lambert Orkis…

Une bonne écoute et une très très belle journée à  tous !

Coeurdialement

SOlène

🎧

Aujourd’hui sous le gris du ciel…

Humeur du moment

🎼

L’amour est un oiseau rebelle
Que nul ne peut apprivoiser
Et c’est bien en vain qu’on l’appelle
S’il lui convient de refuser
Rien n’y fait, menaces ou prières
L’un parle bien, l’autre se tait:
Et c’est l’autre que je préfère
Il n’a rien dit mais il me plaît

L’ amour ! L’amour ! L’amour ! L’amour !

🎧

 

 

AUJOURD’HUI SOUS LE GRIS DU CIEL

Aujourd’hui sous le gris du ciel
je laisse partir celle que j’étais hier
pour devenir celle que je serai demain
Je laisse pleurer la mer,
se noyer les poissons
avec les larmes de mon corps, au fond
Et courir mon cœur d’enfant
qui défie le vent contraire

C’est vrai qu’on aurait pu, tu sais
On aurait pu s’aimer encore un peu
Ou bien d’amour fou comme au début
continuer à se dire des mots doux
douteux de mièvrerie
hurler nos maux à la pleine lune
se brûler les sens la nuit dans les dunes
ou mourir dans nos bras
de nos étreintes de soie
Mais voilà,
à l’aube d’un petit matin froid
on l’aura compris, toi et moi
l’amour s’en vient, l’amour s’en va
comme la marée toujours à son heure
qui n’est jamais la notre de toute façon
S’il est venu un jour avec tout le ciel et toute la terre
c’est de la même manière qu’il repart à tire d’ailes
sans demander son reste

Aujourd’hui sous le gris du ciel
en compagnie des mouettes rieuses
je sautille en chantant « L’ habanera »
A coeur joie, à m’en brûler la voix
Je me mens effrontément

Aujourd’hui sous le gris du ciel
J’ai l’océan et la vie, comme une page blanche
à perte de vue devant moi
Mais pour écrire quoi demain
si tu ne reviens pas ?

SOlène
12/01/2021
(Tous droits réservés)

Extrait (en exclusivité)  de Au milieu de l’hiver j’ai découvert en moi un invincible été *, mon deuxième recueil de poésie à paraître fin mars 2021 ( dans un peu plus deux mois, mais ça  va venir vite)

En attendant…. 

Le printemps reviendra, il revient toujours….

Clic ICI *

WHAT ELSE ? 

Bel après-midi à  tous ! 

A bientôt sur vos blogs…. 🙋‍♀️

Quand je laisse partir ce que je suis, je deviens ce que je pourrais être Quand je laisse partir ce que j’ai, je reçois ce dont j’ai beoin. – Lao Tseu…

DANS MA CABANE

Humeur du moment

 

Ce samedi-là
de rêve et de grand froid
je nous vois là-bas

 

 

 

DANS MA CABANE

C’est de l’autre côté de la frontière
à la lisière d’une forêt de sapin blancs
entre les grands espaces enneigés
d’où sort la fumée d’une cheminée
et l’infini du ciel où passent
des nuées d’oiseaux sauvages
au rythme des nuages

C’est une cabane de chasse isolée
avec à la fenêtre, de la lumière
quelque soit l’heure de la journée
ou parfois même de la nuit
Et à l’intérieur, un couple
Que l’on devine plus qu’on ne le voit
à travers la buée des vitres

Ce couple c’est toi et moi, dans ma tête
Les jours de grisaille et de frimas
Quand le vent du large souffle sur la côte
à faire pleurer la mer
et hurler de faim les mouettes
Alors j’écoute Purcell,  l’air du froid,
et je nous vois, nous aimer là-bas
à la lueur des flammes

C’est une cabane de chasse en bois
au bord d’un lac  gelé qui sert de miroir
à la lune ou au soleil, ou même encore
à un couple de promeneurs bien couverts
venus patiner au grand air jurassien
Ce couple c’est toi et moi
en paix avec la terre entière

SOlène
09/01/2021
(Tous droits réservés)

Pour vivre heureux vivons cachés, loin des bruits du monde et des 7 milliards de regards internautes ( smiley clin d’oeil)

🎧

🎼

.Extrait de « What Power Art Art », Act III, Scène 2 de l’opéra King Arthur/Purcell, Cold Genius Song, air du froid ( sur un livret de John Dryden, inspiré de la légende arthurienne, sur le thème allégorique des pouvoirs de l’amour)…

WHAT ELSE ? 

Bon week-end à  tous !

Prenez soin de vous. Et couvrez-vous bien ☃️

Au milieu de l’hiver j’ai découvert en moi un invincible été (Recueil)

Humeur du moment

 

DEUXIÈME  PARTIE 

LES MEILLEURS AMIS DU MONDE*

C’est aujourd’hui dimanche9
le dernier de novembre
si je me fie au calendrier
Mais c’est un jour étrange
d’automne et d’émoi
où, en plein confinement
ma solitude et moi
avons tellement froid
que j’en pleurerais presque
Au jardin, toutes les roses
sont à présent fanées
et les arbres n’ont plus de feuilles aux branches
Les jours comme les nuits
s’en vont s’en viennent
Tout est si linéaire
Qu’on ne fait plus de différence
entre les jours de la semaine
et un dimanche comme aujourd’hui
Tous les jours, ici, j’ai la mer
le vent, et les mouettes
en bruits de fond
Le temps passe comme ça…
Aussi, parfois, je pense à toi
Toi, là-bas, dans tes paysages
ton lac et tes montagnes…
Aux carrés de chocolat et aux noix
Qui accompagnent toujours ton café
devant le feu de bois
quand tu rentres de tes crapahutages
Et aux ronronnements du chat
à tes battements de cœur, mêlés
lorsque ma tête s’y posait
Bien sûr qu’entre temps
quelqu’un d’autre est venu
quelqu’un que j’ai aimé…
que j’aime peut-être encore
Mais souviens-toi ce qu’on s’était dit
Une fois la déception estompée
nous pourrions devenir alors
les meilleurs amis du monde…


SOlène
29/11/2020

***

LES NUITS DE CHAIR*

Il me semble que ça commence toujours comme ça
comme au fond d’un rêve dont on ne se rappellera pas
C’est l’histoire de deux têtes, deux cœurs et deux corps
deux humains faits d’os, de chair et de sang
Qui se sont rencontrés un soir en hiver
Il n’y a pas de hasard, dirait Paul Eluard
il n’y a que des rendez-vous
Dès la toute première fois, en effet
Ils ont su le pourquoi du comment
c’etait lui, c’était elle
Il y a eu d’autres soirs
mille et un soleil de minuit
mille et une poussière d’étoiles
à écrire pour se les raconter après
À chaque soir ses retrouvailles
A chaque nuit ses ivresses
et ses secrets
A chaque aube, une force nouvelle
pour affronter du monde
les petits matins froids
et les dures journées de labeur
Aragon avait donc raison:
ceux qui s’aiment, savent
ce qu’est la nuit
car ils n’ont qu’elle pour adresse
Aussi, ils l’ont vite compris
les nuits de chair sont au cœur
ce que la tête ne saura jamais décrypter
un mystère qui fait de l’éphémère,
l’éternité
le pont pour atteindre l’indicible
Et bien plus encore !


SOlène
29/11/2020

ET POURTANT TU ME MANQUES **

C’est l’heure où mille et un points d’or
dessinent le pont entre l’île
et la ville qui dort
L’heure tranquille où je veille
en écoutant la Callas
les yeux dans le vague
à la lueur des flammes
Se pourrait-il alors
que je sois comme Carmen
ou madame Butterfly
perdue dans les méandres
du sentiment amoureux
au prisme du chimisme
d’une quelconque dépendance ?
Je sais, la vie n’est pas un opéra
Ce que je vis, n’a rien d’un drame
Mais pourtant…
Oui, pourtant tu me manques
Tu me manques de tous ces matins ouatée
aux odeurs d’iode
et de café au lait
Tu me manques de toutes les marées
de toutes ces journées hivernales
passées sans toi
Tu me manques de tous les après-midi trop courts
de tous les rayons de soleil, du lever au coucher
Et jusque dans ces nuits d’ombres
Où la mer immobile et muette
Rêve de la lune absente
Les mouettes aussi se taisent
quand les lumières qui scintillent
sur la côte, au loin
donnent a ces nuits de décembre
des grands airs de ciel étoilé
Imagine-toi tout simplement
un de ces moments flottants
Où l’on oublierait presque
que le temps passe inexorablement
au-delà du parfum des roses
Voire même au delà de soi
et de toutes ces choses
que l’on a pu se dire autrefois
Les paroles, depuis, ont recouvré
leur silence réparateur
Et les mots, comme des oiseaux
ont fait leur nid
pour mes poèmes en prose
Tout va pour le mieux
dans le meilleur des mondes
C’est juste que je sais pas
comment oublier quelqu’un
qui me faisait oublier tout le reste

SOlene
10/12/2020

***

HEROÏNES *

Entre deux ciels
et deux amours
un bonheur virtuel
qui n’existe pas
et n’existera
probablement jamais
et celui bel et bien réel
des petites choses
qu’elle vit au quotidien
Lally, mon héroïne
mon double
se cherche encore
et toujours
dans l’eau trouble
de ses sentiments

Le front aux vitres, un matin
Je la revois, à travers la pluie
tentant de passer
entre les gouttes
de sa connerie…
Et moi, perdue dans son histoire
entre dune et sablon, l’après-midi
Moi qui n’aime rien tant
que ce mélange intime et diffus
de sable et de sel
d’embruns et de larmes
j’écris le soir
shootée aux bruines de l’océan
et aux couleurs du ciel
A tous les ciels, en fait
Y compris ceux de l’amour
Et des orages de la vie

Mais de quelles amours parlent-on ?
Matt Pygmalion, homme de chair
ou sujet littéraire ?
Mon héroïne et moi, sommes
amoureuses du même homme
comme Norma et Adalgisa dans Casta Diva
écouté la nuit pour couvrir
les cris des étoiles filantes
qui traversent le ciel comme en rêve

Viennent alors, au clair de la lune
les mots se coucher sur le papier
juste avant que je les range
tels des coquillages ramassés sur la plage
dans l’écrin d’un poème.

Et puis, mon héroïne et moi
nous souviendrons d’oublier
C’est notre prière de paix
à la déesse la lune
Casta Diva

SOlène
12/12/2020

***

JE VEUX OUBLIER *

Au nom de toutes ces larmes épandues
Au nom des désirs vainement refoulés
Et parce que j’en ai vraiment assez
de coller mon nez aux vitres des souvenirs
je veux oublier les drames qu’à chaque fois
ça fait
à m’empêcher de vivre et à nouveau d’aimer

Pour que ça aille de mieux en mieux
je veux oublier tout ce qui s’est passé
le pire comme le meilleur
que l’on m’aspire le cerveau à la paille
pour oublier tes mots
Ceux écrits au fil des jours
Ceux dits au creux des nuits
Je veux que tes paroles s’envolent
comme des pétales au vent
en même temps que s’effacent
les parfums des choses
celui des roses
et celui des « toujours »
qui, même s’ils me collent encore
au corps et à l’âme
ne riment plus à rien
car vois-tu
je veux oublier jusqu’au mal
que l’on s’est fait
l’enfant que l’on voulait certains soirs de pleine lune
et ces sales histoires dans lesquelles
Je trempais ma plume, les autres soirs

Je veux tout oublier pour repartir à zéro
avec un autre… Ou avec toi, nous pardonner
Tout oublier comme dans le film
Eternal sunshine of the spotless mind
Soleil éternel de l’esprit immaculé

SOlène
16/12/2020

***

Dernier poème de l’année ( Annus Horribilus)*

À l’aube nouvelle du solstice d’hiver
la vieille horloge sonne la fin du couvre-feu
Mais le soleil,lui, tarde encore à se lever
Sur le vieux port de La Rochelle
les tours et le mât des voiliers
sont noyés dans le brouillard
alors que devant mes yeux
émerge à peine la cime tremblante du grand sapin
que l’on devine à peine à travers la buée des vitres
et du temps qui passe, mine de rien.

