MA TÊTE SUR TON ÉPAULE

Humeur du moment

« Il y a dans la voix, dans le regard, dans tout l’être de ceux que nous aimons, un fluide magnétique, une sorte d’auréole, non visible, mais sensible au toucher de l’âme, si je peux parler ainsi, qui agit puissamment sur nos sensations intimes. » – George Sand, Lettres d’un voyageur (1834)…

MA TÊTE SUR TON ÉPAULE

Dans la nuit noire qui m’enserre,
noyée dans cette mer immense
qu’est le manque de toi
j’ai froid de ton absence.
Froissement d’ailes d’un papillon
attiré par la lumière tamisée
de la lampe de chevet…
Mes paupières se ferment
et le souvenir jaillit
du fin fond de ma mémoire,
malgré le voile tenu du temps;
le temps qui s’engouffre dans les mots;
le temps et son errosive marée.
C’était un soir d’hiver
dans un moment d’abandon.
J’ai posé ma tête sur ton épaule…

Dans le grain de ta voix le lendemain,
dans le gazouillement des oiseaux,
le clapotis de l’eau au matin
et la douce respiration du marais,
ce grain de peau qui parcourait mon corps,
comme un tremblement animal,
c’était déjà l’amour dans tout son éclat.
La bête du cœur sait ça d’instinct.

SOlène
09/06/2021
( Tous droits réservés)

WHAT ELSE ?

TE DIRE

Humeur du moment

« Nous sommes sans arrêt confrontés
à des séparations. La vie a une main
qui plonge dans notre corps, se saisit
du cœur et l’enlève. Pas une fois, mais
de nombreuses fois. En échange, la vie
nous donne de l’or.
Seulement, nous payons cet or à un prix
fou puisque nous en avons, à chaque fois,
le cœur arraché vivant »
Christian BOBIN

Photo prise dans une librairie de Guérande, ville mediévale (44)… © solenev79

TE DIRE

Avoir les mots vrais, ce n’est pas cracher
ses émotions, ses rancœurs, ni ses peurs
Mais alors, comment ne pas se laisser submerger?
Peut-être tout simplement en se taisant
et en allant se cacher dans un trou de souris.
Aussi, si le choix que j’ai du faire, l’an passé,
m’a arraché le cœur qui a saigné des mois durant,
sans que je puisse t’expliquer mes fuites en avant,
je ne me suis jamais menti à moi-même.
Au fond de moi, je savais pertinemment
que l’amour n’a rien à voir avec l’attachement.
Lequel n’est que sentiment de possession
Ce n’est pas aimer, que faire de l’autre
l’objet de ses fantasmes, reflets d’une masculinité dominatrice;
ni le vouloir à soi, comme en prison, pieds et poings liés…
L’amour est liberté; la liberté est amour…

Comment, mesurer la valeur des choses,
leur beauté et cette précarité qui, parfois,
fait d’un seul instant, une éternité,
sans le manque dans l’absence ?
Certes, le silence contient tous les « je t’aime »
qu’on ne s’est plus jamais dits.
Mais l’absence a fini par ne plus saigner;
elle cicatrise, se fait présence concentrée
et tu m’accompagnes partout où je vais…
C’est pour ça qu’aujourd’hui, je suis en mesure
de te dire que j’ai trouvé le chemin que plus rien n’obcurcit;
Les mots des poèmes ont percé la noirceur du ciel
dans lequel notre histoire s’écrit, enfin.

SOléne
01/05/2021
Tous droits réservés

… « La vie a deux visages : un émerveillant et un terrible. Quand vous avez vu le visage terrible, le visage émerveillant se tourne vers vous comme un soleil.  » – Christian BOBIN…

WHAt ELSE ?

 

« C’est une voix d’une telle beauté, c’est un objet d’art qui fait partie du patrimoine mondial de la beauté ». Le pianiste Philippe Cassard avait accompagné Christa Ludwig ; il lui rend hommage dans ‘Portraits de Famille.’

Clic ICI *

FLEUR LIBERTÉ… SUIVI PAR « PARS »

Humeur du moment

C’est vrai – et d’ailleurs, je n’ai jamais dit le contraire: je fuis.
Simplement, je fuis, non pas l’amour, mais tout ce qui pourrait me contraindre, ou m’imprisonner. Car pour me sentir exister, et non pas seulement en vie, la liberté m’est aussi indispensable que l’air que je respire. – SOlène…

FLEUR LIBERTÉ

Sur une plage de mon île
le nez au vent du large
je rêve de m’envoler
de la terre au soleil.

En passant par le ciel de tes yeux,
voyager à travers les nuages.
Puis retomber amoureuse de toi
comme la petite goutte d’eau sur la mer.
Et mon amour absolu
de ne faire qu’un avec elle…

Alors, c’est vrai – et d’ailleurs
je n’ai jamais dit le contraire:
je fuis…
Simplement je fuis – non pas l’amour,
mais tout ce qui pourrait me contraindre
ou m’emprisonner.
Car pour me sentir exister –
et non pas seulement en vie,
tu m’es aussi indispensable
que l’air que je respire.

Fleur liberté
sur le sable mouillée
je t’ai dessinée…

SOlène
05/04/2021

(Tous droits réservés)

WHAT ELSE ?

Quand bien même, ce billet est planifié pour demain matin, je ne peux pas laisser passer la journée sans avoir une pensée pour Jacques Higelin, mon poète chanteur préféré, mort le 6 avril 2018. Ça fait trois ans aujourd’hui…

🎧

🎼

Pars, surtout ne te retourne pas
Pars, fais ce que tu dois faire sans moi
Quoi qu’il arrive je serai toujours avec toi
Alors pars et surtout ne te retourne pas
Oh pars
Mais l’enfant
L’enfant mais il est là, il est avec moi
C’est drôle quand il joue
Il est comme toi, impatient
Il a du cœur, il aime la vie et la mort ne lui fait pas peur
Alors pars
Surtout ne te retourne pas
Oh pars
Mais qu’est ce que t’as
Oh pars et surtout reviens-moi vite

Jacques HIGELIN

« Ceux que j’aime, je ne leur demande que d’être libres de moi et ne jamais me rendre compte de ce qu’ils font ou de ce qu’ils ne font pas, et bien sûr, de ne jamais exiger une telle chose de moi. L’amour ne va qu’avec la liberté. La liberté ne va qu’avec l’amour. » – Christian Bobin, L’épuisement, p.116, Éd. Le temps qu’il fait…

 

MARIAGE D’AMOUR ( « CHOPIN – SPRING WALTZ)

Humeur du moment

Une vidéo superbe: « Mariage d’amour » ( Weding of love en anglais) est une célèbre composition de musique classique contemporaine pour piano et orchestre symphonique composé en 1978 par Paul de Sennevile ( né en 1933) et enregistrée avec succès par le pianiste parisien Richard Clayderman pour son album  » Lettre à ma mère » de 1979. Elle est souvent faussement nommée « Valse du printemps » ( Spring Waltz) et attribué à Frederic Chopin. Ce qui n’est bien évidemment pas le cas, et je tenais a le préciser.

🎧

L’esprit raisonne, l’âme résonne
L’esprit se meut, l’âme s’émeut
L’esprit communique, l’âme communie.

François Cheng – De l’âme

 

(…)

Je finirai dans la journée ce recueil de poèmes écrits pour toi
Que le plus grand nombre sans doute lira
Mais peu importe, au fond, ce que les autres croient
L’important c’est que toi tu saches le pourquoi du comment
Je me suis improvisée poétesse cet hiver-là
Où il faisait si froid que le vent en soufflant
Secouait les volets qui grinçaient des nuits entières
Et les saules que j’ entendais gémir dans des brumes interminables

Personne ne saura jamais tout ce qu’on s’est dit
Ni rien, non plus, de nos étreintes fulgurantes certaines nuits de pleine lune
Quand je devenais ta louve à toi, à la lueur d’un feu de bois
Plus tard la poésie m’aura permi de comprendre
Qu’on peut être une jeune-femme et à la fois une vieille âme
Et que du manque, nait le désir, nous sommes donc des enfants du désir
Toi que j’ai sûrement connu et aimé dans une vie antérieure
On se retrouvera dans une autre, pour ne plus se quitter, c’est certain

En attendant je ne sais plus quoi te dire que tu ne saches déjà
Si l’hiver prochain te semble long
si certaines nuits de grande solitude tu as froid
Alors dis-toi que « Le printemps reviendra, il revient toujours »

SOlène – extrait du poème « A toi » recueil « Le printemps reviendra, il revient toujours » sorti le 21/09/2020 chez  TheBookEdition * (clic*)

Et le printemps est revenu !

WHAT ELSE ?

LES POST-ITS

SOUS LE TILLEUL EXACTEMENT

ÉTERNEL PRÉSENT

Les trois premiers poèmes de mon troisième recueil en cours. Le deuxième, « Au milieu de l’hiver, j’ai découvert en moi un invincible été »est à  paraître (la date de sortie a été reportée à la fin juin en raison de la situation sanitaire)…

C’est par l’ecriture toujours qu’on penetre le mieux les gens. La parole éblouit et trompe, parce qu’elle est mimée par le visage, parce qu’on la voit sortir des lèvres, et que les lèvres plaisant et que les yeux séduisent. Mais les mots noirs sur le papier blanc, c’est l’âme toute nue. – Guy de Maupassant, Notre cœur….

ÉTERNEL PRÉSENT… S/ SONATE AU CLAIR DE LUNE – BEETHOVEN…

Humeur du moment

“Le poème est l’amour réalisé du désir demeuré désir.” – René Char, Fureur et mystère…

 

 

La mer, les vagues
Vague à l’âme
Lame de fond…
Il suffirait de mettre des mots
sur les maux
ou sur ma peau d’écume.

« De deux choses lune l’autre, »
c’est le soleil », dirait Prévert.
Tout ce qui fut fleur aujourd’hui
sera miel demain
Mais dans la suite infinie des souvenirs,
rien n’existe avant après.
Alors écrire à qui ?
Et pour dire quoi?

Plus envie de parler de moi
Il se repose le moi
Des longues nuits d’hiver sans sommeil,
des petits matins gris où j’ai eu froid
sans tes bras;
et peur qu’ils soient sans lendemains;
comme ça, loin de toi.

Allongé sous tes paupières closes,
le moi dort dans la poussière d’or
et de songe
des lignes de silence d’un poème
qui, pareil à un ciel d’étoiles
ne s’écrit pas, ni ne se lit
mais s’écoute, les yeux fermés…

Éclairs de vie, vie sur terre
L’oiseau de nuit a chanté
Il n’a pas eu d’hier,
il veut un demain…
Au courant des amours éphémères
parfois les corps s’abandonnent
tandis qu’obstinément, le désir qu’on a fui,
revient hanter l’âme des poètes énamourés
dans la perfection de l’instant.

Éternel présent.

SOlène
29/03/2021
( Tous droits réservés)

« Un poème est un mystère dont le lecteur doit chercher la clef.  » – Stéphane Mallarmé.. .

WHAT ELSE ? 

🎧

La Sonate nᵒ 14 en do dièse mineur, opus 27 nᵒ 2 de Ludwig van Beethoven, surnommée « Sonate au Clair de lune », fut composée en 1801 et publiée en 1802 avec une dédicace à la comtesse Giulietta Guicciardi, jeune femme de dix-sept ans dont le musicien semble avoir été amoureux.

240. Pour nous musiciens, l’œuvre de Beethoven est semblable à la colonne de nuée et de feu qui conduisit les Israélites à travers le désert – colonne de nuée pour nous conduire le jour, colonne de feu pour nous éclairer la nuit « afin que nous marchions jour et nuit ». Son obscurité et sa lumière nous tracent également la voie que nous devons suivre; elles nous sont l’une comme l’autre un perpétuel commandement, une infaillible révélation.