Ici maintenant dans le clair obscur de l’appartement
tout est à la même place aujourd’hui, qu’hier même heure
Il y a le parfum entêtant des jacinthes
Celui oppressant du confinement déconfinement;
Les plaintes des arbres aux branches dénudées
que malmène le vent
et le silence lancinant des roses
déchiré par le cri des mouettes, au loin
Et pendant que je tourne machinalement
la petite cuillère dans le café au lait
de mon mug « petite parienne » encore fumant,
je cherche les premiers mots
de ce qui sera mon dernier poème de l’année
Que dire quoi penser de 2020 qui s’achève ?
Annus Horriblus
Annus… année de m…. un seul n te suffirait

Quant a toi, là-bas, tout là-bas
mon inspiration perdue dans l’infiniment blanc
l’infiniment pur des grands froids sibériens
s’il te plaît, rends-moi mon sourire
que tu as emporté avec toi
le jour où tu es parti voir ailleurs
si tu y étais…

SOlène
20/12/2020

LE SURLENDEMAIN DE NOËL  *

( Addio, Del Passato) 

La route a été longue
Il est une heure après minuit
quand je m’arrête devant la maison
Le ciel est noir, la rue est blanche
les mots s’effacent sur le parebrise
comme les flocons dans le va et vient
lancinant des essuie glaces

Addio, del passato bei sogni ridenti
Adieu, du passé beaux rêves rieurs
chante la Callas…

Je lève le son, ravale mes larmes
et les mots que je ne dirai pas
ne sont plus que neige fondue
Notre belle histoire a pris l’eau encore une fois peut-être était-ce la fois de trop
J’ai mis des pulls chauds dans la valise,
pris mes cliques et mes claques
de bon matin, sans éteindre le sapin
Ni même avoir refermé la porte de l’appartement
Mais je n’irai pas pour autant
me noyer dans le lac

Le gioie, i dolori tra coco avian fine
Les joies les peines finiront bientôt

Je ne laisserai pas, non plus, se taire les oiseaux
encore moins le rire de mon cœur
Plutôt laisser se tarir les pleurs
sur l’agonie de mon moi

Non lagrima o fiore avra’ la mia fossa,
aucune larme ni fleur n’aura ma fosse

Plus qu’à éteindre l’autoradio
Tu vois, en ce surlendemain de Noël
il suffisait de remplacer
pourquoi cela arrive-t’il
par qu’est-ce que tout cela m’apprend ?

A lei, deh, perdona; tu accoglila, o Dio.
Or tutto fini’!
À elle, pardonnez-moi; bienvenue, oh mon Dieu.
Maintenant, tout est terminé !

C’est comme ça que j’ai compris:
personne n’est invincible
et certains rêves doivent mourir
pour permettre à d’autres de naître

SOléne

26/12/2020

***

« L’évidence poétique est soumise à une implacable loi de gravitation, tantôt pauvre, tantôt fortunée. La chance du poète, son devoir est d’être matinal, à l’aube de la création pessimiste, pour bien posséder à la fois la tendresse noire du passé et la révélation révolutionnaire du présent. Cette condition remplie, il construira le nom d’une étoile définitive : son poème ». – Lettre de René Char à Georges Mounin, 28 février 1944 (in Correspondance 1943-1988, Gallimard)…

ÉTOILE  *

Sushis, litchis,kakis et marshmallows
J’ai préparé le plateau devant le petit écran éteint
allumé une bougie parfumée à la vanille
pour chasser l’odeur du gel hydroalcoolique
Amoureuse asymptomatique, j’écoute Simon and Garfunkel
The sound of silence
en attendant que mon stylo dégaine ces mots
qui, d’avance, savent déjà tout de nous
de nos peines comme de nos joies
tout de cette éternelle idylle
que je ne me lasse pas de réécrire pour toi
Aussi va savoir pourquoi ce soir
la page reste blanche, ça ne veut pas
J’ai le regard qui s’égare dans le noir du ciel
et l’espoir qui fout le camp par moments
Les arbres pleurent, la terre tourne, indifférente
Maudit virus, tueur de rêves !
Heureusement, la lune veille, sereine
Je voudrais que tu te réveilles
puis que tu m’appelles du creux de ta nuit
et m’endormir comme avant dans le lit de ta voix;
Vaincre la nuit, vaincre le jour, le manque de toi
et ce froid qui s’abat sur moi quand les mots ne viennent pas…
Heureusement, le navire du sommeil finit toujours par venir
à travers les vents, les vagues et les étoiles
J’aime à penser que le navire ce sont tes bras aimants
me laisser porter sur les flots du temps
et les yeux fermés, fixer le petit point lumineux.
Alors je sais que le poème que je t’offrirai au matin
il s’appellera « Etoile »

SOlène
30/12/2020

***

LA NUIT DE L’AN*

Qui es-tu, ange déchu ou démon?
D’où viens-tu, de l’espace infini, d’un paradis perdu
de l’enfer, ou des brumes de l’imaginaire ?
Ô infernal tapage qui, bravant les interdits
m’arrache du plus doux des sommeils !
Tu te faufiles avec la fumée sortie d’un toit,
les odeurs d’un feu de bois et la cacophonie d’une fête clandestine
Puis tu montes comme un cantique de la terre jusqu’au ciel
Cette nuit, la première de l’an, la lune est absente
mais le ciel tout scintillant d’étoiles m’explique en un clin d’oeil
que les astres sont là pour rendre l’univers plus habitable
Il est loin le temps où un enfant naissait dans une étable
Pourtant à chaque crépuscule du soir, à chaque aube nouvelle
Venus, l’étoile du berger, éternellement revient
Cette aube si belle que nul, jamais n’atteint sans passer par le chemin de nuit
Me rendormir alors en paix toute entière,
sauf de cœur et d’âme sachant qu’au matin
j’aurai une minute supplémentaire de soleil
pour écrire le feu, le froid…
la flèche de Cupidon qui m’a transpercée
et tous les vœux que j’ai faits aux étoiles
en cette bruyante et brillante nuit de l’an.
Bonne année, mon amour !

SOlène
01/01/2021

*** 

 NUAGES*

Le vent de janvier pousse les nuages
Des pensées passent dans ma tête
Comme les nuages, je ne les retiens pas
Pieds nus malgré le froid – moins deux,
encore ce matin…
je marche sur le rivage, cheveux au vent, les yeux au ciel
Derrière moi, la vague efface la trace de mes pas
Mais rien n’y fait, j’ai l’horizon pour tout bagage
des désirs et des rêves dans un reste de sommeil
Je ne descends pas, c’est plus fort que moi
La tête dans les nuages, je pense au temps béni
où tu me disais – souviens-toi:
« ensemble ce n’est plus du tout la même notion du temps »
Pour nous, il est vrai que l’éphémère, c’était de l’éternité
Le vent poussait les nuages
Même celui sur lequel on vivait
laissant loin derrière sur le sable mouillé
les cœurs que nous venions de dessiner
et que la marée emporterait à jamais

SOlène
Écrit dans ma tête sans papier ni crayon
02/01/2021

***

DANS MA CABANE

C’est de l’autre côté de la frontière
à la lisière d’une forêt de sapin blancs
entre les grands espaces enneigés
d’où sort la fumée d’une cheminée
et l’infini du ciel où passent
des nuées d’oiseaux sauvages
au rythme des nuages

C’est une cabane de chasse isolée
avec à la fenêtre, de la lumière
quelque soit l’heure de la journée
ou parfois même de la nuit
Et à l’intérieur, un couple
Que l’on devine plus qu’on ne le voit
à travers la buée des vitres

Ce couple c’est toi et moi, dans ma tête
Les jours de grisaille et de frimas
Quand le vent du large souffle sur la côte
à faire pleurer la mer
et hurler de faim les mouettes
Alors j’écoute Purcell,  l’air du froid,
et je nous vois, nous aimer là-bas
à la lueur des flammes

C’est une cabane de chasse en bois
au bord d’un lac  gelé qui sert de miroir
à la lune ou au soleil, ou même encore
à un couple de promeneurs bien couverts
venus patiner au grand air jurassien
Ce couple c’est toi et moi
en paix avec la terre entière. 

SOlène
09/01/2021

***

Aujourd’hui sous le gris du ciel

Aujourd’hui sous le gris du ciel
je laisse partir celle que j’étais hier
pour devenir celle que je serai demain
Je laisse pleurer la mer,
se noyer les poissons
avec les larmes de mon corps, au fond
Et courir mon cœur d’enfant
qui défie le vent contraire

C’est vrai qu’on aurait pu, tu sais
On aurait pu s’aimer encore un peu
Ou bien d’amour fou comme au début
continuer à se dire des mots doux
douteux de mièvrerie
hurler nos maux à la pleine lune
se brûler les sens la nuit dans les dunes
ou mourir dans nos bras
de nos étreintes de soie
Mais voilà,
à l’aube d’un petit matin froid
on l’aura compris, toi et moi
l’amour s’en vient, l’amour s’en va
comme la marée toujours à son heure
qui n’est jamais la notre de toute façon
S’il est venu un jour avec tout le ciel et toute la terre
c’est de la même manière qu’il repart à tire d’ailes
sans demander son reste

Aujourd’hui sous le gris du ciel
en compagnie des mouettes rieuses
je sautille en chantant « L’ habanera »
A coeur joie, à m’en brûler la voix
Je me mens effrontément

Aujourd’hui sous le gris du ciel
J’ai l’océan et la vie, comme une page blanche
à perte de vue devant moi
Mais pour écrire quoi demain
si tu ne reviens pas ?

SOlène
12/01/2021

SOlène VOSSE 

Décembre 2020/Janvierc2O21

(Tous  droits réservés) 

Recueil en cours d’écriture… À suivre !

 « Au milieu de l’hiver j’ai découvert en moi un invincible été » sera donc le titre de mon deuxième recueil de poésie ( sortie prévue  fin juin 2021). Titre prêté par monsieur Albert Camus qui sait d’ores et déjà que j’en ferai bon usage…

Très belle semaine à  tous ! A bientôt sur vos blogs. 

SOlène

Coffee time… Un p’tit Caf’ with me ?

WHAT ELSE ?

ENFANT (S ) DE L’AMOUR *

 

ETOILE ⭐

Humeur du moment

 

 

« L’évidence poétique est soumise à une implacable loi de gravitation, tantôt pauvre, tantôt fortunée. La chance du poète, son devoir est d’être matinal, à l’aube de la création pessimiste, pour bien posséder à la fois la tendresse noire du passé et la révélation révolutionnaire du présent. Cette condition remplie, il construira le nom d’une étoile définitive : son poème ». – Lettre de René Char à Georges Mounin, 28 février 1944 (in Correspondance 1943-1988, Gallimard)… 

 

 

« Il faut que le noir s’accentue pour que la première étoile apparaisse » – Christian Bobin…

« La clarté ne naît pas de ce qu’on imagine le clair, mais de ce qu’on prend conscience de l’obscur… » – Carl Gustav Jung….

SOlène, haïku du 30/12/2020….