240, L’immense succès des symphonies de Beethoven au Conservatoire de Paris, à partir de 1829, contribua beaucoup à populariser en Europe, non seulement ces symphonies, mais aussi des sonates, quators, etc., du sublime et solitaire génie, si plein de n’avrements humains et d’extase céleste.

Franz LISZT, extrait de « Tout le ciel en musique

….

Ma poésie nommée désir…

Humeur du moment

« On gâche l’amour en voulant l’éterniser. Mieux vaut le cueillir quand il existe, cela constitue un cadeau suffisant. Le bonheur ne chausse que les bottes du provisoire. Qui nous a certifié le contraire? Dans une vie humaine, toujours est toujours éphémère.» – L’élixir d’amour d’ Eric-Emmanuel Schmit…

Aujourd’hui lundi, c’est poésie…

 

SOUS LE TILLEUL

Dans l’après-midi baigné d’une tiède lumière
J’ai pris le petit pont, pour passer le ruisseau
histoire de revoir la vie aux mêmes couleurs que l’enfance;
puis je t’ai attendu sous le tilleul multiséculaire
sûre qu’avec nos FFP2
on ne pourrait plus s’embrasser
Mais quand je t’ai vu,
devinant à tes yeux,
ton sourire sous ton masque blanc,
je n’ai pas pu résister:
tu as eu droit à mes baisers chirurgicaux.
Le soleil, le ciel, les nuages…
L’oiseau inconnu, d’Eluard
juste après l’orage du soir
Après ?… Je ne sais plus.
Ce qu’on donne à l’amour
est a tout jamais perdu.

Au fure et à mesure que j’écris,
je me souviens que dans mon rêve
tu as disparu comme tu es venu
Aussi ce poème n’aurait ni queue ni tête
si ce n’est que je me réveille de ma sieste
sous ce même tilleul multiséculaire
dans ce paysage immuable
baigné d’une tiède lumière…
Mais l’amour ne demande pas l’éternité,
il veut seulement l’instant…

SOlène
14/03/2021
(Tous droits réservés)

Oui, les « baisers chirurgicaux », c’est juste en rêve…

 

Pour moi, écrire de la poésie c’est avoir une certaine foi en l’être humain, et croire encore un peu à la beauté des âmes; lire de la poésie à haute voix, c’est avoir avec les mots et leur sonorité, une relation de désir et de plaisir purement sensuelle; désir de vivre libre tout simplement. A fleur de peau. Et des mots. Ivre de liberté Et d’en jouir. C’est comme dire « je t’aime » en un soupir; tout un poème, en somme, que l’on adresse au monde, lorsqu’on est en paix avec la terre entière, et qu’on a alors, qu’une seule envie: laisser parler son cœur.

Encabanée, tout feu tout femme, j’ai bien hiberné avec mon chagrin à la lueur des flammes sans trop savoir quelle saison, à présent, j’habitais… Heureusement, la poésie aura été à ma solitude ce que le poêle à bois fût aux frimas: une arme de réanchantement massive. Au milieu de l’hiver j’ai découvert en moi un invincible été *.

WHAT ELSE ?

Au milieu de l’hiver, j’ai découvert en moi un invincible été (1)

Au milieu de l’hiver, j’ai découvert en moi un invincible été (2)

Au milieu de l’hiver, j’ai découvert en moi un invincible été (3)

 

« Ce qu’on appelle le « charme » d’une personne, c’est la liberté dont elle use vis-à-vis d’elle-même, quelque chose qui, dans sa vie, est plus libre que sa vie. » -« Christian Bobin…

🎧

Pour accompagner mon café ( et pour une raison qui m’est très personnelle) ❤

Bonne semaine à  vous tous !

 

Franz, Frédéric, les autres et moi…

Humeur du moment

Une minute, j’allume une bougie pour l’ambiance, et je suis à vous…

Alors… bonjour tout le monde, d’abord. Ah! Que je vous dise: la scène que je vais vous raconter pour commencer, elle se passe à Nohant, la très très célèbre propriété de George Sand. Il s’agit d’une « réunion d’artistes » comme il est rare d’en rencontrer.. S’y trouvent donc, Eugène Delacroix, illustre peintre romantique de l’époque et « prince des couleurs », Pauline Viardot, sublime cantatrice, Bocage, grand grand acteur, ainsi que bien d’autres célébrités ( que nous autres, moins de 175 ans, n’avons pas pu connaître);  mais surtout,  surtout Frédéric Chopin, compagnon de la maîtresse de maison et son ami Franz Lirszt, ce « lion du piano » qui, lui, est venu de Paris, accompagné d’une étoile du grand monde parisien, la très très belle et très spirituelle Arabella; laquelle brille déjà en littérature…..

Le temps d’écouter un nocturne de Chopin (pendant que je me fais couler un bain)…
Imaginez: un soir de mai à Nohant. Il est entre onze heures et minuit, tout ce beau monde est réuni dans le grand salon…. Liszt joue un nocturne de Chopin. Chopin, lui, joue rarement en société; Liszt, lui, toujours. Bien ou mal, d’ailleurs. Car selon une habitude qu’il a prise, le brode à sa manière, y mêlant des trilles, des trémolos et des points d’orgue ( qui ne s’y trouvent évidemment pas)….
Et voilà notre Chopin qui commence à montrer des signes d’impatience. Puis, à un moment, j’y tenant plus, il s’approche du piano et dit à Liszt:

– Je t’en prie, mon cher, si tu me fais l’honneur de jouer un morceau de moi, joue ce qui est écrit, ou bien joue autre chose; il n’y a que Chopin qui ait le droit de changer Chopin.

– Eh bien ! Joue toi-même ! Répond Liszt, un peu piqué quand même.

– Volontiers, dit Chopin à l’instant où la lampe fut éteinte par une phalène qui venait de s’y brûler les ailes.

Quelqu’un voulut la rallumer.  » Non ! s’écria Chopin; au contraire, éteignez toutes les bougies; le clair de lune me suffit… Et il se mit à jouer…

Il joua une heure entière devant un auditoire qui, en muette extase, osait à peine respirer. Aussi lorsque l’enchantement finit, les yeux baignés de larmes, Liszt serra Chopin dans ses bras:

– Ah ! Mon ami, tu avais raison ! Les œuvres d’un génie comme le tien sont sacrées; c’est une profanation d’y toucher. Tu es un vrai poète et je ne suis qu’un saltimbanque.

Euh… je m’aperçois que ce qui ne devait n être qu’une courte introduction tient déjà la place d’un billet ( et ce n’est pas fini !). Et puis est arrivé le moment de me glisser dans dans mon bain moussant aux effluves de rose. Mais pas sans mon livre, Chopin par Liszt. Je me suis endormie avec eux ( et les autres), je me réveille avec eux…. 278 pages passionnantes que je ne vais pouvoir lâcher qu’à regret – je le sens déjà…

Dans le bain, vous y êtes aussi, je suppose. Allez, on continue ?

📖

… « Malgré le charme qu’il reconnaissait à quelques unes des mélodies de Schubert, il n’écoutait pas volontiers celles dont les contours étaient trop aigus pour son oreille, où le sentiment est comme dénudé, où l’on sent pour ainsi dire, palpiter la chair et craquer les os sous l’étreinte de la douleur. Toutes les rudesses sauvages lui inspiraient de l’éloignement. En musique comme en littérature, comme dans l’habitude de la vie, tout ce qui se rapproche du mélodrame lui était un supplice ». (Extrait de Chopin par Franz Liszt, page 222)…

Chopin, Liszt, ces deux noms prestigieux réunis dans cet ouvrage évoquent, avec ceux de Berlioz et de Paganini, l’une des plus brillantes périodes : le romantisme musical.

Un musicien se penche sur un de ses contemporains : la manière d’être de Chopin au regard de son instrument, l’originalité de son inspiration musicale et l’apport qu’elle recevait d’un sentiment national érigé à l’état de religion, les caractéristiques de son interprétation, la compréhension d’un style et d’un lyrisme sans précédent, les secrets d’une sensibilité créatrice. ©Electre 2021

… « Madame Sand entendit souvent parler à cette époque, par un musicien ami de Chopin, et l’un de ceux qui l’avait accueilli avec le plus de joie à son arrivée à Paris, de cet artiste si exceptionnel. Elle entendit vanter plus que son talent: son génie poétique; elle connut ses productions et en admira l’amoureuse suavité. Elle fut frappée de l’abondance de sentiments répandue dans ces poésies, de ces effusions de cœur d’un ton si élevé, d’une noblesse si distinguée. » ( Extrait de Chopin par Franz Liszr, page 234)

(… )

A partir de 1848, les années, que dans la vie de Liszt, on appelle « la période de Weimar » furent pour le musicien d’une fécondité extraordinaire.
Jusqu’en 1859, tout en composant ses grandes œuvres, les Poèmes symphoniques, Faust, Dante, le Christ, Sainte Élisabeth, la Messe de Gran et pour piano, deux concertos, une Sonate,et d’autres œuvres de moindre importance, Liszt prit, grâce à sa position de kapellmeistet grand-ducal « extraordinaire », dans l’ancienne ville de Goethe, la tête du mouvement musical moderne. Il fut, au milieu du siècle dernier, l’initiateur de ce qu’on appelait ( ironiquement), « la Musique de l’avenir »… « la musique des trois grands incompris », Berlioz, Liszt, Wagner.
Liszt découvre et encourage les jeunes talents, se devouant à Wagner, offrant l’hospitalité à Berlioz ( pour ne parler que des plus grands).
En février 1849, Liszt met au programme le Tannhaüser; en 1850, pour les fêtes du centenaire de Goethe, il crée le 28 août Lohengrin, et rédige les brochures sur ces deux œuvres de Wagner, sur la Fondation Goethe ( parue en mai l’année suivante) et sur F. CHOPIN: toutes trois en français.

Autour de Liszt et de la Contesse dAgoult, de Chopin et de George Sand, toute une littérature est éclose, Balzac ( Beatrix ou les Amours forcés), George Sand aussi bien sûr ( Les Lettres d’un voyageur, Horace…), entres autres ( j’essaie de ne pas faire trop long)…

Un proche de George Sand, Charles Rollinat écrira:

Litszt était « le véritable lion du piano ». Tous les plus grands artistes interrogés à ce propos ont eu cette même réponse:  » Oh!’Liszt, c’est notre maître à tous ». Chopin excepté . Cet « excepté Chopin » nous ramène à  la scène du début de billet:

– Allons donc ! reprit vivement Chopin; nous avons chacun notre genre, voilà tout. Tu sais bien que personne au monde ne peut jouer comme toi Weber et Beethoven. Tiens, je t’en prie, joue-moi l’adagio en ut dièse mineur de Beethoven, comme tu sais le faire quand tu veux.

Liszt joua cet adagio en y mettant toute son âme. Ce n’était plus une élégie, c’était un drame. Pour autant, Chopin qui crut avoir éclipsé Liszt ce soir- là, s’en vantait en disant:  » comme il est vexé ! ( textuel). Sauf que Liszt l’apprit, et l’artiste spirituel qu’il était s’en vengea 4 ou 5 jours plus tard, à la même heure, dans le même salon. Alors, après avoir fait éteindre toutes les lumières pour que l’obscurité soit totale, Liszt joua toutes les compositions que Chopin avait joué lors de cette mémorable soirée dont je vous ai parlé au tout début. Il en fit une si parfaite, si merveilleuse interprétation qu’il était impossible de ne pas s’y tromper. Et bien sûr, tout le monde s’y trompa.

– Tu vois que Liszt peut être Chopin quand il veut; mais Chopin pourrait-il être Liszt ?

C’était un défi. Mais que Chopin ne voulut pas ( ou n’osa pas ) relever. Liszt était vengé.

 

 

Maintenant pourquoi terminer mon billet sur ce Requiem de Mozart ?

Parce que « l’admiration pieuse de Chopin pour le génie de Mozart, lui fit demander que son Requiem fût exécuté à ses funérailles; ce vœu a été accompli. Ses obsèques eurent lieu à l’église de la Madeleine, le 30 octobre 1859″… extrait de  » Derniers temps, derniers instants » ( à la fin du livre »); où bien des lignes écrites de la main de Liszt m’ont fait monter les larmes. Entres autres:  :

Un convulsive somnolence dura jusqu’au 17 octobre 1849. Vers deux heures l’agonie commença, la sueur froide coulait abondamment de son front; après un court assoupissement, il demanda d’une voix à peine audible: « qui est près de moi? ». Il pencha sa tête pour baiser la main de M. Gutmann qui le soutenait, et rendit l’âme dans ce dernier témoignage d’amitié et de reconnaissance : il expira comme il avait vécu, en aimant ! – Chopin de Franz Liszt…

Oh ! Les premières violettes sauvages du marais… A faire sécher pour les mettre entre les pages De mes livres de chevet…

Ma maison étant en (gros) travaux de rénovation et d’aménagement jusqu’au 5 mai, cela me prend beaucoup de temps et d’énergie. Ce qui me tient toujours plus ou moins eloignée de la blogosphère et des réseaux sociaux; mes seuls vrais moments de détente, étant le matin tôt et le soir: un bon livre ( Chopin par Liszt était dans ma PAl depuis un sacré bout de temps) et de la musique; classique pour que l’enchantement soit total. Désolée, donc,  de ne briller que par mes absences répétées. Et surtout merci à vous qui restez fidèles à mon blog, malgré tout.

Belle journée à tous, à bientôt.
Bien à vous
SOlene

LES POST-ITS…

Humeur du moment

📌

La fin est si immense qu’elle contient sa propre poésie. Il n’y a pas à faire de rhétorique. Juste dire les choses simplement. -Philip Roth – Extrait de Exit le fantôme…

🎧

LES POST-ITS

Tourne, tourne vieux monde
Le jour est doux, l’heure est belle
J’ai décollé les post-its
de la porte du frigo;
ouvert grand la fenêtre
pour qu’au vent du large
s’envolent à jamais les mots
qui ne sont plus vrais…

Petits bateaux de papier sur la mer
je regarde s’éloigner les maux d’hier
Âme hantée, sur la page abandonnée
s’enflamme pour un rien
Je ne sais pas, je ne sais plus
quoi penser de cette histoire
De ceux à qui l’on aurait donné
le Bon Dieu sans confession
ce n’est pas une fin en soi
Tous ses mots dérisoires
feront le festin des poissons
Je sais, c’est pas bien
je recommencerai pas

Il est des jours comme ça, si clairs
que l’on se sent briller comme le soleil
jusqu’à éclabousser l’océan et la terre
de mots d’amour écrits pour nous

Tourne, tourne vieux monde
les post-its survolent l’onde
La muse s’amuse, et les mouettes
s’invitent à la fête

SOlène

Extrait de « Au beau milieu de l’hiver, j’ai découvert en moi, un invincible été », mon deuxième recueil de poésie dont la parution est prévue fin mars

(Tous droits réservés)

WHAT ELSE ?

Un jour de Saint Valentin

Rêve prémonitoire

Les bruits de mon silence

TOI (Mon essentiel)

« L’amour ne meurt jamais de mort naturelle, il meurt parce que nous ne savons pas revenir à sa source. » – Anaïs NIN…

UN JOUR DE SAINT VALENTIN

Humeur du moment

« Il y a un bon silence, c’est celui de la neige, c’est celui d’une bougie, c’est celui des poèmes. Et puis il y a un mauvais silence, c’est celui qui laisse fleurir une blessure depuis longtemps faite et qui la laisse croître. » – Christian Bobin…

 

UN JOUR DE SAINT VALENTIN

C’ était un jour comme hier
de mi février et sans soleil:
aussi livide que le ciel
tu marchais à travers champs
et le long des berges glacées
Transie de froid dans ces paysages
méconnaissables d’un marais
blanc du givre dont on entendait
à chaque pas, le craquement,
tu chassais toute pensée de lui
qui aurait pu te ramener en arrière

Autiste volontaire des sentiments,
ombre de toi-même, le cœur en hiver,
tu fuyais l’amour qui te poursuivait
pour apprendre plus tard à tes dépens
que ce n’est pas la distance
qui sépare les êtres,
mais le silence…
Ce silence qui creuse la souffrance
Comme un couteau dans la plaie
encore et toujours des années après.

C’était un jour comme hier
de Saint Valentin et de chagrin

SOlène

Extrait de « Au beau milieu de l’hiver, j’ai découvert en moi, un invincible été », mon deuxième recueil de poésie dont la parution est prévue fin mars

(Tous droits réservés)

WHAT ELSE ?

L’air de Valentin, « Avant de quitter ces lieux » dans l’opéra Faust de Gounod, est interprèté ci-dessus par Dmitri Hvorostovsky:
Au XVIe siècle en Allemagne, Valentin est appelé à la guerre mais il ne craint pas pour sa vie (grâce à son médaillon sacré). C’est sur sa sœur qu’il prie et implore les cieux de veiller durant son départ, et s’il meurt au champ de bataille…

O sainte médaille, Qui me vient de ma sœur, Au jour de la bataille, Pour écarter la mort, Reste là sur mon cœur! Avant de quitter ces lieux, Sol natal de mes aïeux, A toi, Seigneur et Roi des cieux, Ma sœur je confie. Daigne de tout danger Toujours la protéger, Cette sœur, si chérie. Délivré d’une triste pensée J’irai chercher la gloire au sein des ennemis, Le premier, le plus brave au fort de la mêlée, J’irai combattre pour mon pays. Et si, vers lui, Dieu me rappelle, Je veillerai sur toi fidèle, Ô Marguerite. Avant de quitter ces lieux, etc. Ô Roi des cieux, lève les yeux, Protège Marguerite, ô Roi des cieux!… 

Ah, m’asseoir sur un banc…

Àh,  m’asseoir sur un banc cinq minutes avec toi
Et regarder les gens tant qu’y en a
Te parler du bon temps qui est mort ou qui reviendra
En serrant dans ma main tes petits doigts
Puis donner à bouffer à des pigeons idiots
Leur filer des coups de pied pour de faux
Et entendre ton rire qui lézarde les murs
Qui sait surtout guérir mes blessures

C’est sur ces mots ( chantonnés) de Renaud (Mistral gagnant ), que je vous souhaite une belle et bonne semaine. Prenez soin de vous, à bientôt sur vos blogs.

Cœurdialement

SOlène

😷

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RÊVE PRÉMONITOIRE… S/Chrystal silence ( Billet spécial Saint Valentin )

Humeur du moment

« La vie est un sommeil, l’amour en est le rêve, et vous aurez vécu, si vous avez aimé.  » – Alfred de Musset…

RÊVE PRÉMONITOIRE

Deux ans et des poussières,
mais comme si c’était hier !
Ou peut-être, y suis-je encore…

Au milieu d’une nuit étrange
Le marais est tellement silencieux
que l’on entend au creux de l’oreille
soupirer des anges dépités
et tomber sur la taie de l’oreiller
les larmes d’un ciel d’acier
qui noie le chagrin humain
des âmes en exil…
Et moi, je me demande
ce que je fais là, endormie
dans ces paysages d’eau
des grandes solitudes sauvages
Amante aimante, aimantée
J’ignore si l’amour
n’est pas qu’un de ces leurres
que l’on s’invente
pour ne plus être seul
Je rêve que je dors
dans cette lumière incertaine
et vacillante des débuts…

Rien n’est écrit d’avance
Mais dans nos silences,
le silence entre les mots
je sais déjà ce que sera
notre musique…
Au delà des « je t’aime »,
il y aura les poèmes

Je viens de naître à toi

SOlène

Extrait de « Au beau milieu de l’hiver, j’ai découvert en moi, un invincible été », mon deuxième recueil de poésie dont la parution est prévue fin mars

(Tous droits réservés)

 

En hommage au pianiste américain, Chick COREA. Légende du jazz fusion et pianiste de génie, il nous a quitté le 9 février 2021 à 79 ans des suites d’une forme rare de cancer.

WHAT ELSE ?

« La vie ne te fera pas de cadeau, crois-moi.
Si tu veux avoir une vie vole là. « 

Lioulia dite Lou ANDRÉAS-SALOMÉ
Femme de Lettres et psychanalyste germano-russe
12/02/1861 à Saint Petersbourg
05/02/1937 à Göttingen

C’est la lecture du poète Rainer Maria Rilke qui m’a amenée à Lou Andréas-Salomé dont je suis en train de lire EROS collection « Arguments » aux Editions de Minuits…

Femme fatale d’une beauté ravageuse et de « caractère océanique », mais avant tout « un esprit libre »…  » la plus intelligente de toutes » selon Nietzshe… En fait, il y a tellement de Lou qu’il va me falloir, je crois, encore beaucoup de lectures pour sonder le mystère de cette femme que je trouve fascinante.

Lou, ou comment parvenir à la connaissance de soi par d’autres. Et quels autres ! Nietzsche, Rielke, Freud – excusez moi du peu. Ils sont tous amoureux d’elle. Mais il ne faut surtout pas la réduire à un rôle de muse. Ce serait trop vite oublier qu’elle éclaira ces esprits forts. Jusqu’à les brûler, parfois.

Pour aujourd’hui, je vais faire court et surtout retenir son histoire d’amour passionnel avec Rilke: trois ans amants alors que le poète a à peine 22 ans et elle 36. Après leur rupture , 20 ans d’amitié et de complicité ininterrompue s’en suivront jusqu’à la mort du poète à Montreux ( Suisse)

Au propos du poète Rainer Maria Rilke, Lou ANDRÉAS-SALOMÉ écrira ceci :

« Si j’ai été pendant des années ta femme, c’est parce que tu as été pour moi la première réalité tangible, le premier être humain chez qui le corps et la personne étaient indissociables, évidents comme la vie. […] Ce ne sont pas deux moitiés qui se cherchaient en nous : la totalité surprise se reconnut dans un frisson à une inconcevable totalité. »

Quant a lui:

« Je suis à toi comme la dernière petite étoile l’est à la nuit, quand même la nuit la distinguerait à peine et ignorerait son scintillement. » Eh bien oui, voilà ce que le grand poète Rainer Maria Rielke a écrit à celle qui s’était frottée à l’âpre lyrisme de Zarathoustra. Comme quoi, l’amour fou nous rend niais, parfois….

Bonne Saint Valentin à tous les amoureux demain. Et bon week-end à tout le monde ! A bientôt, au plaisir de vous lire sur vos blogs.

SOlène

Lecture en cours…

 

Dans une Allemagne livrée aux nazis, Lou Andreas-Salomé rédige ses mémoires… Une fiction éclairante sur l’une des plus brillantes intellectuelles de son temps, la femme de lettres et psychanalyste Lou Andreas-Salomé (1861-1937), courtisée, entre autres, par Friedrich Nietzsche, Sigmund Freud et Rainer Maria Rilke.