ÉTOILE 

Sushis, litchis,kakis et marshalows
J’ai préparé le plateau devant le petit écran éteint
allumé une bougie parfumée à la vanille
pour chasser l’odeur du gel hydroalcoolique
Amoureuse asymptomatique, j’écoute Simon and Garfunkel
The sound of silence
en attendant que mon stylo dégaine ces mots
qui, d’avance, savent déjà tout de nous
de nos peines comme de nos joies
tout de cette éternelle idylle
que je ne me lasse pas de réécrire pour toi
Aussi va savoir pourquoi ce soir
la page reste blanche, ça ne veut pas
J’ai le regard qui s’égare dans le noir du ciel
et l’espoir qui fout le camp par moments
Les arbres pleurent, la terre tourne, indifférente
Maudit virus, tueur de rêves !
Heureusement, la lune veille, sereine
Je voudrais que tu te réveilles
puis que tu m’appelles du creux de ta nuit
et m’endormir comme avant dans le lit de ta voix;
Vaincre la nuit, vaincre le jour, le manque de toi
et ce froid qui s’abat sur moi quand les mots ne viennent pas…
Heureusement, le navire du sommeil finit toujours par venir
à travers les vents, les vagues et les étoiles
J’aime à penser que le navire ce sont tes bras aimants
me laisser porter sur les flots du temps
et les yeux fermés, fixer le petit point lumineux.
Alors je sais que le poème que je t’offrirai au matin
il s’appellera « Etoile »

SOlène
30/12/2020

 

SOlène, haïku du 30/12/2020…

WHAT ELSE ? 

Solstice d’hiver ( Décembre 2020)

8 poèmes  de saison  extraits de mon recueil  « Au milieu de l’hiver, j’ai découvert en moi un invincible été  »  ( à  paraître avant la fin du premier semestre 2020)

A l’instant ! Madame la lune veille encore sur la ville qui se réveille tout doucement..

 

JE VEUX OUBLIER….

Humeur du moment

La vie humaine est un songe : d’autres l’ont dit avant moi, mais cette idée me suit partout. – Les souffrances du jeune Werther de Johann Wolfgang Goethe ( 1774)…

 

 

JE VEUX OUBLIER

Au nom de toutes ces larmes épandues
Au nom des désirs vainement refoulés
Et parce que j’en ai vraiment assez
de coller mon nez aux vitres des souvenirs
je veux oublier les drames qu’à chaque fois
ça fait
à m’empêcher de vivre et à nouveau d’aimer

Pour que ça aille de mieux en mieux
je veux oublier tout ce qui s’est passé
le pire comme le meilleur
que l’on m’aspire le cerveau à la paille
pour oublier tes mots
Ceux écrits au fil des jours
Ceux dits au creux des nuits
Je veux que tes paroles s’envolent
comme des pétales au vent
en même temps que s’effacent
les parfums des choses
celui des roses
et celui des « toujours »
qui, même s’ils me collent encore
au corps et à l’âme
ne riment plus à rien
car vois-tu
je veux oublier jusqu’au mal
que l’on s’est fait
l’enfant que l’on voulait certains soirs de pleine lune
et ces sales histoires dans lesquelles
Je trempais ma plume, les autres soirs

Je veux tout oublier pour repartir à zéro
avec un autre… Ou avec toi, nous pardonner
Tout oublier comme dans le film
Eternal sunshine of the spotless mind
Soleil éternel de l’esprit immaculé

SOlène
16/12/2020
(Tous droits réservés)

 

BlOG EN PAUSE ( Voir billet suivant)..

WHAT ELSE ? 

Je rentre en moi-même, et j’y trouve un monde, mais plutôt en pressentiments et en sombres désirs qu’en réalité et en action ; et alors tout s’embrouille en moi, et, perdu dans mes rêves, je poursuis en souriant ma route dans le monde. – « Les souffrances du jeune Werther » ( Goethe) 

 

 

HÉROÏNES S/ « Norma, Act 1: « Casta Diva » (Norma, Chorus, Oroveso) (Live) »

Humeur du moment

Nulle perte n’est ressentie avec autant d’acuité
que celle de ce qui aurait pu être.
Nulle nostalgie ne fait autant souffrir que la nostalgie
des choses qui n’ont jamais existé. – Rabih Alameddin….

🎧

 

HEROÏNES

Entre deux ciels
et deux amours
un bonheur virtuel
qui n’existe pas
et n’existera
probablement jamais
et celui bel et bien réel
des petites choses
qu’elle vit au quotidien
Lally, mon héroïne
mon double
se cherche encore
et toujours
dans l’eau trouble
de ses sentiments

Le front aux vitres, un matin
Je la revois, à travers la pluie
tentant de passer
entre les gouttes
de sa connerie…
Et moi, perdue dans son histoire
entre dune et sablon, l’après-midi
Moi qui n’aime rien tant
que ce mélange intime et diffus
de sable et de sel
d’embruns et de larmes
j’écris le soir
shootée aux bruines de l’océan
et aux couleurs du ciel
A tous les ciels, en fait
Y compris ceux de l’amour
Et des orages de la vie

Mais de quelles amours parlent-on ?
Matt Pygmalion, homme de chair
ou sujet littéraire ?
Mon héroïne et moi, sommes
amoureuses du même homme
comme Norma et Adalgisa dans Casta Diva
écouté la nuit pour couvrir
les cris des étoiles filantes
qui traversent le ciel comme en rêve

Viennent alors, au clair de la lune
les mots se coucher sur le papier
juste avant que je les range
tels des coquillages ramassés sur la plage
dans l’écrin d’un poème.

Et puis, mon héroïne et moi
nous souviendrons d’oublier
C’est notre prière de paix
à la déesse la lune
Casta Diva

SOlène
12/12/2020
( Tous droits réservés)

WHAT ELSE ? 

ET POURTANT TU ME MANQUES *

LES NUITS DE CHAIR

LES MEILLEURS AMIS DU MONDE

Et surtout n’oubliez notre RDV du 15/12 ( après-midi) pour le tirage au sort. Trois exemplaires dédicacés de mon premier recueil de poésie à gagner…. 📚

J – 3

ET POURTANT TU ME MANQUES

Humeur du moment

 

💻

« Comme les larmes montent aux yeux puis naissent et se pressent, les mots font de même. Nous devons seulement les empêcher de s’écraser comme les larmes, ou de refouler au plus profond. Un lit en premier les accueille : les mots rayonnent. Un poème va bientôt se former, il pourra, par les nuits étoilées, courir le monde, ou consoler les yeux rougis. Mais pas renoncer. » –  René Char, Le Bâton de rosier (in En trente-trois morceaux et autres poèmes, Gallimard)…

🎧

Carmen, Norma Tosca, Travatia, Butterfly…. 

ET POURTANT TU ME MANQUES

C’est l’heure où mille et un points d’or
dessinent le pont entre l’île
et la ville qui dort
L’heure tranquille où je veille
en écoutant la Callas
les yeux dans le vague
à la lueur des flammes

Se pourrait-il alors
que je sois comme Carmen
ou madame Butterfly
perdue dans les méandres
du sentiment amoureux
au prisme du chimisme
d’une quelconque dépendance ?
Je sais, la vie n’est pas un opéra
Ce que je vis, n’a rien d’un drame
Mais pourtant…
Oui, pourtant tu me manques
Tu me manques de tous ces matins ouatés
aux odeurs d’iode
et de café au lait
Tu me manques de toutes les marées
de toutes ces journées hivernales
passées sans toi
Tu me manques de tous les après-midi trop courts
de tous les rayons de soleil, du lever au coucher
Et jusque dans ces nuits d’ombres
Où la mer immobile et muette
Rêve de la lune absente
Les mouettes aussi se taisent
quand les lumières qui scintillent
sur la côte, au loin
donnent a ces nuits de décembre
des grands airs de ciel étoilé
Imagine-toi tout simplement
un de ces moments flottants
Où l’on oublierait presque
que le temps passe inexorablement
au-delà du parfum des roses
Voire même au delà de soi
et de toutes ces choses
que l’on a pu se dire autrefois
Les paroles, depuis, ont recouvré
leur silence réparateur
Et les mots, comme des oiseaux
ont fait leur nid
pour mes poèmes en prose
Tout va pour le mieux
dans le meilleur des mondes
C’est juste que je ne sais pas
comment oublier quelqu’un
qui me faisait oublier tout le reste

SOlene
10/12/2020
(Tous droits réservés)

 

Pleine lune sur le pont de l’Île de Ré….

 

Les nuits de chair… Suivi par « À l’aube revenant »…

Humeur du moment

Si vous saviez combien la peau est profonde, oui, cela dépend comme on la caresse. Il y a des personnes qui vous effleurent comme une écorce, qui vous remuent jusqu’à la sève. Il y a des mains qui vous chosifient, vous bestialisent, et il y a des mains qui vous apaisent, vous guérissent, et quelquefois même, vous divinisent. – Paul Valéry, L’idée fixé ou Deux hommes à la mer ( 1933)….

Matin de brume
Odeur du premier café
Les mots racontent

LES NUITS DE CHAIR

Il me semble que ça commence toujours comme ça
comme au fond d’un rêve dont on ne se rappellera pas
C’est l’histoire de deux têtes, deux cœurs et deux corps
deux humains faits d’os, de chair et de sang
Qui se sont rencontrés un soir en hiver
Il n’y a pas de hasard, dirait Paul Eluard
il n’y a que des rendez-vous
Dès la toute première fois, en effet
Ils ont su le pourquoi du comment
c’etait lui, c’était elle
Il y a eu d’autres soirs
mille et un soleil de minuit
mille et une poussière d’étoiles
à écrire pour se les raconter après
À chaque soir ses retrouvailles
A chaque nuit ses ivresses
et ses secrets
A chaque aube, une force nouvelle
pour affronter du monde
les petits matins froids
et les dures journées de labeur
Aragon avait donc raison:
ceux qui s’aiment, savent
ce qu’est la nuit
car ils n’ont qu’elle pour adresse
Aussi, ils l’ont vite compris
les nuits de chair sont au cœur
ce que la tête ne saura jamais décrypter
un mystère qui fait de l’éphémère,
l’éternité
le pont pour atteindre l’indicible
Et bien plus encore
SOlène
29/11/2020

🎧

…🎼

À l’aube revenant
Les amants se relèvent
Descendent de leurs rêves
Encore ruisselant
Chaque geste est urgent
Puisque le jour se lève
La tempête s’achève
En murmures brûlants
À l’aube revenant
Il s’étaient perdus dans l’obscurité profonde
Là les étoiles se fondent
Au jour apparaissant
À leurs pas hésitants
On sent la fin du monde
Encore une seconde
Encore un instant
À l’aube revenant
Le souffle qu’on entend
C’est deux cœurs qui s’arrachent
Une main se détache
Et l’autre la reprend
Aux yeux l’égarement
Des oiseaux qu’on relâche
Et qui cherchent où se cachent
Le piège qu’on leur tend
À l’aube revenant
Au moindre éloignement
La vie qui les oblige
Le vide, le vertige et faire semblant
Ils se couvrent de serments
Se jurent de poursuivre
Leurs courses à un équilibre
Sur les pierres des torrents
À l’aube revenant
Chacun séparément
Continuera le rêve
Le seul qui les soulève
Et les garde vivants
C’est éternellement
Qu’ils se croyaient soudés
Et même l’éternité
Pour eux c’est pas assez longtemps
À l’aube revenant
Ils étaient deux passants
Dans l’anonyme foule
Dans ce fleuve qui roule
Dans la masse des gens
Ils se sont reconnus
Un peu trop tard peut-être
Mais c’est se reconnaître
En vrai qu’est important
À l’aube revenant
Les amants se relèvent
Descendent de leurs rêves
Encore ruisselant
WHAT ELSE ? 
Votez pour votre poème préféré et gagnez un exemplaire dédicacé de mon premier recueil de poésie, Le printemps reviendra, il revient toujours *
Pour voter, clic ICI *

Bonne semaine à tous ! Merci de votre fidélité. A bientôt. Et surtout, prenez soin de vous.

Photos @solenev 🇨🇭

Les meilleurs amis du monde… Suivi par « Les bons moments sont trop courts »

Humeur du moment

…. »Ce n’est pas parce qu’on se remémore qu’on oublie, c’est parce qu’on oublie qu’on se remémore »….