LES BRUITS DE MON SILENCE

Humeur du moment

Dans le silence, on n’entend plus que l’essentiel… 

LES BRUITS DE MON SILENCE

Me voilà enfin seule sur la terre
Loin, bien loin de l’agitation du monde
et des besoins que l’on y crée;
qui ne servent à rien
sinon nous alièner
à une société qui ne me fait pas rêver

Brillant par mon absence numérique
de ces réseaux qui n’ont de social
que le nom
je n’ai plus pour m’exprimer
que les bruits de mon silence
et tout ce qu’ils contiennent de joie
face au marais dans les eaux calmes
Comme si il n’y avait que l’évaille;
l’ évaille qui vaille
à l’heure où les gens des villes
sont à sec de tout…

Mauves et bleus sont les mots du poème
qui se posent d’un regard d’oiseau
sur une page embrumée d’hiver
A l’aube des matins nouveaux
les vieux chagrins d’hier s’inclinent
devant l’ombre des arbres
qui se joue des nuages
et des pâles rayons dans une trouée du ciel

Alors pour se faire entendre encore plus fort
que les battements d’un cœur sauvage et libre,
les bruits du silence prennent le goût
des croissants chauds,
et l’odeur du café qu’on a fait couler dans une cafetière à l’ancienne
Ils disent que l’amour n’est surtout pas le remède à la solitude
mais le soleil qui fait éclore en nous-mêmes, le meilleur
Et que c’est, d’ailleurs, l’unique secret de nos états d’émerveillement.

SOlène

Extrait de « Au beau milieu de l’hiver, j’ai découvert en moi, un invincible été », mon deuxième recueil de poésie dont la parution est prévue fin mars

(Tous droits réservés)

WHAT ELSE ?

J’adore  !

💙

Tout belle journée à tous. Et merci pour votre fidélité à ce blog. A bientôt !

TOI, MON ESSENCE-CIEL…

Humeur du moment

« Ce  que l’on ne peut pas dire,

il ne faut surtout pas le taire,

il faut l’écrire »…

TOI
(Mon essence-ciel)

J’habite un monde à part
un univers qui n’appartient qu’à moi;
où penser, entreprendre, travailler
et s’amuser, dépenser, se rire de tout
sont une seule et même chose:
être libre…
Tout se tient en un mot: liberté
sans laquelle vivre n’est pas vivre.

On me dit que j’ai tout pour être heureuse;
des amis, une maison avec du vert autour
et juste au dessus le ciel à l’infini
qui donne à la vie
cet arrière goût de paradis sur terre
lorsque la poésie s’y met pour raconter
en deux ou trois vers comment volent
les oiseaux du marais
sans pour autant percer le mystère des fleurs sauvages.
Tu sais, celles qui poussent tout simplement
sur les bords du temps, au détour des chemins boueux;
petit miracle des matins de brume
après l’évaille* du dernier hiver –
encore un ! Une éternité
qu’on n’aura pas vu passer
Les canaux, toujours, s’en vont à la mer
comme l’eau des souvenirs
nous file entre les doigts…

Peut-être n’était-ce qu’un rêve
Un jour j’ai fui l’amour, ton amour,
mon amour
Je me suis arrachée au bonheur de ton souffle sur ma peau
de peur que ce soit trop beau pour être vrai
Mais voilà, j’avais besoin de ça pour grandir,
ne pas m’endormir sur mes lauriers
Aussi j’ai compris plus tard
ce que pleurer des rivières veut dire
C’est comme hurler en silence la nuit
hurler à fendre l’âme, quand l’ennui nuit à la nuit
et que le sommeil n’est plus qu’un amour perdu
J’ai perdu mon amour, et le sommeil avec
Alors j’ai appris la solitude et le silence
Je les ai même aimés jusqu’au jour d’aujourd’hui
Puis les mois, les ans ont passé,
le lierre s’est attaché à la maison,
cœur de pierre en lequel je t’attends
dans la pénombre des jours qui sombrent
car s’il est vrai que j’ai tout pour être heureuse
il me manque l’essentiel
TOI,
mon essence-ciel

Évaille* en patois, montée des eaux dans le marais, crue, inondations… 

SOlène

Extrait de « Au beau milieu de l’hiver, j’ai découvert en moi, un invincible été », mon deuxième recueil de poésie dont la parution est prévue fin mars.

(Tous droits réservés)

WHAT ELSE ?

A toi qui veille sur l’ombre de mes nuits
Je dédie
Cet air qui me vient d’un très beau matin
Où je laissais courir mon âme dans les blés
Insouciant, irradié par la magie de l’été
Coeur de pierre, ciel ouvert, adolescent
Amoureux d’une sorcière aux seins blancs
Loin des fureurs, loin des errances de l’ennui
Comme un aviateur dans un ascenceur
Qui s’envole vers l’infini
Ai du coeur, Ai du coeur, baise la vie
Fais la jouir à en pâlir d’envie
Jusqu’à ce que la mort la surprenne dans ton lit
Noyé de désir, hurlant de plaisir
Prise entre jour et nuit

A toi qui meurt de trop aimer la vie
Je dédie
Cet air venu d’un éternel chagrin
Où le destin m’a condamné
A errer incertain, sur les chemins de l’oubli
Laisse le temps impatients, tuer ta douleur
Et dis toi qu’il n’est pas de plus grand malheur
Que de laisser mourir le rire dans ton coeur
A ta dernière peur, comme un déserteur
Donne ta vie à mort
Et dis toi qu’il n’est pas de plus grand malheur
Que de laisser mourir le rire dans ton coeur

Jacques HIGELIN

Toute belle journée à tous ! Au plaisir de vous lire sur vos blog…

VIVRE, AIMER, ÉCRIRE…

Humeur du moment

TELLEMENT…

La tête dans les nuages…

 

« La poésie, on ne l’écrit pas avec des mots.
La matière première d’un poème, son or pur, son noyau d’ombre, ce n’est pas le langage mais la vie.
On écrit d’abord avec sa vie, ce n’est qu’ensuite qu’on en vient aux mots. Ceux pour qui les mots sont premiers, ce sont les hommes de lettres, ceux qui, à force de ne croire qu’à la littérature, ne connaissent plus qu’elle.
Ceux pour qui la vie est première bénie, ce sont les poètes.
Ils ne se soucient pas de faire joli. Ils s’inquiètent d’abord de vivre, seulement de vivre.
Se faire silencieux, se rendre attentif, vivre, aimer, écrire –
ce sont des actes qui n’en font qu’un seul. »

Christian Bobin ; La merveille et l’obscur (1991)

WHAT ELSE ?

A paraître prochainement sur ce blog, mes derniers poèmes ( février)… Bon dimanche à vous tous  ! Prenez soin de vous. Restons prudents.

À bientôt sur vos blogs.

Coeurdialement

SOlène

💙

CES INCONNUS DU TEMPS QUI PASSE… SUIVI PAR « ADDIO, ADDIO »

Humeur du moment

Et si la liberté consistait à posséder le temps ?
Et si le bonheur revenait à disposer de solitude, d’espace, de silence – toutes choses dont manqueront les générations futures ? Tant qu’il y aura des cabanes au fond des bois, rien ne sera tout à fait perdu. – Sylvain Tesson…

CES INCONNUS DU TEMPS QUI PASSE

Parce que chaque jour nouveau nous arrive
en tout point pareil à celui de la veille
avec à l’intérieur toutes ces heures
interminablement silencieuses,
à en clouer le bec aux oiseaux
on se sent presque obligé de le meubler
en parlant de la pluie
et du beau temps après la pluie;
enfin de tout et de rien; de rien surtout
car plus rien ici bas ne change,
à part le temps – et encore pas tout le temps !
Le fait est là: on ne vit pas vraiment
dans un conte de fées
Certains vous diront même qu’ au début
on a manqué de masques
de respirateurs, de bouteilles d’oxygène
– certes certes, mais plus encore d’imagination !
D’autres qu’ils souffrent de troubles du sommeil
Or il faut se rendre compte
que le plus souvent ce sont seulement
des troubles de la capacité de rêver
C’est pourtant bel et bien avec des si
que l’on se fabrique des rêves;
que de nos peines et de nos joies en sursis,
l’on s’octroie les plus belles trêves
Alors tout sauf rester là figés
dans l’éternel présent de nos vies
réglées comme du papier à musique
par la technique,
reclus volontaires,les poings liés
aux données de notre ordinateur
qu’analyse l’algorithme.
Pendant que l’infiniment petit fait sa loi dehors, nous devenons ces inconnus du temps qui passe…

SOlène

Extrait de « Au beau milieu de l’hiver, j’ai découvert en moi, un invincible été », mon deuxième recueil de poésie dont la parution est prévue fin mars

(Tous droits réservés)

 

WHAT ELSE ? 

Hommage à Christiane Eda-Pierre… 

 

 

Live 1981 de Luciano Pavarotti/Christiane Eda-Pierre…. 

Christiane Eda Pierre a connu un triomphe en 1976 dans Rigoletto avec Pavarotti à Central Park ( New York) devant 250 000 personnes…

Bien qu’elle disait « je ne suis pas une diva », « je n’aime pas ce mot diva », Christiane Eda Pierre a été une des plus grandes cantatrices françaises Elle a côtoyé les plus grands chefs d’orchestre ( Lorin MAAZEL, Georges PRÊTRE, Pierre BOULEZ, Emmanuel KRIVINE) et les plus grandes voix ( José VANDAM, Luciano PAVAROTTI, Placindo DOMINGO ), et elle a chanté sur les plus grandes scènes internationales.

– Pavarotti ?


-« L’homme n’était pas si gentil que ça… Quand il arrivait, il ne nous donnait pas la main, ni ne nous embrassait, il se contentait de lever sa main et de dire : « Hi ! » et quand il partait, il levait sa main et lâchait : « Ciao ! » Placido Domingo, c’était l’antithèse de Pavarotti. Il arrivait, me prenait la main et me disait fort gentiment : « Eda, comment vas-tu »… « 

Je la fais courte pour aujourd’hui, mais il y a tant à dire, à raconter sur cette femme magnifique et sur sa vie passionnante que j’y reviendrai sans doute plus en détails après lecture de la biographie de Catherine Marceline, « Christiane Eda Pierre, une vie d’excellence » ( parue en en 2019)

 

Née le 24/03/1932 d’une mère professeur d’éducation musicale et d’un père dessinateur, géomètre et journaliste au Courrier des Antilles, Christiane a grandi par la suite sur les planches de l’opéra-comique (1960 à 1972). Elle a épousé le maître d’arme du conservatoire de musique et de danse de Paris, Pierre LACAZE ( qui a formé 40 ans durant les plus grands épéistes français à l’INSEP)
Une des premières cantatrices noires ( aux côtés de Barbara Hendricks et Nessie Norman… ) Christiane Eda-Pierre n’a jamais eu aucun complexe de couleur. Elle savait d’où elle venait. Son grand-père Nardal, « premier ingénieur noir » a construit le Pont de l’Alma ( à Paris). Sa tante ( Nardal), elle, a œuvré pour que des poètes comme Aimé Césaire et Léopold Senghor puissent être.


Après 40 ans de scène Eda n’avait aucun regret, si ce n’est de ne pas avoir été AÏDA à la scène.

Christiane Eda-Pierre s’est éteinte dans sa maison de Faye-L’Abesse ( bocage bressuirais) dans les Deux-Sèvres le 6 septembre dernier. Elle avait 88 ans. Elle repose maintenant aux côtés de son mari et son fils au cimetière de Faye-L’Abesse 

 

Merci de votre fidélité à ce blog. A bientôt !