@solenev 🇨🇭

 

Il y a, en tout cas,  une chose à laquelle je crois vraiment: lorsqu’on a aimé quelqu’un très fort, même quand on ne l’aime plus, on l’aime encore  » – SOlène….

LES MEILLEURS AMIS DU MONDE

C’est aujourd’hui dimanche
le dernier de novembre
si je me fie au calendrier
Mais c’est un jour étrange
d’automne et d’émoi
où, en plein confinement
ma solitude et moi
avons tellement froid
que j’en pleurerais presque
Au jardin, toutes les roses
sont à présent fanées
et les arbres n’ont plus de feuilles aux branches
Les jours comme les nuits
s’en vont s’en viennent
Tout est si linéaire
Qu’on ne fait plus de différence
entre les jours de la semaine
et un dimanche comme aujourd’hui
Tous les jours, ici, j’ai la mer
le vent, et les mouettes
en bruits de fond
Le temps passe comme ça…
Aussi, parfois, je pense à toi
Toi, là-bas, dans tes paysages
ton lac et tes montagnes…
Aux carrés de chocolat et aux noix
Qui accompagnent toujours ton café
devant le feu de bois
quand tu rentres de tes crapahutages
Et aux ronronnements du chat
à tes battements de cœur, mêlés
lorsque ma tête s’y posait
Bien sûr qu’entre temps
quelqu’un d’autre est venu
quelqu’un que j’ai aimé…
que j’aime peut-être encore
Mais souviens-toi ce qu’on s’était dit
Une fois la déception estompée
nous pourrions devenir alors
les meilleurs amis du monde…
SOlène
29/11/2020

🎧

….🎼

Dehors une averse crépite sur les pavés gris de la cour
Mais nos rêves sont sans limites
La jolie dame qui s’abrite
Porte à ses pendants d’oreille du soleil
(Hey, hehehey, hehehou) Du soleil
(Hey, hehehey, hehehou)
Est-ce que c’est lilas ou jonquille mais son parfum me joue des tours
Sous des gouttières qui scintillent
Elle sert dans son cœur de fille
Le monde avec tout ce qui tourne autour
(Hey, hehehey, hehehou) Autour
(Hey, hehehey, hehehou)
Dans un mouvement de bottine et le frôlement du velours
Elle part comme tu l’imagines et l’eau de la flaque assassine
Elle l’évite d’un délicieux détour
(Hey, hehehey, hehehou)
C’était une pluie de passage
Le vent tiède est venu, dommage
Sécher les pavés de la cour
(Hehehou) La dame est partie un peu vite
(Hehehou) Mes rêveries de terre de cuite
Toutes éparpillées sur le parcours
(Hey, hehehey, hehehou) Le parcours
(Hey, hehehey, hehehou)
L’averse a terminé sa route quelque part dans les alentours
Accrochés aux dernières gouttes ses mots que personne n’écoute
Disent que les beaux moments sont trop courts
(Hey, hehehey, hehehou) Trop courts
(Hey, hehehey, hehehou)
Les beaux moments sont trop courts
(Hey, hehehey, hehehou)
(Hey, hehehey, hehehou)

WHAT ELSE ? 

TIRAGE AU SORT du 15/12: la liste des participants s’allonge ( mise à jour 29/11) …

– Jean-Louis du blog Toutlopera (ou presque). En d’autres temps
– Régis du blog Maux et cris, Ton baiser
– Alain du blog Bibliofeel, Ton baiser
– Nadia de Facebook, Lune bleue
– Grégory de Facebook, En d’autres temps
– Marceline de Facebook, Délire et fièvre
-Beatrice Facebook, En d’autres temps
-Hélene WP, Insta et WP, Délire et fièvre
– Domy No, Lune bleue
– Marie, En d’autres temps
– Pipelette liseuse, En d’autres temps
– Antonio Facebook, En d’autres temps
– Ugetse WP, Insta, Ton baiser
-Swanaelle facebook et WP, ton baiser
– Geneviève Facebook, Insta et WP, Ton baiser
– Angelina ( famille) Instagram, Ton baiser
– Charef Worpress, Ton baiser
– Yann Facebook et WP, Ton baiser
– Steph’ ( amie real life) Insta et FB, Délire et fièvre
– André ( alias Pitou) Facebook, Lune bleue
– Chrys (amie) Facebook, A préciser
– Corinne WordPress, Ton baiser
– PatiVore Wirdpress, Délire et fièvre
– Roland WordPress, Ton baiser

MERCI à vous tous d’avoir voté. Les autres, pas de panique: vous avez jusqu’au 14/12 pour nous dire quel est votre poème préféré parmi les 4 proposés ICI *

 

Un très bel après-midi et une soirée toute douce à vous tous !

TON BAISER

Humeur du moment

Plonge au fond du rêve
qu’un slogan ne te submerge
(l’arbre est ses racines
et le vent du vent)
Plonge au fond du rêve de E.E. Cummings

Le baiser est la plus sûre façon de se taire en disant tout. – Guy de Maupassant…

TON BAISER

Plus de lune ni d’étoiles
Juste un reste de nuit
Et je rêvais…
Je rêvais que je dormais
Je dormais dans un bois
perdue quelque part
dans la lumière du noir
Je rêvais déjà les mots
du poème qu’à présent j’écris
quand j’ai senti tes lèvres
sur les miennes au matin
dans l’espace temps
que le rêve avait transformé
en poussières d’éternité
C’était juste avant, je crois
que ta voix efface le bruit de la pluie
et que ton baiser plus vrai qu’en vrai
ne soit brusquement interrompu
par la première sonnerie du réveil.
Pas d’ailes alors, , ni d’oiseau
mais des battements de cœur
Et sur mes lèvres, encore à vif
ton baiser qui prolonge le rêve.


SOlène
24/11/2020
(Tous droits réservés)

La poésie se fait dans un lit comme l’amour. Les draps défaits sont l’aurore des choses. – André Breton….

Fie-toi à ton cœur
quand s’embrasent les mers
(et ne vis que d’amour
même si le ciel tourne à l’envers)
Plonge au fond du rêve de E.E. Cummings

🎧

La Rusalka de Dvorak est un opéra qui raconte l’histoire d’amour à  sens unique entre cette sorte de petite sirène russe et un prince. 
Alors Rusalka demande à la sorcière Jezibaba de lui donner forme humaine pour qu’elle puisse conquérir l’amour du jeune prince qui vient souvent se baigner dans le lac. Mais le prix à payer est lourd : elle perdra l’usage de sa voix et sera éternellement damnée si son amour n’est pas partagé. Le prince, d’abord séduit par la beauté de Rusalka, se lasse de son perpétuel silence et s’éprend d’une princesse étrangère. Trahie, Rusalka est perdue et lorsque le prince pris de remords cherche à la retrouver, elle lui avoue que si elle lui donne le baiser qu’il lui réclame, il en mourra. Le prince l’enlace et meurt dans ses bras. Après cette dernière étreinte, Rusalka disparaît pour toujours au fond du lac.

WHAT ELSE ? 

POÉSIE CONFINÉE

(Mise à jour 24/11/2020)

En d’autres temps… s/ « On voudrait revivre »

Humeur du moment

EN D’AUTRES TEMPS

« Cette absence, en d’autres temps, m’aurait fait chanter « Reviens, reviens »….

Essuyée la larme furtive qui a roulé à la lecture de tes mots
je prends mon Pilot pour écrire un nouveau poème
dans lequel, en d’autres temps, c’est certain
il n’aurait été question que de nous
de toi, de moi,
cet amour fou qui n’est plus que souvenirs
Mais où sont passées les lumières qui nous guidaient ?
Que sont devenues les beautés qui avaient fait de notre vie un rêve ?
La nuit tombe à présent de ce côté ci du monde
Enveloppant lentement mais sûrement mon quartier et la ville entière
La Rochelle, ma belle et rebelle repliée sur elle-même
ses rues, ses parcs, son vieux port et ses remparts…
Tous ses commerces et cafés fermés jour et nuit
Et tout alentour plongé dans un profond silence
qui, le soir venu, s’approfondit encore au fur et à mesure
que je sens monter en moi, sinon l’angoisse
le désarroi qui finit toujours par me prendre à la gorge
L’amour et ses lendemains qui déchantent…
Et justement l’incertitude du lendemain
qui pèse sur nos vies comme une menace…
L’imprévisible et l’impermanence, je le sais bien
sont l’essence même de la vie
Ce n’est pas pour autant que je dois laisser
mes pensées me ramener au passé qui n’est plus
Encore moins me conduire vers un futur que j’ignore
Ou même encore un ailleurs improbable.

Alors plus qu’à rester sur le fil de l’instant présent
Instable équilibre à réajuster inlassablement
Regarder le café couler de la machine a expresso…

Et puis écouter en boucle une chanson de circonstance
Laquelle, en d’autres temps, m’aurait fait dire « je t’attends »….

SOlène
15/11/2020

 

Quelques notes de musique résonnent dans l’intimité  d’un studio d’enregistrement, et Léopoldine HUMMEL et Maxime KERZANET nous emmènent pour un voyage poétique  entre musique et théâtre…. 

🎼

ON VOUDRAIT REVIVRE

On voudrait revivre.
Ça veut dire
On voudrait vivre encore la même chose.
Refaire peut-être encore le grand parcours,
Toucher du doigt le point de non-retour
Et se sentir si loin, si loin de son enfance.
En même temps qu’on a froid, quand même on pense
Que si le ciel nous laisse on voudra
Revivre.
Ça signifie
On voudrait vivre encore la même chose.
Le temps n’est pas venu qu’on se repose.
Il faut refaire encore ce que l’on aime,
Replonger dans le froid liquide des jours, toujours les mêmes
Et se sentir si loin, si loin de son enfance.
En même temps qu’on a froid, qu’on pleure, quand même on pense
Qu’on a pas eu le temps de terminer le livre
Qu’on avait commencé hier en grandissant,
Le livre de la vie limpide et grimaçant
Où l’on était saumon qui monte et qui descend,
Où l’on était saumon, le fleuve éclaboussant,
Où l’on est devenu anonyme passant,
Chevelu, décoiffé, difforme,
Chevelu, décoiffé, difforme se disant
On voudrait revivre, revivre, revivre.
On croit qu’il est midi, mais le jour s’achève.
Rien ne veut plus rien dire, fini le rêve.
On se voit se lever, recommencer, sentir monter la sève
Mais ça ne se peut pas,
Non ça ne se peut pas,
Non ça ne se peut

WHAT ELSE ? 

Au moment où je vous écris ces quelques lignes, ça sent bon l’océan. Le ciel est bleu. D’un bleu pâle, mais sans nuage. Et pur… Je savoure l’éphémère dans la lumière d’un bel après-midi de novembre.
Derrière, les jours et les nuits de  délire et fièvre * à se dire, « je me suis chopé le covid, je vais mourir ». (Tant et si bien que j’avais fini par me faire une raison,  » de toute facon si j’en meurs, je ne le saurais pas ». Alors même pas peur. Euh.. presque pas peur )
Aujourd’hui, je me sens comme le phénix, oiseau fabuleux du désert qui se faisait périr sur un bûcher pour renaître de ses cendres, et vécut des siècles. Aujourd’hui, je fais de chaque instant, mon éternité.
Belle fin d’après-midi et douce soirée à tous. Je vous souhaite les plus beaux, les plus grands moments qui soient. A bientôt, au plaisir de vous lire.
SOlène

😷

TOUCHER LE FOND… S/ JE CROIS ENTENDRE ENCORE (BIZET/GILMOUR)

Humeur du moment

C’est la force de l’esprit qui fait avancer dans la vie, gagner du terrain, se battre contre l’injustice et lutter contre vents et marées.- « Femmes qui courent avec les loups » de
Clarissa Pinkola Estés….