 

IL Y A…

Humeur du moment

 

Avertissement: ce billet a été publié une première fois par erreur alors que le poème ( loin d’être terminé) était en cours d’écriture. Merci de ne pas tenir compte  de l’ancienne version  que celle ci-dessous, annule et remplace… 

Il y a un autre monde, mais il est dans celui ci. – Paul Éluard…

IL Y A…

Au milieu de nulle part
il y a une forêt de sapins plantée par les hommes
dans des dunes de neige que balaie le vent
au bout d’un chemin où personne jamais ne passe,
un chalet à peine plus grand qu’une cabane de chasse;
avec aux fenêtres des rideaux à petits carrés rouges et blancs;
puis de la fumée qui, en sortant de la cheminée
monte au ciel froid d’étoiles
et donne aux brumes d’hiver une odeur de feu de bois

À l’intérieur
il y a une araignée qui, tranquillement, tisse sa toile à la lueur des flammes;
un mug anglais avec du thé encore fumant dedans
et juste à côté, posé là, un vieux, très très vieux livre
aux pages jaunies qui sentent le grenier des maisons de campagne inhabitées:
Thais, dont le nom de l’auteur te rappelle celui de ta première école primaire,
Anatole France…
Thais comme la Méditation de Massenet
que tu écoutes au moment même où s’écrit ce poème

Dans le silence de la nuit
Il y a la musique que tu laisses venir à toi dans une brève introduction a la harpe
Et que tu ressens tout de suite comme un début de réponse
aux questions spirituelles que tu te poses
dans ce que tu appelles « tes grands moments »
Magie des cordes harmoniques, s’en suivront cinq minutes de lâcher-prise en ré majeur
Malgré les notes tristes qui, par instants
font pleurer les sons,
il y a dehors tout ce qui se tait pour écouter,
alors qu’au plus profond de toi, tu te languis encore pour lui
Unimato
Puis le morceau devient plus passionné, poco a poco appassionato
jusqu’au summum, piu appassionato

Vide, tu es enfin vide de celui que tu aimes encore trop fort
quand bien même tu chantes le contraire à qui veut l’entendre;
et vide – hélas, aussi des mots, ces satanés mots qui t’échappent,
virevoltent, dansotent et s’éparpillent comme les flocons dans les vents glacés du dehors…
Quand la musique s’arrête, le silence solennel qui suit,
c’est encore et toujours cette divine musique qui monte de la terre au ciel
Mais, peut-être devrions-nous dire, de la mer au ciel

Car en cette nuit de janvier, il y a la pleine lune
Aussi tant pis si c’est le phare du bout du monde qu’elle éclaire sur l’océan
Les filles des bords de mer où ils ne neige pas,
savent bien que tout là-bas, elles deviennent louves
pour se construire un rempart contre le monde
lorsque le ciel se couvre de nuages sur les paysages d’une autre vie

À la lumière du présent, tout se reconstruit
Dans l’imaginaire, tout est permis
Puisse dans le silence de tes nuits blanches
palpiter le vol de l’inspiration

SOlène
26/01/2021
(Tous droits réservés)

Oui: je suis un rêveur. Car un rêveur est celui qui ne trouve son chemin qu’au clair de lune et qui, comme punition, aperçoit l’aurore avant le reste du monde. – Oscar Wilde…

WHAT ELSE ?

« La Méditation de Thaïs » est un extrait de l’opéra Thaïs de Jules Massenet. Le livret est de Louis Gallet d’après le roman du même nom d’Anatole France ( clic ICI *). Toutefois l’ironie relative à l’aspect religieux contenue dans le livre est laissée de côté par le librettiste ( Louis Gallet). Peut-être Massenet a-t-il composé la Méditation de Thaïs avec une intention religieuse. En tout cas une des plus belles œuvres de la musique classique. Je vous la propose aujourd’hui dans la version pour violon et piano avec Anne-Sophie Mutter et Lambert Orkis…

Une bonne écoute et une très très belle journée à  tous !

Coeurdialement

SOlène

🎧

Que ferais-je sans ce monde… Suivi par « Bridge Over Troubled Water »

Humeur du moment


Mardi 19/01/2021

(Planifié pour le 26/01)

 

1

Dieppe

 

encore le dernier reflux

le galet mort

le demi-tour puis les pas

vers les vieilles lumières

 

2.

je suis ce cours de sable qui glisse

entre le galet et la dune

la pluie d’été pleut sur ma vie

sur moi ma vie qui me fuit me poursuit

et finira le jour de son commencement

 

cher instant je te vois

dans ce rideau de brume qui recule

où je n’aurai plus à fouler ces longs seuils mouvants

et vivrai le temps d’une porte

qui s’ouvre et se referme

 

3

Que ferais -je sans ce monde sans visage sans questions
où être ne dure qu’un instant où chaque instant
verse dans le vide dans l’oubli d’avoir été
sans cette onde où à la fin
corps et ombre ensemble s’engloutissent
que ferai-je sans ce silence gouffre des murmures
haletant furieux vers le secours vers l’amour
sans ce ciel qui s’élève
sur la poussière de ses lests
«que ferai-je je ferai comme hier comme aujourd’hui
regardant par mon hublot si je ne suis pas seul
à errer et à virer loin de toute vie
sans un espace pantin
sans voix parmi les voix
enfermées avec moi

4

je voudrais que mon amour meure

qu’il pleuve sur le cimetière

et les ruelles où je vais

pleurant celle qui crut m’aimer

Poèmes et textes pour rien
Samuel BECKETT
(1906-1989)

Né a Dublin, Samuel Beckett est avec James Joyce, sans doute le plus connu des écrivain irlandais.
Romancier, dramaturge (En attendant Godot, 1952) et poète, il a quitté son pays un peu avant la Seconde guerre mondiale; choisissant de vivre en France, où il a participé activement à la Résistance. Prix Nobel de Littérature 1969, il a écrit en français la majeure partie de son œuvre, dont la plupart de ses poèmes.

WHAT ELSE ?

 

 » Bridge Over Troubled Water » ( Comme un pont sur l’eau trouble) ce tube planétaire de Simon and Garfunkel, a été composé par Paul Simon en 1970, il a y a eu 50 ans le 26 janvier 2020.
J’ai d’ailleurs récemment entendu (sur France Musique) que d’après John Lennon, ce titre aurait inspiré Paul McCartney pour « Let It Be « .
When you’re weary Feeling small When tears are in your eyes…
Toujours est-il qu’hier soir, comme j’attendais « Le Bolero, le refrain du monde » sur Arte à minuit passé , luttant contre le sommeil, j’ai écouté les interprétations ‘d’ELVIS PRESLEY * et d’ ARETHA FRANKLIN*…pour revenir ce matin au célèbre duo dont je ne me lasserai décidément jamais.

When you’re weary
Feeling small
When tears are in your eyes
I will dry them all, I’m on your side…When times get rough


And friends just can’t be found
Like a bridge over troubled water
I will lay me down
Like a bridge over troubled water…

Le 26 janvier 2020 marquait le 50e anniversaire du chef-d’œuvre emblématique de Simon & Garfunkel, Bridge Over Troubled Water.

Bienvenue aux nouveaux abonnés, et merci à tous pour votre fidélité. A bientôt.

À MA PETITE MÈRE ♡

 

Aujourd’hui sous le gris du ciel…

Humeur du moment

🎼

L’amour est un oiseau rebelle
Que nul ne peut apprivoiser
Et c’est bien en vain qu’on l’appelle
S’il lui convient de refuser
Rien n’y fait, menaces ou prières
L’un parle bien, l’autre se tait:
Et c’est l’autre que je préfère
Il n’a rien dit mais il me plaît

L’ amour ! L’amour ! L’amour ! L’amour !

🎧

 

 

AUJOURD’HUI SOUS LE GRIS DU CIEL

Aujourd’hui sous le gris du ciel
je laisse partir celle que j’étais hier
pour devenir celle que je serai demain
Je laisse pleurer la mer,
se noyer les poissons
avec les larmes de mon corps, au fond
Et courir mon cœur d’enfant
qui défie le vent contraire

C’est vrai qu’on aurait pu, tu sais
On aurait pu s’aimer encore un peu
Ou bien d’amour fou comme au début
continuer à se dire des mots doux
douteux de mièvrerie
hurler nos maux à la pleine lune
se brûler les sens la nuit dans les dunes
ou mourir dans nos bras
de nos étreintes de soie
Mais voilà,
à l’aube d’un petit matin froid
on l’aura compris, toi et moi
l’amour s’en vient, l’amour s’en va
comme la marée toujours à son heure
qui n’est jamais la notre de toute façon
S’il est venu un jour avec tout le ciel et toute la terre
c’est de la même manière qu’il repart à tire d’ailes
sans demander son reste

Aujourd’hui sous le gris du ciel
en compagnie des mouettes rieuses
je sautille en chantant « L’ habanera »
A coeur joie, à m’en brûler la voix
Je me mens effrontément

Aujourd’hui sous le gris du ciel
J’ai l’océan et la vie, comme une page blanche
à perte de vue devant moi
Mais pour écrire quoi demain
si tu ne reviens pas ?

SOlène
12/01/2021
(Tous droits réservés)

Extrait (en exclusivité)  de Au milieu de l’hiver j’ai découvert en moi un invincible été *, mon deuxième recueil de poésie à paraître fin mars 2021 ( dans un peu plus deux mois, mais ça  va venir vite)

En attendant…. 

Le printemps reviendra, il revient toujours….

Clic ICI *

WHAT ELSE ? 

Bel après-midi à  tous ! 

A bientôt sur vos blogs…. 🙋‍♀️

Quand je laisse partir ce que je suis, je deviens ce que je pourrais être Quand je laisse partir ce que j’ai, je reçois ce dont j’ai beoin. – Lao Tseu…

DANS MA CABANE

Humeur du moment

 

Ce samedi-là
de rêve et de grand froid
je nous vois là-bas

 

 

 

DANS MA CABANE

C’est de l’autre côté de la frontière
à la lisière d’une forêt de sapin blancs
entre les grands espaces enneigés
d’où sort la fumée d’une cheminée
et l’infini du ciel où passent
des nuées d’oiseaux sauvages
au rythme des nuages

C’est une cabane de chasse isolée
avec à la fenêtre, de la lumière
quelque soit l’heure de la journée
ou parfois même de la nuit
Et à l’intérieur, un couple
Que l’on devine plus qu’on ne le voit
à travers la buée des vitres

Ce couple c’est toi et moi, dans ma tête
Les jours de grisaille et de frimas
Quand le vent du large souffle sur la côte
à faire pleurer la mer
et hurler de faim les mouettes
Alors j’écoute Purcell,  l’air du froid,
et je nous vois, nous aimer là-bas
à la lueur des flammes

C’est une cabane de chasse en bois
au bord d’un lac  gelé qui sert de miroir
à la lune ou au soleil, ou même encore
à un couple de promeneurs bien couverts
venus patiner au grand air jurassien
Ce couple c’est toi et moi
en paix avec la terre entière

SOlène
09/01/2021
(Tous droits réservés)

Pour vivre heureux vivons cachés, loin des bruits du monde et des 7 milliards de regards internautes ( smiley clin d’oeil)

🎧

🎼

.Extrait de « What Power Art Art », Act III, Scène 2 de l’opéra King Arthur/Purcell, Cold Genius Song, air du froid ( sur un livret de John Dryden, inspiré de la légende arthurienne, sur le thème allégorique des pouvoirs de l’amour)…

WHAT ELSE ? 

Bon week-end à  tous !