 

 

Ce n’est pas à vous qui me lisez, que je vais l’apprendre, cela fait un petit moment déjà que sur la blogosphère je brille surtout par mon absence. J’en suis désolée, mais le cœur n’y est plus. Ni l’inspiration. Le reconfinement, l’isolement et la covid pour couronner le tout – plus cauchemardesque tu meurs ! Aussi, j’ai eu – j’avoue, parfois l’impression de toucher le fond. Ça fait peur, très peur de toucher le fond. Sentir que l’on arrive à la limite de nos forces. Se dire qu’on a tout perdu, même l’espoir. Qu’y a-t-il de pire que cela ? C’est la question que je me suis posée tout à l’heure au réveil.
Debout devant la Nespresso, je regardais le café couler quand je me suis tout à coup rappelé d’un passage de Femmes qui courent avec les loups, et dans lequel cette même question se posait juste différemment: que pouvons-nous perdre de plus une fois que nous avons tout perdu?
C’est pour l’auteure, Clarissa Pinkola Estès, à ce moment là que surgissent de nouvelles choses, souvent magiques. Nous quittons notre peau, nos artifices et nos poids pour nous élever, pour grandir et être beaucoup plus fortes…
Une des plus belles phrases de ce livre, et que je viens de retrouver dans mes notes:

« La meilleure terre pour semer et faire pousser de nouvelles choses est le fond de tout. Ainsi, toucher le fond, même s’il s’agit d’un acte extrêmement douloureux, est aussi un terrain plein de semences”

WHAT ELSE ? 

Cinq poèmes d’automne (octobre 2020)

Poésie confinée (novembre 2020)0

( La parution de mon deuxième recueil de poésie est prévue fin du premier semestre 2021, après « Betail intime, journal d’une conne qui se soigne » en début d’année)

🎼

Je crois entendre encore
Caché sous les palmiers
Sa voix tendre et sonore
Comme un chant de ramiers.
Oh nuit enchanteresse
Divin ravissement
Oh souvenir charmant,
Folle ivresse, doux rêve!
 
Aux clartés des étoiles
Je crois encor la voir
Entr’ouvrir ses longs voiles
Aux vents tièdes du soir.
Oh nuit enchanteresse
Divin ravissement
Oh souvenir charmant
Folle ivresse, doux rêve!
 
Charmant Souvenir!
Charmant Souvenir!
 

Bonne journée !

 

Et puisque cette crise sanitaire ne nous laisse pas le choix, et que je suis en convalescence, quitte à affronter la solitude, je compte bien profiter de cette période pour me consacrer totalement à l’écriture. Je serai donc peu présente sur les réseaux sociaux, mais je passerai ponctuellement sur vos blogs. Et sur le mien pour poster quelques podcasts ( lecture de mes poèmes à haute voix).
En attendant merci à vous qui passez et commentez régulièrement pour votre fidélité à ce blog. A bientôt, au plaisir de vous lire. Et surtout prenez soin de vous.
SOlène 

😷

Même si l’exil n’est pas une chose que l’on souhaite par amusement, il nous apporte une chose inespérée. Les cadeaux de l’exil sont nombreux. Il extrait notre faiblesse en nous donnant des coups, il fait disparaître les pleurs, il habilite une perception interne aiguë, il renforce l’intuition, il donne le pouvoir d’observer profondément…” – Femmes qui courent avec les loups de Clarissa Pinkola Estés…

Chaque femme porte en elle une force naturelle, instinctive, riche de dons créateurs et d’un savoir immémorial. Mais la société et la culture ont trop souvent muselé cette « Femme sauvage », afin de la faire entrer dans le moule réducteur des rôles assignés. Psychanalyste et conteuse, fascinée par les mythes et les légendes, auteur également du Jardinier de l’éden, Clarissa Pinkola Estés nous propose de retrouver cette part enfouie, pleine de vitalité et de générosité, vibrante, donneuse de vie. A travers des « fouilles psycho-archéologiques » des ruines de l’inconscient féminin, en faisant appel aux traditions et aux représentations les plus diverses, de la Vierge Marie à Vénus, de Barbe-Bleue à la petite marchande d’allumettes, elle ouvre la route et démontre qu’il ne tient qu’à chacune de retrouver en elle la Femme sauvage.Best-seller aux Etats-Unis, ce livre exceptionnel est destiné à faire date dans l’évolution contemporaine de l’identité féminine.

DÉLIRE ET FIÈVRE (POÉSIE CONFINÉE )

Humeur du moment

J’ai le cœur lourd
et le corps qui frissonne
comme les branches du dehors
que le vent déshabille dans le froid
Le corps qui ne sait pas, lui non plus
si il existe encore

 

4 novembre 2020

 

 

Qui n’a pas connu l’absence ne sait rien de l’amour. Qui a connu l’absence a pris connaissance de son néant – de cette connaissance lointaine qui fait trembler les bêtes à l’approche de leur mort. – Christian Bobin, Une petite robe de fête….

 

Lune bleue… S/Song to the moon / Dvorak « Rusalka » by Gautier Capuçon

Humeur du moment

Il y a un temps où ce n’est plus le jour, et ce n’est pas encore la nuit. Ce n’est qu’à cette heure-là que l’on peut commencer à regarder les choses, ou sa vie: c’est qu’il nous faut un peu d’obscur pour bien voir, étant nous-mêmes composés de clair et d’ombre. Christian Bobin
Lettres d’or, coll. folio…

LUNE BLEUE 

Figée dans la fraîcheur sérotinale de novembre, pas un seul instant, tu n’envisageais la fin. Mais lors de ces soirs de grandes solitudes
vient toujours ce moment
où la réalité se superpose aux rêveries derisoires
C’est souvent à l’heure du clair-obscur
quand il ne fait plus vraiment jour
et pas encore nuit
que la lucidité s’impose…

Il te revient alors le souvenir aiguisé de la nuit dernière d’Halloween
à la lueur étincelante d’une pleine lune bleue
et de ta fuite éperdue à travers les venelles engluées de brumes
Il n’y aurait plus d’après, ni de chansons pour tes matins
Non plus de rêves d’amour pour tes nuits
Au mieux des désirs flous pour les crépuscules solitaires
Au pire des cauchemars comme celui qui venait de te sortir du lit
te faisant oublier presque que la vie commence
là où la peur s’arrête
Sorcière ébouriffée, remontée des Enfers
tu savais bien, pourtant
qu’il n’est de chemin que celui qui mène à la lumière
la beauté, la liberté…
Tu as couru, couru, pieds nus dans cette vieille paire de baskets
qui, elles, connaissent le chemin de la plage
Où, là, très haut dans le ciel, la lune semblait t’attendre,
en se reflétant, tranquille, sur l’océan
Comme pour te rappeler
qu’il faut toujours s’élever au dessus des petites choses

L’heure est peut-être venue de déposer les armes
et de mettre tes tripes sur la table
Ecrire en lettres de sang, à la sueur de ta peine.
Écrire à coup de couteau remué dans la plaie; Et de hache pour briser cette mer de glace
que l’attente a formée en toi.

SOlène
01/11/2020
(Tous droits réservés)

 

WHAT ELSE ?

Cinq poèmes d’automne

(Clic)

La brume de mes pensées… S/ « Lost With You » (Official Video)

Humeur du moment

La terreur est l’hommage que les haineux solitaires finissent par rendre à  la fraternité des hommes. – Albert Camus, L’homme révolté….

La poésie ne doit pas périr
car alors
où serait l’espoir du monde ?
Léopold Sedar Sanghor

LA BRUME DE MES PENSÉES

Hier jeudi, j’ai marché, marché
masquée, dans les rues sous la pluie
perdue dans la brume de mes pensées
pour les victimes de l’attaque au couteau
qui a endeuillé notre pays encore une fois
Et j’ai pleuré, pleuré
pour cette femme de quarante ans qui
baignant dans son sang
a succombé sans haine
avec juste ces mots d’amour:
« Dites à mes enfants que je les aime »

Aujourd’hui dans mon refuge intérieur
de brume, de solitude et de silence
j’ai ravalé ma colère, et je jette l’ancre
La page blanche comme neige sous les yeux
Je m’imagine que tu es là
Il y a du feu dans la cheminée
du champagne rosé dans les coupes
et des bougies.
L’encre va couler à flots
Pour faire naître le poème
Trinquons à la vie, mon amour.
À la musique, à la liberté, à la joie
pour que le crépuscule du monde
ne nous prenne pas.

Dans la brume de mes pensées
il y a du rêve du désir
Il y a toi, comme un rayon de lune
Qui brille dans la nuit de nos vies…

SOlène
30/10/2020

©solenev 2017 🇨🇭

Aujourd’hui est un autre jour…. S / « O solitude, my sweetest choice »

Humeur du moment

 

C’est dans la rosée des petites choses que le coeur trouve son matin et se rafraîchit. – Khalil Gibran…

 

AUJOURD’HUI EST UN AUTRE JOUR

Hier après-midi j’ai eu mal à la vie, mal aux gens
Mal à la terre qui, parfois, tourne à l’envers;
Peur des assassins avant hier, et fui les pervers le lendemain
Il est des jours comme ça où je préfère
Regarder plutôt les belles choses
Pour ne pas avoir à juger les égoïsmes, la légèreté
L’egotisme, le manque de sincérité
Et peut-être même un jour pardonner
La rose arrachée de son jardin
Qu’on a laissé s’éteindre dans l’eau croupie d’un vase
Faute de soins !
Hier soir, je me suis endormie sur mon chagrin
Vidée de mes larmes , déshabillée de ma colère
Avec mon âme qui tremblait rien qu’à l’idée
De devoir faire maintenant sans toi
Et puis ce matin, l’air est étonnamment doux
Du côté du vieux puits au fond du jardin
Les feuilles mortes ont recouvert les fleurs fanées
J’ai même entendu un oiseau esseulé chanter
Alors que j’écrivais de la poésie en buvant mon café

Aujourd’hui est un autre jour.

SOlène
23/10/2020
(Tous droits réservés)

WHAT ELSE ? 

🎧

Composée sur un texte de la poétesse anglaise Katherine Philips, traduit d’un poème original de Saint Amant, « O solitude, my sweetest choice » est une chanson du compositeur baroque Henry Purcell et considérée comme un des chef- d’oeuvre de la musique vocale de Purcell

 Sublime !

🎼

Ô Solitude
Ô que j’aime la solitude !
Que ces lieux consacrés à la nuit.
Éloignés du monde et du bruit,
Plaisent à mon inquiétude !
Ô que j’aime la solitude !

Coup de coeur

💙

Dire à ton cœur… S/ « Sonata for cello and piano in C Major, Op. 119: I. Andante grave – Moderato animato »

Humeur du moment

 

Chaque expérience de beauté, si brève dans le temps tout en transcendant le temps, nous restitue chaque fois la fraîcheur du matin du monde. François Cheng

 

DIRE À TON CŒUR

C’est l’heure où le ciel et l’océan se pâment dans des couleurs d’or et de feu
L’instant magique où les rayons du soleil mourant
Se cueillent du regard comme autant de rayons de bonheur
C’est le moment de dire à ton cœur
Que l’amour qui te fait pleurer, trembler, désirer
Ne doit pas le refermer pour autant
Ni même sombrer dans la peur de perdre
Désirer et posséder, c’est comme un et un
Ça fait deux !
C’est en nous enchaînant que l’amour nous rend libre
Car il nous lie sans nous emprisonner.
Tu auras beau pleurer toutes les larmes de ton corps
Tu ne seras pas plus avancée aujourd’hui qu’hier
Le chagrin n’a jamais rien changé à rien
Ce qui est perdu ne reviendra pas
Seuls les souvenirs rempliront le vide
Et les cicatrices aussi.
A quoi bon lutter contre vents et marées
Les déceptions ne tuent pas, et l’espoir fait vivre
Alors n’oublie pas de dire à ton cœur que
Certes il a ses raisons que la raison ignore
Mais tout passe et tout lasse
Qu’on le veuille ou non, de toute façon

En attendant, comme chaque soir tu es là
assise sur ton rocher, la tête haute face à  la mer
Les mots te sont soufflés par le vent
Pour rien au monde, tu n’aurais loupé
Ton rendez-vous avec l’inconnu du large
Quand soudain de battre, à nouveau ton cœur s’emballe
Au rythme des lames de fond en toi

SOlène

21/10/2020

(Tous droits réservés)

WHAT ELSE ?