Prenez soin de vous. Et couvrez-vous bien ☃️

Au milieu de l’hiver j’ai découvert en moi un invincible été (Recueil)

Humeur du moment

 

DEUXIÈME  PARTIE 

LES MEILLEURS AMIS DU MONDE*

C’est aujourd’hui dimanche9
le dernier de novembre
si je me fie au calendrier
Mais c’est un jour étrange
d’automne et d’émoi
où, en plein confinement
ma solitude et moi
avons tellement froid
que j’en pleurerais presque
Au jardin, toutes les roses
sont à présent fanées
et les arbres n’ont plus de feuilles aux branches
Les jours comme les nuits
s’en vont s’en viennent
Tout est si linéaire
Qu’on ne fait plus de différence
entre les jours de la semaine
et un dimanche comme aujourd’hui
Tous les jours, ici, j’ai la mer
le vent, et les mouettes
en bruits de fond
Le temps passe comme ça…
Aussi, parfois, je pense à toi
Toi, là-bas, dans tes paysages
ton lac et tes montagnes…
Aux carrés de chocolat et aux noix
Qui accompagnent toujours ton café
devant le feu de bois
quand tu rentres de tes crapahutages
Et aux ronronnements du chat
à tes battements de cœur, mêlés
lorsque ma tête s’y posait
Bien sûr qu’entre temps
quelqu’un d’autre est venu
quelqu’un que j’ai aimé…
que j’aime peut-être encore
Mais souviens-toi ce qu’on s’était dit
Une fois la déception estompée
nous pourrions devenir alors
les meilleurs amis du monde…


SOlène
29/11/2020

***

LES NUITS DE CHAIR*

Il me semble que ça commence toujours comme ça
comme au fond d’un rêve dont on ne se rappellera pas
C’est l’histoire de deux têtes, deux cœurs et deux corps
deux humains faits d’os, de chair et de sang
Qui se sont rencontrés un soir en hiver
Il n’y a pas de hasard, dirait Paul Eluard
il n’y a que des rendez-vous
Dès la toute première fois, en effet
Ils ont su le pourquoi du comment
c’etait lui, c’était elle
Il y a eu d’autres soirs
mille et un soleil de minuit
mille et une poussière d’étoiles
à écrire pour se les raconter après
À chaque soir ses retrouvailles
A chaque nuit ses ivresses
et ses secrets
A chaque aube, une force nouvelle
pour affronter du monde
les petits matins froids
et les dures journées de labeur
Aragon avait donc raison:
ceux qui s’aiment, savent
ce qu’est la nuit
car ils n’ont qu’elle pour adresse
Aussi, ils l’ont vite compris
les nuits de chair sont au cœur
ce que la tête ne saura jamais décrypter
un mystère qui fait de l’éphémère,
l’éternité
le pont pour atteindre l’indicible
Et bien plus encore !


SOlène
29/11/2020

ET POURTANT TU ME MANQUES **

C’est l’heure où mille et un points d’or
dessinent le pont entre l’île
et la ville qui dort
L’heure tranquille où je veille
en écoutant la Callas
les yeux dans le vague
à la lueur des flammes
Se pourrait-il alors
que je sois comme Carmen
ou madame Butterfly
perdue dans les méandres
du sentiment amoureux
au prisme du chimisme
d’une quelconque dépendance ?
Je sais, la vie n’est pas un opéra
Ce que je vis, n’a rien d’un drame
Mais pourtant…
Oui, pourtant tu me manques
Tu me manques de tous ces matins ouatée
aux odeurs d’iode
et de café au lait
Tu me manques de toutes les marées
de toutes ces journées hivernales
passées sans toi
Tu me manques de tous les après-midi trop courts
de tous les rayons de soleil, du lever au coucher
Et jusque dans ces nuits d’ombres
Où la mer immobile et muette
Rêve de la lune absente
Les mouettes aussi se taisent
quand les lumières qui scintillent
sur la côte, au loin
donnent a ces nuits de décembre
des grands airs de ciel étoilé
Imagine-toi tout simplement
un de ces moments flottants
Où l’on oublierait presque
que le temps passe inexorablement
au-delà du parfum des roses
Voire même au delà de soi
et de toutes ces choses
que l’on a pu se dire autrefois
Les paroles, depuis, ont recouvré
leur silence réparateur
Et les mots, comme des oiseaux
ont fait leur nid
pour mes poèmes en prose
Tout va pour le mieux
dans le meilleur des mondes
C’est juste que je sais pas
comment oublier quelqu’un
qui me faisait oublier tout le reste

SOlene
10/12/2020

***

HEROÏNES *

Entre deux ciels
et deux amours
un bonheur virtuel
qui n’existe pas
et n’existera
probablement jamais
et celui bel et bien réel
des petites choses
qu’elle vit au quotidien
Lally, mon héroïne
mon double
se cherche encore
et toujours
dans l’eau trouble
de ses sentiments

Le front aux vitres, un matin
Je la revois, à travers la pluie
tentant de passer
entre les gouttes
de sa connerie…
Et moi, perdue dans son histoire
entre dune et sablon, l’après-midi
Moi qui n’aime rien tant
que ce mélange intime et diffus
de sable et de sel
d’embruns et de larmes
j’écris le soir
shootée aux bruines de l’océan
et aux couleurs du ciel
A tous les ciels, en fait
Y compris ceux de l’amour
Et des orages de la vie

Mais de quelles amours parlent-on ?
Matt Pygmalion, homme de chair
ou sujet littéraire ?
Mon héroïne et moi, sommes
amoureuses du même homme
comme Norma et Adalgisa dans Casta Diva
écouté la nuit pour couvrir
les cris des étoiles filantes
qui traversent le ciel comme en rêve

Viennent alors, au clair de la lune
les mots se coucher sur le papier
juste avant que je les range
tels des coquillages ramassés sur la plage
dans l’écrin d’un poème.

Et puis, mon héroïne et moi
nous souviendrons d’oublier
C’est notre prière de paix
à la déesse la lune
Casta Diva

SOlène
12/12/2020

***

JE VEUX OUBLIER *

Au nom de toutes ces larmes épandues
Au nom des désirs vainement refoulés
Et parce que j’en ai vraiment assez
de coller mon nez aux vitres des souvenirs
je veux oublier les drames qu’à chaque fois
ça fait
à m’empêcher de vivre et à nouveau d’aimer

Pour que ça aille de mieux en mieux
je veux oublier tout ce qui s’est passé
le pire comme le meilleur
que l’on m’aspire le cerveau à la paille
pour oublier tes mots
Ceux écrits au fil des jours
Ceux dits au creux des nuits
Je veux que tes paroles s’envolent
comme des pétales au vent
en même temps que s’effacent
les parfums des choses
celui des roses
et celui des « toujours »
qui, même s’ils me collent encore
au corps et à l’âme
ne riment plus à rien
car vois-tu
je veux oublier jusqu’au mal
que l’on s’est fait
l’enfant que l’on voulait certains soirs de pleine lune
et ces sales histoires dans lesquelles
Je trempais ma plume, les autres soirs

Je veux tout oublier pour repartir à zéro
avec un autre… Ou avec toi, nous pardonner
Tout oublier comme dans le film
Eternal sunshine of the spotless mind
Soleil éternel de l’esprit immaculé

SOlène
16/12/2020

***

Dernier poème de l’année ( Annus Horribilus)*

À l’aube nouvelle du solstice d’hiver
la vieille horloge sonne la fin du couvre-feu
Mais le soleil,lui, tarde encore à se lever
Sur le vieux port de La Rochelle
les tours et le mât des voiliers
sont noyés dans le brouillard
alors que devant mes yeux
émerge à peine la cime tremblante du grand sapin
que l’on devine à peine à travers la buée des vitres
et du temps qui passe, mine de rien.

Ici maintenant dans le clair obscur de l’appartement
tout est à la même place aujourd’hui, qu’hier même heure
Il y a le parfum entêtant des jacinthes
Celui oppressant du confinement déconfinement;
Les plaintes des arbres aux branches dénudées
que malmène le vent
et le silence lancinant des roses
déchiré par le cri des mouettes, au loin
Et pendant que je tourne machinalement
la petite cuillère dans le café au lait
de mon mug « petite parienne » encore fumant,
je cherche les premiers mots
de ce qui sera mon dernier poème de l’année
Que dire quoi penser de 2020 qui s’achève ?
Annus Horriblus
Annus… année de m…. un seul n te suffirait

Quant a toi, là-bas, tout là-bas
mon inspiration perdue dans l’infiniment blanc
l’infiniment pur des grands froids sibériens
s’il te plaît, rends-moi mon sourire
que tu as emporté avec toi
le jour où tu es parti voir ailleurs
si tu y étais…

SOlène
20/12/2020

LE SURLENDEMAIN DE NOËL  *

( Addio, Del Passato) 

La route a été longue
Il est une heure après minuit
quand je m’arrête devant la maison
Le ciel est noir, la rue est blanche
les mots s’effacent sur le parebrise
comme les flocons dans le va et vient
lancinant des essuie glaces

Addio, del passato bei sogni ridenti
Adieu, du passé beaux rêves rieurs
chante la Callas…

Je lève le son, ravale mes larmes
et les mots que je ne dirai pas
ne sont plus que neige fondue
Notre belle histoire a pris l’eau encore une fois peut-être était-ce la fois de trop
J’ai mis des pulls chauds dans la valise,
pris mes cliques et mes claques
de bon matin, sans éteindre le sapin
Ni même avoir refermé la porte de l’appartement
Mais je n’irai pas pour autant
me noyer dans le lac

Le gioie, i dolori tra coco avian fine
Les joies les peines finiront bientôt

Je ne laisserai pas, non plus, se taire les oiseaux
encore moins le rire de mon cœur
Plutôt laisser se tarir les pleurs
sur l’agonie de mon moi

Non lagrima o fiore avra’ la mia fossa,
aucune larme ni fleur n’aura ma fosse

Plus qu’à éteindre l’autoradio
Tu vois, en ce surlendemain de Noël
il suffisait de remplacer
pourquoi cela arrive-t’il
par qu’est-ce que tout cela m’apprend ?

A lei, deh, perdona; tu accoglila, o Dio.
Or tutto fini’!
À elle, pardonnez-moi; bienvenue, oh mon Dieu.
Maintenant, tout est terminé !

C’est comme ça que j’ai compris:
personne n’est invincible
et certains rêves doivent mourir
pour permettre à d’autres de naître

SOléne

26/12/2020

***

« L’évidence poétique est soumise à une implacable loi de gravitation, tantôt pauvre, tantôt fortunée. La chance du poète, son devoir est d’être matinal, à l’aube de la création pessimiste, pour bien posséder à la fois la tendresse noire du passé et la révélation révolutionnaire du présent. Cette condition remplie, il construira le nom d’une étoile définitive : son poème ». – Lettre de René Char à Georges Mounin, 28 février 1944 (in Correspondance 1943-1988, Gallimard)…

ÉTOILE  *

Sushis, litchis,kakis et marshmallows
J’ai préparé le plateau devant le petit écran éteint
allumé une bougie parfumée à la vanille
pour chasser l’odeur du gel hydroalcoolique
Amoureuse asymptomatique, j’écoute Simon and Garfunkel
The sound of silence
en attendant que mon stylo dégaine ces mots
qui, d’avance, savent déjà tout de nous
de nos peines comme de nos joies
tout de cette éternelle idylle
que je ne me lasse pas de réécrire pour toi
Aussi va savoir pourquoi ce soir
la page reste blanche, ça ne veut pas
J’ai le regard qui s’égare dans le noir du ciel
et l’espoir qui fout le camp par moments
Les arbres pleurent, la terre tourne, indifférente
Maudit virus, tueur de rêves !
Heureusement, la lune veille, sereine
Je voudrais que tu te réveilles
puis que tu m’appelles du creux de ta nuit
et m’endormir comme avant dans le lit de ta voix;
Vaincre la nuit, vaincre le jour, le manque de toi
et ce froid qui s’abat sur moi quand les mots ne viennent pas…
Heureusement, le navire du sommeil finit toujours par venir
à travers les vents, les vagues et les étoiles
J’aime à penser que le navire ce sont tes bras aimants
me laisser porter sur les flots du temps
et les yeux fermés, fixer le petit point lumineux.
Alors je sais que le poème que je t’offrirai au matin
il s’appellera « Etoile »

SOlène
30/12/2020

***

LA NUIT DE L’AN*

Qui es-tu, ange déchu ou démon?
D’où viens-tu, de l’espace infini, d’un paradis perdu
de l’enfer, ou des brumes de l’imaginaire ?
Ô infernal tapage qui, bravant les interdits
m’arrache du plus doux des sommeils !
Tu te faufiles avec la fumée sortie d’un toit,
les odeurs d’un feu de bois et la cacophonie d’une fête clandestine
Puis tu montes comme un cantique de la terre jusqu’au ciel
Cette nuit, la première de l’an, la lune est absente
mais le ciel tout scintillant d’étoiles m’explique en un clin d’oeil
que les astres sont là pour rendre l’univers plus habitable
Il est loin le temps où un enfant naissait dans une étable
Pourtant à chaque crépuscule du soir, à chaque aube nouvelle
Venus, l’étoile du berger, éternellement revient
Cette aube si belle que nul, jamais n’atteint sans passer par le chemin de nuit
Me rendormir alors en paix toute entière,
sauf de cœur et d’âme sachant qu’au matin
j’aurai une minute supplémentaire de soleil
pour écrire le feu, le froid…
la flèche de Cupidon qui m’a transpercée
et tous les vœux que j’ai faits aux étoiles
en cette bruyante et brillante nuit de l’an.
Bonne année, mon amour !

SOlène
01/01/2021

*** 

 NUAGES*

Le vent de janvier pousse les nuages
Des pensées passent dans ma tête
Comme les nuages, je ne les retiens pas
Pieds nus malgré le froid – moins deux,
encore ce matin…
je marche sur le rivage, cheveux au vent, les yeux au ciel
Derrière moi, la vague efface la trace de mes pas
Mais rien n’y fait, j’ai l’horizon pour tout bagage
des désirs et des rêves dans un reste de sommeil
Je ne descends pas, c’est plus fort que moi
La tête dans les nuages, je pense au temps béni
où tu me disais – souviens-toi:
« ensemble ce n’est plus du tout la même notion du temps »
Pour nous, il est vrai que l’éphémère, c’était de l’éternité
Le vent poussait les nuages
Même celui sur lequel on vivait
laissant loin derrière sur le sable mouillé
les cœurs que nous venions de dessiner
et que la marée emporterait à jamais

SOlène
Écrit dans ma tête sans papier ni crayon
02/01/2021

***

DANS MA CABANE

C’est de l’autre côté de la frontière
à la lisière d’une forêt de sapin blancs
entre les grands espaces enneigés
d’où sort la fumée d’une cheminée
et l’infini du ciel où passent
des nuées d’oiseaux sauvages
au rythme des nuages

C’est une cabane de chasse isolée
avec à la fenêtre, de la lumière
quelque soit l’heure de la journée
ou parfois même de la nuit
Et à l’intérieur, un couple
Que l’on devine plus qu’on ne le voit
à travers la buée des vitres

Ce couple c’est toi et moi, dans ma tête
Les jours de grisaille et de frimas
Quand le vent du large souffle sur la côte
à faire pleurer la mer
et hurler de faim les mouettes
Alors j’écoute Purcell,  l’air du froid,
et je nous vois, nous aimer là-bas
à la lueur des flammes

C’est une cabane de chasse en bois
au bord d’un lac  gelé qui sert de miroir
à la lune ou au soleil, ou même encore
à un couple de promeneurs bien couverts
venus patiner au grand air jurassien
Ce couple c’est toi et moi
en paix avec la terre entière. 

SOlène
09/01/2021

***

Aujourd’hui sous le gris du ciel

Aujourd’hui sous le gris du ciel
je laisse partir celle que j’étais hier
pour devenir celle que je serai demain
Je laisse pleurer la mer,
se noyer les poissons
avec les larmes de mon corps, au fond
Et courir mon cœur d’enfant
qui défie le vent contraire

C’est vrai qu’on aurait pu, tu sais
On aurait pu s’aimer encore un peu
Ou bien d’amour fou comme au début
continuer à se dire des mots doux
douteux de mièvrerie
hurler nos maux à la pleine lune
se brûler les sens la nuit dans les dunes
ou mourir dans nos bras
de nos étreintes de soie
Mais voilà,
à l’aube d’un petit matin froid
on l’aura compris, toi et moi
l’amour s’en vient, l’amour s’en va
comme la marée toujours à son heure
qui n’est jamais la notre de toute façon
S’il est venu un jour avec tout le ciel et toute la terre
c’est de la même manière qu’il repart à tire d’ailes
sans demander son reste

Aujourd’hui sous le gris du ciel
en compagnie des mouettes rieuses
je sautille en chantant « L’ habanera »
A coeur joie, à m’en brûler la voix
Je me mens effrontément

Aujourd’hui sous le gris du ciel
J’ai l’océan et la vie, comme une page blanche
à perte de vue devant moi
Mais pour écrire quoi demain
si tu ne reviens pas ?

SOlène
12/01/2021

SOlène VOSSE 

Décembre 2020/Janvierc2O21

(Tous  droits réservés) 

Recueil en cours d’écriture… À suivre !

 « Au milieu de l’hiver j’ai découvert en moi un invincible été » sera donc le titre de mon deuxième recueil de poésie ( sortie prévue  fin mars 2021). Titre prêté par monsieur Albert Camus qui sait d’ores et déjà que j’en ferai bon usage…

Très belle semaine à  tous ! A bientôt sur vos blogs. 

SOlène

Coffee time… Un p’tit Caf’ with me ?

WHAT ELSE ?

ENFANT (S ) DE L’AMOUR *

 

Ce besoin d’aimer pour aimer des poètes de l’amour (2)

Humeur du moment

CATHERINE & LOUISE

13/12/2020

 » Ce besoin d’aimer pour aimer » ( Des poètes de l’amour), Poésie/ Gallimard, Edition André Velter pour Lire mazine littéraire ( décembre 2020)…

I

CATHERINE 

Très haut amour

AVE 

( Pages 62 et 63) 

Très haut amour, s’il se peut que je meure

Sans avoir su d’où je vous possédais,

En quel soleil était votre demeure

En quel passé votre temps, en quelle heure

Je vous aimais,

 

Très haut amour qui passez la mémoire,

Feu sans foyer dont j’ai fait tout mon jour,

En quel destin vous traciez mon histoire,

En quel sommeil se voyait votre gloire,

Ô mon séjour…

 

Quand je serai pour moi-même perdue

Et divisée à l’abîme infini,

Infiniment, quand je serai rompue,

Quand le présent dont je suis revêtue

Aura trahi,

 

Par l’univers en mille corps brisée,

De mille instants non rassemblés encor,

De cendre aux cieux jusqu’au néant vannée,

Vous referez pour une étrange année

Un seul trésor

 

Vous referez mon nom et mon image

De mille corps emportés par le jour,

Vive unité sans nom et sans visage,

Cœur de l’esprit, ô centre du mirage

Très haut amour

Catherine POZZI

ONYX

À Louise aussi de Lyon et d’Italie

Ô vous mes nuits, ô noires attendues
Ô pays fier, ô secrets obstinés
Ô longs regards, ô foudroyantes nues
Ô vols permis outre les cieux fermés.

Ô grand désir, ô surprise épandue
Ô beau parcours de l’esprit enchanté
Ô pire mal ô grâce descendue
Ô porte ouverte où nul n’avait passé

Je ne sais pas pourquoi je meurs et noie
Avant d’entrer à l’éternel séjour.
Je ne sais pas de qui je suis la proie.
Je ne sais pas de qui je suis l’amour.

Extrait de Très haut amour
« Poésie/Gallimard », n°378

Ce poème écrit « d’un trait » (comme le souligne Catherine Pozzi dans son Journal, éditions Phébus libretto, 2005, page 699) est le dernier texte qu’elle a composé (5 novembre 1934). Un mois avant sa mort (3 décembre 1934, à l’âge de cinquante-deux ans), six ans après sa rupture avec Paul Valéry.

Ce poème est directement inspiré du sonnet II de Louise Labé : « Ô beaux yeux bruns, ô regards détournés […] Ô noires nuits vainement attendues […] ». Le caractère autobiographique du poème « Nyx » (« nuit » en grec) est pour partie attesté par la dédicace elle-même (Catherine Pozzi étant née Catherine-Marthe-Louise Pozzi).

« Ô BEAUX YEUX BRUNS »

II

LOUISE

Que tant de feux portant 

Ô beaux yeux bruns, ô regards détournés,
Ô chauds soupirs, ô larmes épandues,
Ô noires nuits vainement attendues,
Ô jours luisants vainement retournée !

Ô tristes plaints, ô désirs obstinés,
Ô temps perdu, ô peines dépendues,
Ô milles morts en mille rets tendues,
Ô pires maux contre moi destiné !

Ô ris, ô front, cheveux bras mains et doigts !
Ô luth plaintif, viole, archet et voix !
Tant de flambeaux pour ardre une femelle !

De toi me plains, que tant de feux portant,
En tant d’endroits d’iceux mon cœur tâtant,
N’en ait sur toi volé quelque étincelle.

Baise m’encor, rebaise-moi et baise ;
Donne m’en un de tes plus savoureux,
Donne m’en un de tes plus amoureux :
Je t’en rendrai quatre plus chauds que braise.

Las ! te plains-tu ? Çà, que ce mal j’apaise,
En t’en donnant dix autres doucereux.
Ainsi, mêlant nos baisers tant heureux,
Jouissons-nous l’un de l’autre à notre aise.

Lors double vie à chacun en suivra.
Chacun en soi et son ami vivra.
Permets m’Amour penser quelque folie :

Toujours suis mal, vivant discrètement,
Et ne me puis donner contentement
Si hors de moi ne fais quelque saillie.

Louise LABÉ 

( 1524-1566) 

Extraits d’Oeuvres  poétiques, « Poésie  Gallimard », n°17

 

Sur le sonnet « Ô beaux yeux bruns » de Louise Labé, relu par Maurice Ohana…

« Les grandes leçons de musique, ce ne sont pas les musiciens qui me les ont données. Je les ai reçues concrètement de la mer, du vent, de la pluie sur les arbres et de la lumière, ou encore de la contemplation de certains paysages que je recherche parce qu’ils ont l’air d’appartenir plus à la création du monde qu’à nos contrées civilisées. »
Maurice Ohana
Compositeur français
( 1913-1992)

WHAT ELSE ? 

Ce besoin d’aimer pour aimer (1)

( Lien) 

 

Les meilleurs amis du monde… Suivi par « Les bons moments sont trop courts »

Humeur du moment

…. »Ce n’est pas parce qu’on se remémore qu’on oublie, c’est parce qu’on oublie qu’on se remémore »….

@solenev 🇨🇭

 

Il y a, en tout cas,  une chose à laquelle je crois vraiment: lorsqu’on a aimé quelqu’un très fort, même quand on ne l’aime plus, on l’aime encore  » – SOlène….