🎼

C’est une Sonate pour violoncelle et piano en ut majeur opus 119 ( Prokofiev1949)

1. Andante grave – Moderato animato – Andante grave -Allegro moderato
2. Moderato – Andante dolce – Moderato primo
3. Allegro ma non troppo – Andantino – Allegro ma non troppo

🎧

Prokofiev: 1891-1953

Bruno Philippe: révélation instrumentale  aux Victoires de la musique classique 2018, Bruno Philippe est né  à  Perpignan en 1993.

Solennelle et poétique, la sonate dessine un bel îlot de liberté dans la nuit soviétique.

Comme un éclair  de poésie  dans la profondeur de cette nuit….

Coup de coeur

ON ATTEND TOUS… SUIVI PAR « POESIES »

Humeur du moment

ON ATTEND TOUS

(Complainte d’automne d’un cœur solitaire qui ne sait plus ce qu’il attend)

Au vent des soirs d’automne
Les rêves et les nuages tournent les pages
De la grande aiguille du temps
Et le vent chasse la pluie
Qui reviendra demain entre deux éclaircies
Pendant que les arbres s’effeuillent
Sans que personne s’en étonne

Au fil des heures monotones
La vie réelle se porterait mieux si on lui donnait
Ne serait-ce qu’un soupçon d’irréalité
Au buffet de la gare sur le point de fermer
Ou même encore, sur le quai où le train est en retard
On attend tous quelque part, quelque chose ou quelqu’un.

Au vent des soirs d’automne
Au fil des heures monotones
Sont parties, envolées les hirondelles
Loin des yeux loin du cœur
Mais pour garder l’espoir autant ne pas savoir
Si c’est toi qui ne viendra plus maintenant
Ou mon ‘amour pour toi qui s’en va sans moi

SOlène
15/10/2020

(Tous droits réservés)

L’espoir, ce carburant qui permet d’avancer…. 

🎶

Au bord de la faillite
Je continue d’écrire des poésies
C’est Paris qui m’habite
Je continue d’écrire des poésies
Le téléphone est éteint
Le téléphone est éteint
Le téléphone est éteint
Je ne répondrai jamais plus de rien
Je ne me sens pas très bien
Depuis…

Etc !

WHAT ELSE ?

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Il suivait son idée.
C’etait une idée fixe
Et il était supris
De ne pas avancer

– Jacques Prévert

C’ÉTAIT L’AUTOMNE

Humeur du moment

Je marche éternellement sur ces rivages, entre le sable et l’écume. Le flux de la marée effacera l’empreinte de mes pas, et le vent emportera l’écume. Mais la mer et le rivage demeureront éternellement. – Le sable et l’écume de Khalil Gibran…

Mercredi 7 octobre 2020

 

C’ETAIT L’AUTOMNE

C’était l’automne sur l’ile comme ailleurs
Le vent soufflait fort dans les dunes
Ses longs cheveux mouillés par les embruns
Elle marchait pieds nus sur le rivage

Entre le grondement du ciel, le cri des mouettes
Et la rumeur de la mer aux couleurs des mauvais jours
Je voyais son ombre, ombre de mon ombre
Se confondre avec celle des nuages et l’écume
Qu’en se retirant les vagues laissaient sur le sable mouillé

Elle est rentrée au village sans se presser
Quand on a grandi sur une île et fait de l’océan son élément
On ne craint pas les tempêtes, ni les marées d’équinoxe
Comme les vagues, sans arrêt on déferle, se brise, se ramasse
Puis on repart de plus belle.
Bien sûr que l’amour c’est casse-gueule
Qu’il nous couronne comme il nous crucifie
Mais sans amour on n’est rien
Qu’on en rit qu’on en pleure, c’est aussi ça se sentir exister.

Des odeurs de feu de bois, de pommes au four et de pommes de pin
dont on ne fait qu’une flambée dans les blanches maisons aux volets verts fermés…
C’etait l’automne dehors comme dans les abysses de mon cœur
La nuit tombait déjà, je savais qu’il me faudrait écrire encore
Pour régler la boussole de mon âme
Ne serait-ce qu’au prix de quelques larmes
Qui la laveraient de ses ambiguïtés

Fiction, réalité ?
La question ne se pose même pas
Puisque c’est l’écriture ma réalité

C’était l’automne, le vent n’a jamais été aussi froid que ce soir-là
quand j’ai écrit le premier poème de ce qui serait mon premier recueil de poésie.

SOlène
07/10/2020
(Tous droits réservés)

SOlène

🍂

Il faut encore avoir du chaos en soi pour pouvoir enfanter d’une étoile qui danse. – Ainsi parlait Zarathoustra ( Prologue, paragraphe 5) de Friedrich NIESTSCHE…

MON PETIT MOMENT DE POÉSIE MATUTINALE

Humeur du moment

« Oursi Ourson Ourzoula
Je voudrais que tu sois là
Que tu frappes à la porte
Et tu me dirais c’est moi
Devine ce que j’apporte
Et tu m’apporterais toi

C’est dimanche il est 8 heures
Et je ne veux pas sortir
Et je m’ennuie à mourir
Alors je t’écris mon ange
Une chanson du dimanche
Une chanson pas très drôle
Mais on y ajoutera
Mardi soir un grand couplet
Viens dormir sur mon épaule
Et on ne dormira pas. »

 

 

Oursi ourson ourzoula
Je voudrais que tu sois là
que tu frappes à la porte
Et tu me dirais c’est moi
Devine ce que je t’apporte
Et tu m’apporterais toi

Depuis que tu es partie
j’ai de l’ennui tout autour
ça me ravage le foie
beaucoup mieux qu’un vrai vautour
Et je ne sais plus quoi faire
Alors j’ai pris tes photos
je les pendues au mur
Et j’ai dit regardez-moi
avec vos yeux d’autre part
Ce sont les seuls yeux du monde
Dans lesquels j’ose le voir

Le Bärchen était au mur
Et il s’est mis à pleurer
parce que j’étais si triste
il voulait me consoler

Les autres peuvent me dire
des choses, des choses, des
choses mais que j’oublie vite
toi je sais ce que tu dis
Je me rappelle ta voix
Je me rappelle tes mots

Je t’ai suivie à la gare
je suis monté dans le train
mais il est parti tout seul
Tu disais que je m’en aille
pour ne pas que je m’ennuie
en attendant sur le quai

Plus jamais une seconde
plus jamais sans te toucher
savoir que tu es si loin
ne pas pouvoir y aller
mais comme un pauvre imbécile
Je disais pour quelque jours
se séparer, c’est facile
après tout, s’il arrivait
que tu partes en tournée

Il faudrait nous habituer
mais tu vois si j’étais bête …
Car on ne s’habitue pas
à crever, même en six mois.

Oursi Ourson Ourzoula
Je voudrais que tu sois là
Tes talons dans l’escalier
feraient le bruit que je guette
et tu serais dans mes bras

C’est dimanche, il est huit heures
Et je ne veux pas sortir
Et je m’ennuie à mourir
Alors je t’écris, mon ange
Une chanson du dimanche
Une chanson pas très drôle
Mais on y rajoutera
Mardi soir, un grand couplet
Viens dormir sur mon épaule
et on ne dormira pas

Boris Vian, extrait de Berceuse pour les ours partis. 1951

Bärchen : Ourson ou petit ours en langue allemande

Boris Vian aimait bien surnommer sa femme Ursula Kübler « Ourson ».C’est donc à  elle qu’il adresse cette adorable déclaration  d’amour. Mais cette berceuse restera dans le bureau de Boris Vian pendant des années. Ce n’est qu’après la mort de Boris Vian  qu’Ursula Vian découvrira cette chanson d’amour. Et elle sera  publiée pour la première fois en 1976 dans la revue Obliques.

WHAT ELSE ?

Le temps de terminer ce billet commencé ce matin, et mon café est froid ( pour ne pas changer) .

Et vous savez quoi ? Je vous emmène jusqu’à l’appartement parisien de Boris Vian., où  je vais vous laisser pour une visite des lieux bien sympathique.

Belle journée, à  plus tard.

Des mots du bout du monde…. Suivi par « 24 heures dans « le phare du bout du monde »

Humeur du moment

Je regarde ce paysage un peu gris où, soudain, ton sourire m’éclabousse. – Cécile Coulon, Difficile ( Les ronces)…

Le phare du bout du monde, à 600 mètres au large de la plage des Minimes à La Rochelle…

DES MOTS DU BOUT DU MONDE

Et puis, il y a des jours comme aujourd’hui…
Des jours où le ciel prend la couleur d’un vieux jean délavé
tout déchiré de gris par les nuages
Ces gros nuages qui passent au rythme de mes pensées
Allongée sur le temps, les pieds en hier, la tête en demain
je pense encore à toi…
Tandis que mon coeur, lui, répond « présent » au vent du large
encore et toujours ce même vent qui gonfle les voiles de plaisance
tout autour du phare du bout du monde,
je t’écris à plat ventre, les tripes à même le sable
avec l’espoir qui se retire comme la mer
et le moral à marée basse
Car jamais personne n’entend les cris muets
qui prennent la forme des mots sur le papier
Alors que moi, je voudrais juste entendre ta voix
pour pouvoir lever les yeux, et te voir là
au moment où tu me dirais
bah oui, je suis venu jusqu’au bout du monde
parce que moi aussi, je n’ arrête pas de penser à toi

SOlène
Les Minimes
18/06/2020

La poésie peut guérir de tout. – Fernando Pessoa…

 

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La légende dit que toute son enfance a été bercée par les romans de Jules Verne. Mais l’aventure a vraiment commencé il y a 27 ans. quand le navigateur, André Brunner alias Yull découvre sur un voilier un livre de Jules Verne, « Le phare du bout du monde ».

Un peu plus tard, donc, il décide de partir à la recherche de ce phare mythique et de filmer lui-même son expédition. C’est près du Cap Horn sur l’Île des États qu’il finit par en apercevoir des débris.

Il reviendra en 1998 avec des amis rochelais pour reconstruire le phare de San Juan Del Salvamento en – tenez-vous bien, 6 semaines ! Il faut aussi savoir que pour financer cette expédition hors norme, André Brunner avait construit une maquette ( aujourd’hui plantée dans son jardin). Laquelle maquette aura permis au navigateur de convaincre la mairie de la Rochelle à son retour du Cap Horn; le but étant de poursuivre l’histoire en construisant un second phare ( réplique du premier) au large de la pointe des Minimes.

Le phare du bout du monde de La Rochelle fête ses 20 ans cette année. C’est à cette occasion qu’il héberge des gardiens et gardiennes éphémères, et qu’il fait l’objet de très beaux reportages sur les différentes chaînes tv.

SOlène

La tarte aux noix ayant perdu de sa fraîcheur depuis samedi, je vous l’ai remplacée par un bon café…

PREMIER RETOUR… SUIVI PAR « CONSOLATIONS « 

Humeur du moment

Merci à toi, ma Coccinelle pour ton retour ❤🐞

PREMIER RETOUR

Jeudi 1er octobre 2020

Et voilà ….
94 pages , des tonnes de kilos d’amour et de chagrin bercés par la mer, le ressac , les embruns et le vent … le gris , le bleu , ces coloriages de sentiments que tu manies si bien .
Merci , oui merci de ces pages caresses , tendresse .
Ces 94 pages de toi . Humble , tranchante mais surtout aimante .
Merci pour ces sourires , ces baumes, et ces larmes aux yeux qui s’appellent tous espoir chez toi …
cette générosité quand pourtant tu voudrais tout garder.
La poésie ne saura pas trouver autant de lecteurs que ceux qui préfèrent se cacher dans la fiction , l’humour que sais je ? Tout ça pour te dire que « L’orage ou la flûte » , « Le tee-shirt blanc »….. un public large .
Pour « Le printemps reviendra , il revient toujours » c’est une flèche que tu tires dans le cœur de ceux qui aiment plus fort que les autres , qui souffrent plus fort que les autres ….
Merci pour ce tu donnes et partages, merci de qui tu es …

Je t’aime

Ludivine

♥️

Oui, Ludivine, il s’agit bien du restaurant de ton amie Séverine, Le bateau ivre à La Rochelle…

CONSOLATIONS

Haleine d’aurore iodée, filet de lumière
Par la fenêtre ouverte, un courant d’air frais est entré
Sur le rythme d’une habanera
Ce matin encore, j’ai chanté Carmen à tue-tête sous la douche:

« L’amour est un oiseau rebelle
Que nul ne peut apprivoiser »…

Pour après danser la seguedille,
nue comme un vers dans l’appartement
Aussi plus tard, j’ai sauté à cloche-pied sur les pavés des remparts
En m’imaginant que c’était ceux de Séville
Et là, je me suis dit que si tu avais mis autant de cœur
À faire durer l’amour – notre amour
Que tu en as mis pour faire éclore en moi ces sentiments si forts
Nous n’en serions peut-être pas là – mais peu importe
Attablée en terrasse devant des fruits de mer au Bateau ivre
Je n’y pensais déjà plus
Quand bien même, en sortant du restaurant
J’avais toujours cet air-là en tête:

« L’amour est enfant de bohème
Il n’a jamais connu de loi »….

J’ai acheté une barbe à papa chez Dédé la praline
Que j’ai mangée en regardant partir les bateaux de croisières Inter-iles
J’ai fait des bulles de savon en haut de la tour Saint Nicolas
Et poussé un sprint du Vieux port jusqu’aux Minines
Où là, assise sur la plage face au phare du bout du monde
Je laisse glisser le sable entre mes doigts
Ne serait-ce que pour sentir le temps couler, s’écouler ….
Le laisser d’égrainer sans compter, et oublier
M’oublier dans un instant de rêverie contemplative.
Il y a la mer et le soleil – même caché derrière les nuages
Je sais qu’il est là
Au moment juste où je viens de comprendre
Que personne n’est invincible
Et que certains rêves meurent
En même temps que l’amour.

« Si tu ne m’aimes pas, je t’aime
Et si je t’aime, prends garde à toi »….

SOlène
15/07/2020

Par Nolwen Leroy pour changer. J’aime bien…

WHAT ELSE ? 

Bon week-end à tous. Et merci  à vous qui me suivez sur ce nouveau blog. A bientôt !

SOlène

Un désir nommé poésie… en vers et contre tout !

Clic ICI *

« La disparition, où es-tu Fanny L. » -roman en ligne, chapitres 1 et 2

Mis en avant

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MON AMIE FANNY A DISPARU -Leila était déjà venue la veille, pour signaler cette disparition qui n’inquiétait qu’elle. En fait, un adulte qui disparaît, c’est banal à pleurer, et il n’y avait qu’elle, Leila, pour renifler aussi peu discrètement, alors qu’elle venait de lancer la procédure de signalement et de recherche officielle  auprès des services compétents, comme il est prévu dans l’article 6 de la charte de l’Accueil du public et l’assistance aux victimes, affichée dans le commissariat de police.

-Bon, je garde la photo de votre amie. Toutefois, comme je vous le disais hier, tout majeur disparu peut lors de sa découverte, s’opposer à la  communication de ses nouvelles coordonnées.

-Euh, je dois comprendre que, si vous la retrouvez, il se pourrait que je ne le sache pas?

-Bien sûr que si, vous serez informée, mais sans plus de détails.

SOUPIR…

-Vous comprenez, j’espère: Fanny n’est pas du genre à disparaître, comme ça, du jour au lendemain, sans donner d’explications à son entourage? (Re-soupir)… Et surtout pas à moi qui suis sa meilleure amie depuis nos années collège. En plus, nous partageons le même appartement.

-Je comprends. Oui, je comprends l’inquiétude soulevée par un tel changement de comportement. Cependant, les statistiques sont là pour prouver que, dans la plupart des cas, il y a plus de peur que de mal.

-Sauf que j’ai quelques indices pas très rassurants, car non seulement ça fait cinq jours que je suis sans nouvelles de Fanny, mais lorsque j’essaie de la joindre sur son portable, je tombe directement sur le répondeur. Et ce, quelque soit l’heure… (Et que je renifle encore un bon coup !). Or, ce qui me rend de plus en plus folle d’inquiétude au fil du temps qui passe, c’est que Fanny n’était plus la même depuis sa rencontre avec l’autre…

A ce moment là, précisément, Leila se mordit les lèvres très fortement, comme si elle voulait empêcher le mot, « psychopathe », de sortir de sa bouche si sèche, qu’elle ne pouvait plus déglutir. Elle se tortillait sur le siège inconfortable, les entrailles  liquéfiées. Et malgré la chaleur étouffante qui régnait dans la pièce exiguë, elle frissonna en essuyant d’un revers de main, les gouttes de sueur froide qui perlaient de son front.

L’autre ? Le flic semblait l’interroger du regard.

-Nan, rien. C’est juste une impression que j’ai eue en voyant la photo de ce type. Laid à faire peur.  J’me suis souvent demandé ce que Fanny pouvait bien lui trouver… Mais depuis ce coup de foudre sans doute trop beau pour être vrai, elle ne me disait plus rien du tout. Aussi je me suis dit qu’elle était peut-être tombée sur un sinistre crétin. En tout cas, ces derniers jours, je voyais bien que quelque chose la mâchait…

-On ne sait jamais tout d’une personne, aussi proche de nous, soit-elle.

-Ben ça…

« C’est le moins qu’on puisse dire », pensa Leila. Mais elle n’avait pas fini sa phrase, parce qu’elle se reprochait d’en avoir peut-être déjà trop dit, et elle resta silencieuse jusqu’à ce que son interlocuteur se lève.

-On se tient au courant mutuellement. Au revoir madame.

-Entendu. Merci beaucoup.

Oui, elle avait éprouvé une certaine gratitude envers ce flic qui en réalité ne faisait que son boulot, tout simplement parce qu’il s’était montré un brin compatissant. Mais plus encore, parce que sa poignée de main signifiait la fin de l’entretien, et tandis que l’émotion avait laissé la place à une angoisse qui lui coupait presque la respiration, Leila n’avait plus qu’une hâte, sortir de cette fournaise où elle brûlait comme en enfer… respirer l’air plus frais de cette fin de journée de juillet… marcher pour dégourdir ses jambes lourdes…

Aussi, elle arrivait maintenant au n°3 de la rue où elles habitaient, Fanny et elle. Son amie occupait tellement son esprit qu’en se regardant dans la vitrine du libraire, en bas de leur immeuble, elle la vit derrière elle, puis posée sur son épaule, comme une colombe. Soudain un parfum douceâtre et sucré de vanille flottait dans l’air tiède, un peu écoeurant, comme ce jour-la dans l’avion qui les ramenait d’un week-end prolongé à New York. La colombe ! Comment n’avait-elle pas pensé plutôt à cette histoire de colombe que lui avait racontée Fanny, après ce vol transatlantique pourtant mémorable ? La colombe et ce drôle de magicien habillé tout en noir qui a mis sa cape sur elle, et -hop, plus de colombe ! Monde de merde content du spectacle, mais qui ne se souciait même pas de savoir ce que cette colombe était devenue ! Eh bien, elle, Leila, se jura de remuer ciel et terre, mais elle saurait.

2

En arrivant dans l’appartement, Leila vit Gladys, la voisine du sixième qui l’attendait en fumant une cigarette, à la fenêtre de la cuisine.  Etudiante en lettres, Gladys rendait de menus services aux gens de l’immeuble qui la gratifiaient d’un billet, en échange de quelques courses chez les petits commerçants du coin, un coup d’aspirateur par ci par là, une peu de baby-sitting… enfin tout ce qui lui permettait de finir le mois, sans trop crever la dalle. C’est pour ça qu’elle avait les clefs de l’appartement de Leila et de Fanny, avec lesquelles elle était devenue amie, et on ne comptait plus les soirées pyjama entre filles, qu’elles passaient à refaire le monde jusqu’à pas d’heure.

– Alors ?

Gladys venait d’éteindre sa cigarette à moitié consommée dans le cendrier posé sur le rebord de la fenêtre grande ouverte.  Levant une main pour glisser une mèche de ses cheveux derrière son oreille, elle dévisagea Leila un moment, comme pour chercher dans cette mine tirée, la réponse qui avait tant tardé à venir.

-Rien, fit Leila en soupirant. Aucune nouvelle. Là, je reviens du commissariat, mais si tu veux mon avis, ce n’est pas sur les flics qu’il va falloir compter. Pour les faire bouger, il faudrait des arguments autrement plus béton que le simple fait d’avoir été plantée par ma meilleure amie, avec un loyer de deux mille Euros sur le dos.

-Ah oui ?! Et que Fanny soit tombée dans les pattes d’un psychopathe, ce n’est pas un argument béton, peut-être ?

-Ben euh… c’est à dire que… oui, je trouve que ce mec a une gueule de psychopathe. Mais qu’est-ce qui me prouve que c’en est un -hein ?  Il est laid, horriblement laid -et après ? J’me vois mal dire au flic, « mon amie sort avec un mec tellement affreux que, c’est forcément un serial killer ».  T’imagines, si tous les moches étaient des tueurs potentiels, on serait en sécurité nulle part.

Assise à la table ovale en marbre recouvert de deux sets aux couleurs indiennes, Leila qui avait rempli d’eau bouillante un mug anglais, rajouta un sachet de thé vert.

-Oh sorry, Gladys, je n’ai même pas pensé à te demander si tu en voulais un ?!

Sur le plan de travail, à côté des filles, la bouilloire était débranchée, mais le bec fumait encore.  Gladys y jeta un regard rapide, hésitante:  » ça me tente, mais déjà qu’avec les trois litres d’eau que j’ai bus aujourd’hui, je n’arrête pas de pisser »…

-Nan, finalement,  j’prendrai un kawa, plus tard. Dis-moi, Leila: pour en revenir à Fanny, ça faisait longtemps qu’elle sortait avec ce type ? C’est bizarre, parce qu’elle n’en parlait jamais.

-« Sortait » est un bien grand mot, dans la mesure où ils ne se sont presque jamais vus.  Une ou deux fois, trois, tout au plus. « Ce n’est pas de sa faute à lui, ni la mienne, qu’elle me disait. Il vit là-bas, moi ici. Il a ses obligations, moi les miennes ».

-Ben justement, comment ils se sont rencontrés ?

-Alors ça, mystère et boule de gomme ! Tout ce que je peux te dire, c’est qu’en novembre dernier, Fanny est partie tout un week-end. Et comme c’était la première et qu’elle ne m’avait pas prévenue avant, ne la voyant pas rentrer le vendredi soir, je l’ai appelée. C’est là qu’elle m’a répondu de ne pas m’inquiéter, mais qu’elle allait être obligée de raccrocher. J’ai compris qu’elle se trouvait dans un train, parce que j’entendais une voix masculine derrière, qui, sortant d’un haut parleur SNCF, annonçait aux voyageurs que le train entrait en gare de Clermont-Ferrand, le terminus. Puis, ça a coupé, alors que Fanny me disait, « bisous, à dim… « .  Après, impossible de la joindre, elle avait éteint son portable. Clermont-Ferrand ?! J’étais sciée ! Attends, y’a rien dans ce bled, à part Michelin. Je le sais pour l’avoir vu au journal télévisé.  Clermont-Ferrand, c’est un trou au milieu des montagnes, pour ne pas dire de nulle part.  Sont désertiques les montagnes, et rondes, pas comme ailleurs…  Puis, au fond de ce trou, t’as un clocher, des toits de maisons et surtout Michelin… Michelin avec ses ouvriers en grève qui gueulent devant l’usine.  Et pardessus tout ça, du brouillard. Plein de brouillard !  Un brouillard épais, crasseux…  Qu’est-ce Fanny pouvait bien faire, dans cette ville recouverte de brouillard ? J’ai passé le week-end à penser à ça…

Leila s’arrêta de parler, pour boire son thé à petites gorgées. Malgré l’heure avancée du soir, la température extérieure était encore très élevée. Le thé ne risquait pas de refroidir.

Le soleil se couchait maintenant sur les toits des immeubles, en face, embrasant les façades haussmanniennes. Gladys se ralluma une cigarette. Debout, elle apparaissait de dos, devant la fenêtre, soufflant sa fumée sur le dehors…  Puis elle fit une pirouette sur ses baskets, afin de relancer la conversation, tout en observant Leila dont le regard fixait les carreaux de faïence au dessus de l’évier.

-Elle a bien dû te dire quelque chose, Fanny, après ce week-end en Auvergne.

Leila se contenta de répondre par une moue qui semblait affirmer que non. En fait, dans sa tête,  elle revoyait Fanny débarquer  de Clermont-Ferrand -sac à dos sur une veste de l’armée, casquette assortie à son pantalon de treillis et des rangers boueuses aux pieds. « Mais… mais, c’est quoi c’t’accoutrement ? A y’est c’est fini, le glam ? (Fanny était journaliste free-lance dans la mode) Un journal qui t’a expédie pour un reportage éclair en Afghanistan ? »… Aussi Fanny l’avait envoyé balader, lui répondant que ce n’était pas parce qu’elles étaient now colocataires, que ça l’autorisait à s’immiscer dans sa vie privée. « Je ne m’occupe pas de ta vie, ne t’occupe pas de la mienne, s’il te plait, Leila ». Sur ce, non seulement Fanny était parti directement se coucher, mais elle avait évité  les têtes à tête avec Leila au cours de la semaine qui suivit.

-Leila ?

-Oui ?

-Si ça se trouve, ce mec est ouvrier chez Michelin. Ce serait déjà plus plausible que magicien, nan ?

-Ben pourtant, un jour où elle était mieux disposée, Fanny m’a montré une photo de lui, dans sa tenue de magicien.  Elle m’a expliqué qu’il contactait des présidents de clubs du troisième age, des délégués de comités d’entreprises, des responsables de maisons de retraite ou dans les mairies, pour leur proposer des spectacles.

– Ah ouais?! Elle t’a expliqué ce qu’il faisait comme tours de magie, Fanny ?

-Entre autres, qu’il mettait sa cape ou son chapeau -chais plus, sur une colombe qu’il tenait sur sa main, et -hop, la colombe disparaissait.  D’ailleurs, ça, elle me l’a raconté le lundi de Pentecôte, ça ne s’oublie pas !  Parce l’avant veille, dans l’avion, en revenant des New York, on avait traversé des zones de turbulences, et tout le monde flippait. Sauf elle. Ce n’est  qu’après qu’elle m’a avoué qu’elle aurait voulu être cette colombe, et pouvoir disparaître de sa main à lui.  Sans qu’aucun crime ne soit commis, pour qu’il n’y ait pas de  coupable, et que personne ne se demande pourquoi…

– Ben putain, elle était déprimée !

-Tu penses: il n’était plus là, alors elle ne voulait plus être là, non plus. Parce que figure-toi que, pendant tout le séjour dans la Big Apple, elle a trimballé son portable partout où on allait. C’est tout juste si, elle ne dormait avec.  Accrochée à la certitude qu’il était arrivé quelque chose de grave à son mec, parce qu’il ne l’appelait pas d’avantage qu’il ne répondait, quand c’était elle qui essayait désespérément de le joindre.

-Peut-être qu’il voulait la quitter, et qu’il avait éteint son portable, tout simplement pour ne pas avoir à lui donner d’explications. Les hommes sont lâches, tu sais…

-J’en sais rien. Ou plutôt si, je sais une chose: c’est qu’ensuite, Fanny ne m’a plus jamais rien dit. Dès que j’essayais de savoir pourquoi elle paraissait si contrariée, elle se renfermait sur elle-même, comme une huître dans sa coquille, et passait tout le reste de la soirée, silencieuse et concentrée devant l’ordi.

-Ben moi, tu vois, ça me la coupe tout ça. Parce que déjà, les auvergnats, je les imaginais plutôt descendants de bougnats qu’ouvriers chez Michelin. Et surtout pas magiciens !  Tu savais, toi, que Fanfan le patron du Belvédère est clermontois ? Tiens, demain, en allant chercher mes clopes, j’essaierai de le brancher là-dessus.

– Le brancher sur quoi ?

– Ben la disparition de Fanny, pardi. Fanfan, Fanny… c’est chez lui qu’elle va boire son express, tous les matins avant de prendre le métro. Pis, j’lui demanderai si, par hasard, il ne connaitrait pas un clermontois comme lui, qui serait magicien…  Ooooh mais, j’ai même une idée encore meilleure: madame machin, la voisine du dessous, elle travaille dans une boite où, chargés par des créanciers, ils recherchent des gens qui sont partis en laissant une ardoise.

-Oui, et alors ?  Je suppose que lorsqu’un créancier demande à madame machin de retrouver un mauvais payeur, il lui fournit un minimum d’éléments pour la mettre sur la piste. Le nom, prénom, la date de naissance… un lieu de départ…

-Hé, le lieu de départ, on l’a. C’est bien Clermont-Ferrand, non ?

-Bien sûr. Mais le reste ? Bon sang, Gladys !  Fanny qui est du 24 mars m’a dit que l’anniversaire de Sam… purée, je me ferais jamais à ce prénom ! J’ai connu un chien qui s’appelait Sam. Oui, bon passons. Je disais donc que Fanny qui est du 24 mars m’a dit que l’anniversaire de Sam, tombait deux jours après le sien.  Il serait donc du 26 mars. Et l’année va-t-être facile à trouver, puisque d’après Fanny encore, Sam avait dix ans, l’année où Elvis Presley est mort.  Euh, tu le sais, toi, en quelle année, il est mort, Elvis Presley ?

-Nan, mais on va demander ça tout de suite à notre ami Google.

Elles foncèrent directement dans la salle de séjour où se trouvait l’ordi.  Et après avoir trouvé ce qu’elles cherchaient -l’année de la mort du king, nous sommes d’accord, n’est-ce pas ? Alors oui, seulement après ça, elles iraient sonner chez la voisine du dessous. Mouais…  sauf qu’il leur manquerait le nom de famille, et que, tout à leur excitation, elles n’y songeaient pas encore.

Ce jour-là de juillet venait tout juste de s’incliner devant la nuit tombée d’un coup. Aussi, après avoir mis l’ordi en route, elles allumèrent la lampe sur le bureau. Ou plus exactement,  l’une alluma la lampe, pendant que l’autre filait dans la cuisine, pour préparer deux tasses de Nescafé qu’elle ramena sur un plateau.  La nuit serait longue…

3

Au même moment, dans une forêt d’Auvergne, à proximité d’un lac de cratère, un homme qui s’était endormi au pied d’un arbre en fin d’après midi, se réveilla en sursaut. Sans doute avait-il senti la nuit le recouvrir de son linceul. Il frissonna, se demandant où il était…

A suivre…

(Tous droits réservés)

 WHAT ELSE?

chapitres 3 et 4*

JE VIS PAS MA VIE, JE LA RÊVE

Humeur du moment

Le soleil se lève et moi aussi
C’est comme une maladie,
Que j’aurais chopé quand j’étais tout petit
Et qui va pas m’lâcher
Avant qu’j’en crève

Jacques HIGELIN
Extrait de « Parc Montsouris » (Album « Tombé du ciel »)

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J. H. comme jeune-homme. Éternel jeune-homme… Poète lunaire, grand amoureux des mots, baladin charmant (et charmeur), troubadour fan de Trenet depuis sa plus tendre enfance…Enfant rebelle devenu plus tard électron libre, fantasque et provocateur, un peu lutin… il était souvent là où on ne l’attendait pas; en tout cas, émouvant et humble, toujours…. Jacques Higelin croquait la vie; il était curieux de tout; parfois capable d’extravagances verbales comme de renfermements soudains… Un artiste unique, vraiment à part dans le monde de la chanson française, et particulièrement attachant !

Cela a fait trois ans le 6 avril dernier, qu’il nous a quitté. Oui, déjà. Mais, heureusement, il nous a laissé, en plus de ses chansons, des petits bijoux d’écriture; des poèmes et des textes bouleversants.

Dans « Je ne vis pas ma vie, je la rêve », Jacques Higelin nous dit tout (ou presque). Le titre de ce livre co-écrit avec Valérie Lehoux ( journaliste à Télérama ) résume à la perfection le ton du livre. Un récit à double voix narrative, avec l’écriture de Jacques Higelin alternée par celle de Valérie Lehoux dont les commentaires s’insèrent avec pudeur ( afin de respecter celle du chanteur) et beaucoup de délicatesse dans chacun des chapitres, où ce qui doit rester privé le reste (pas de photos)… Mais si on connaît l’amour d’Higelin pour ses 3 enfant, Arthur H, Ken et Izia, on découvre en 400 pages, l’enfant qu’il fut, puis l’homme ( si touchant) qui a su garder son âme d’enfant… C’est rempli d’anecdotes, d’histoires de rencontres, de confidences…
Si maître Jacques,i le chanteur se montre exubérant sur scène et quelques fois sur des plateaux TV, l’homme, lui, est secret et sensible. Alors il « nous dit ce qu’il veut bien nous dire. Mais quand il le fait, c’est avec franchise et sans détour »…
Fan ou pas d’Higelin, que du bonheur dans ce livre. Du coup, j’ ai envie de dire, « champagne pour tout le monde. Et du caviar pour les autres ». Un bien beau et grand moment de lecture * ( vous l’aurez compris: je l’aime, moi, Jacques Higelin).

SOlène

PS:  sorti en livre de poche également

 

Un peu de douceur (s) dans ce monde de brutes… Coup de ❤

 

4ème de couverture :

J’entendais ma grand-mère chanter dans le jardin. Elle avait une voix délicieuse. Après le boulot, mon père se mettait au piano et nous accompagnait. Plus tard dans la soirée, avant d’éteindre la lumière, il nous racontait des histoires, à Paulo et à moi. Je m’endormais au son de l’harmonica de mon papa. C’est drôle… Pendant des années, j’ai joué un air de guitare à Izïa et chanté au pied de son lit pour l’aider à s’endormir.

Cinquante ans après son premier enregistrement ; quarante ans après la déflagration rock de BBH ; trente ans après son gigantesque spectacle de Bercy, Jacques Higelin se raconte. Et raconte ceux qui comptent pour lui. La naissance dans la guerre, la découverte du jazz puis du théâtre, le service militaire en Algérie, les spectacles expérimentaux avec Brigitte Fontaine, la vie en communauté, la drogue, la tornade du rock, les années dans la dèche, les grandes mises en scène, les peurs et les bonheurs, les voyages, les enfants… Un chemin de liberté folle et de découvertes permanentes, sur lequel on croise, entre autres, des cascadeurs, le guitariste Henri Crolla, Moustaki, Peter Brook, Jacques Canetti, un conteur de Marrakech, Trenet, Jacno ou Barbara.

Ce voyage, Jacques Higelin le fait aux côtés de la journaliste Valérie Lehoux, critique à Télérama et auteur d’une biographie de Barbara (Fayard). Leur récit musarde sans cesse entre passé et présent, reflet de la personnalité d’un homme qui se promène dans la vie sans se soucier du temps.