LES MEILLEURS AMIS DU MONDE

C’est aujourd’hui dimanche
le dernier de novembre
si je me fie au calendrier
Mais c’est un jour étrange
d’automne et d’émoi
où, en plein confinement
ma solitude et moi
avons tellement froid
que j’en pleurerais presque
Au jardin, toutes les roses
sont à présent fanées
et les arbres n’ont plus de feuilles aux branches
Les jours comme les nuits
s’en vont s’en viennent
Tout est si linéaire
Qu’on ne fait plus de différence
entre les jours de la semaine
et un dimanche comme aujourd’hui
Tous les jours, ici, j’ai la mer
le vent, et les mouettes
en bruits de fond
Le temps passe comme ça…
Aussi, parfois, je pense à toi
Toi, là-bas, dans tes paysages
ton lac et tes montagnes…
Aux carrés de chocolat et aux noix
Qui accompagnent toujours ton café
devant le feu de bois
quand tu rentres de tes crapahutages
Et aux ronronnements du chat
à tes battements de cœur, mêlés
lorsque ma tête s’y posait
Bien sûr qu’entre temps
quelqu’un d’autre est venu
quelqu’un que j’ai aimé…
que j’aime peut-être encore
Mais souviens-toi ce qu’on s’était dit
Une fois la déception estompée
nous pourrions devenir alors
les meilleurs amis du monde…
SOlène
29/11/2020

🎧

….🎼

Dehors une averse crépite sur les pavés gris de la cour
Mais nos rêves sont sans limites
La jolie dame qui s’abrite
Porte à ses pendants d’oreille du soleil
(Hey, hehehey, hehehou) Du soleil
(Hey, hehehey, hehehou)
Est-ce que c’est lilas ou jonquille mais son parfum me joue des tours
Sous des gouttières qui scintillent
Elle sert dans son cœur de fille
Le monde avec tout ce qui tourne autour
(Hey, hehehey, hehehou) Autour
(Hey, hehehey, hehehou)
Dans un mouvement de bottine et le frôlement du velours
Elle part comme tu l’imagines et l’eau de la flaque assassine
Elle l’évite d’un délicieux détour
(Hey, hehehey, hehehou)
C’était une pluie de passage
Le vent tiède est venu, dommage
Sécher les pavés de la cour
(Hehehou) La dame est partie un peu vite
(Hehehou) Mes rêveries de terre de cuite
Toutes éparpillées sur le parcours
(Hey, hehehey, hehehou) Le parcours
(Hey, hehehey, hehehou)
L’averse a terminé sa route quelque part dans les alentours
Accrochés aux dernières gouttes ses mots que personne n’écoute
Disent que les beaux moments sont trop courts
(Hey, hehehey, hehehou) Trop courts
(Hey, hehehey, hehehou)
Les beaux moments sont trop courts
(Hey, hehehey, hehehou)
(Hey, hehehey, hehehou)

WHAT ELSE ? 

TIRAGE AU SORT du 15/12: la liste des participants s’allonge ( mise à jour 29/11) …

– Jean-Louis du blog Toutlopera (ou presque). En d’autres temps
– Régis du blog Maux et cris, Ton baiser
– Alain du blog Bibliofeel, Ton baiser
– Nadia de Facebook, Lune bleue
– Grégory de Facebook, En d’autres temps
– Marceline de Facebook, Délire et fièvre
-Beatrice Facebook, En d’autres temps
-Hélene WP, Insta et WP, Délire et fièvre
– Domy No, Lune bleue
– Marie, En d’autres temps
– Pipelette liseuse, En d’autres temps
– Antonio Facebook, En d’autres temps
– Ugetse WP, Insta, Ton baiser
-Swanaelle facebook et WP, ton baiser
– Geneviève Facebook, Insta et WP, Ton baiser
– Angelina ( famille) Instagram, Ton baiser
– Charef Worpress, Ton baiser
– Yann Facebook et WP, Ton baiser
– Steph’ ( amie real life) Insta et FB, Délire et fièvre
– André ( alias Pitou) Facebook, Lune bleue
– Chrys (amie) Facebook, A préciser
– Corinne WordPress, Ton baiser
– PatiVore Wirdpress, Délire et fièvre
– Roland WordPress, Ton baiser

MERCI à vous tous d’avoir voté. Les autres, pas de panique: vous avez jusqu’au 14/12 pour nous dire quel est votre poème préféré parmi les 4 proposés ICI *

 

Un très bel après-midi et une soirée toute douce à vous tous !

Café, musique, poésie…. demandez le programme !

Humeur du moment

Hi Everybody !

⬇️

Dès aujourd’hui 25/11, VOTEZ pour votre poème préféré parmi les 4 qui vous sont proposés ci-dessous, et GAGNEZ un exemplaire dédicacé de mon premier recueil de poésie, pour vous ou à offrir pour Noël. Le tirage au sort aura lieu le 15/12 prochain. Il y aura trois (heureux) gagnants: un sur WordPress, un sur Facebook et un sur Instagram. C’est parti ! Café, musique…. bonne lecture à tous.

🎧

 » La poésie est parole aimante, parole émerveillante, parole enveloppée sur elle-même, pétales d’une voix tout autour d’un silence. Toujours en danger de n’être pas entendue. Toujours au bord du ridicule, comme sont toutes les paroles d’amour. On croit que la poésie est un agencement un peu maniéré de certains mots, une façon obscure de faire tinter un peu d’encre et de songe. Mais ce n’est pas ça. Ce n’est pas ça du tout.  » – Christian Bobin, La merveille et l’obscur (1991)….

⬇️

POÉSIE CONFINÉE 

(Novembre 2020) 

LUNE BLEUE 

Figée dans la fraîcheur sérotinale de novembre, pas un seul instant, tu n’envisageais la fin. Mais lors de ces soirs de grandes solitudes
vient toujours ce moment
où la réalité se superpose aux rêveries derisoires
C’est souvent à l’heure du clair-obscur
quand il ne fait plus vraiment jour
et pas encore nuit
que la lucidité s’impose…

Il te revient alors le souvenir aiguisé de la nuit dernière d’Halloween
à la lueur étincelante d’une pleine lune bleue
et de ta fuite éperdue à travers les venelles engluées de brumes
Il n’y aurait plus d’après, ni de chansons pour tes matins
Non plus de rêves d’amour pour tes nuits
Au mieux des désirs flous pour les crépuscules solitaires
Au pire des cauchemars comme celui qui venait de te sortir du lit
te faisant oublier presque que la vie commence
là où la peur s’arrête
Sorcière ébouriffée, remontée des Enfers
tu savais bien, pourtant
qu’il n’est de chemin que celui qui mène à la lumière
la beauté, la liberté…
Tu as couru, couru, pieds nus dans cette vieille paires de baskets
qui, elles, connaissent le chemin de la plage
Où, là, très haut dans le ciel, la lune semblait t’attendre,
en se reflétant, tranquille, sur l’océan
Comme pour te rappeler
qu’il faut toujours s’élever au dessus des petites choses

L’heure est peut-être venue de déposer les armes
et de mettre tes tripes sur la table
Ecrire en lettres de sang, à la sueur de ta peine.
Écrire à coup de couteau remué dans la plaie; Et de hache pour briser cette mer de glace
que l’attente a formée en toi.

SOlène
01/11/2020
(Tous droits réservés)

***

DÉLIRE ET FIÈVRE

Chaud, froid, mal nulle part
mal partout
Je dors je me réveille
Je dors sur les braises
d’un amour presque mort
Je me réveille quand le jour
prend la place de la nuit
Je me réveille sans savoir l’heure qu’il est.
Ni le mois
Je ne sais pas je ne sais plus
Si c’est toujours l’automne
Ou déjà l’hiver
le chagrin qui m’oppresse.
Ou le reste
J’ai le cœur lourd
et le corps qui frissonne
comme les branches du dehors
que le vent déshabille dans le froid
Le corps qui ne sait pas, lui non plus
si il existe encore
Je rêve alors d’une mise en sommeil
d’une durée illimitée
puis qu’on me réveille
quand tout ça sera fini
Sinon je le sais, je vais mourir
non pas de la maladie
mais du manque de toi
dans le lit de nos ébats.

SOlène
04/11/2020
(Tous droits réservés)

*** 

EN D’AUTRES TEMPS

« Cette absence, en d’autres temps, m’aurait fait chanter « Reviens, reviens »….

Essuyée la larme furtive qui a roulé à la lecture de tes mots
je prends mon Pilot pour écrire un nouveau poème
dans lequel, en d’autres temps, c’est certain
il n’aurait été question que de nous
de toi, de moi,
cet amour fou qui n’est plus que souvenirs
Mais où sont passées les lumières qui nous guidaient ?
Que sont devenues les beautés qui avaient fait de notre vie un rêve ?
La nuit tombe à présent de ce côté ci du monde
Enveloppant lentement mais sûrement mon quartier et la ville entière
La Rochelle, ma belle et rebelle repliée sur elle-même
ses rues, ses parcs, son vieux port et ses remparts…
Tous ses commerces et cafés fermés jour et nuit
Et tout alentour plongé dans un profond silence
qui, le soir venu, s’approfondit encore au fur et à mesure
que je sens monter en moi, sinon l’angoisse
le désarroi qui finit toujours par me prendre à la gorge
L’amour et ses lendemains qui déchantent…
Et justement l’incertitude du lendemain
qui pèse sur nos vies comme une menace…
L’imprévisible et l’impermanence, je le sais bien
sont l’essence même de la vie
Ce n’est pas pour autant que je dois laisser
mes pensées me ramener au passé qui n’est plus
Encore moins me conduire vers un futur que j’ignore
Ou même encore un ailleurs improbable.

Alors plus qu’à rester sur le fil de l’instant présent
Instable équilibre à réajuster inlassablement
Regarder le café couler de la machine a expresso…

Et puis écouter en boucle une chanson de circonstance
Laquelle, en d’autres temps, m’aurait fait dire « je t’attends »….

SOlène
15/11/2020
(Tous droits réservés)

***

TON BAISER

Plus de lune ni d’étoiles
Juste un reste de nuit
Et je rêvais…
Je rêvais que je dormais
Je dormais dans un bois
perdue quelque part
dans la lumière du noir
Je rêvais déjà les mots
du poème qu’à présent j’écris
quand j’ai senti tes lèvres
sur les miennes au matin
dans l’espace temps
que le rêve avait transformé
en poussières d’éternité
C’était juste avant, je crois
que ta voix efface le bruit de la pluie
et que ton baiser plus vrai qu’en vrai
ne soit brusquement interrompu
par la première sonnerie du réveil.
Pas d’ailes alors, , ni d’oiseau
mais des battements de cœur
Et sur mes lèvres encore à vif
ton baiser qui prolonge le rêve.
SOlène
24/11/2020
(Tous droits réservés)

By André Conan presqu’île de Crozon….

Résumé: 

Tu sauras que dans chacun de mes mots, dans la mélodie de chaque poème de ce recueil, sur chacune de ces pages si fortement iodées, il n’aura pourtant été question que de toi, cette incroyable coïncidence entre toi et l’amour que je ressens pour toi. L’amour de la vie, l’amour de la mer, l’amour de l’amour qui ne font qu’un… Encore et toujours. Depuis la nuit des temps. Enfin, tu sauras qu’entre toi, ces poèmes écrits pour toi et leurs mots conçus parfois entre les draps froissés, engendrés dans les brumes de ces matins gris au goût sucré salé d’embruns et de café au lait au lit, je n’ai écrit que pour toi, même avant notre première nuit, même dans le temps de ce long et vieux chagrin qui l’a précédée… En tout cas, bien avant que ton entrée en mon âme la pacifie. -SOlène…

WHAT ELSE ? 

Eh bien, à vous de jouer maintenant. Rien de compliqué, il suffit de mettre le titre de votre poème préféré dans un commentaire. 

Très très belle journée de cocooning à tous ! 

SOlène 

 

TON BAISER

Humeur du moment

Plonge au fond du rêve
qu’un slogan ne te submerge
(l’arbre est ses racines
et le vent du vent)
Plonge au fond du rêve de E.E. Cummings

Le baiser est la plus sûre façon de se taire en disant tout. – Guy de Maupassant…

TON BAISER

Plus de lune ni d’étoiles
Juste un reste de nuit
Et je rêvais…
Je rêvais que je dormais
Je dormais dans un bois
perdue quelque part
dans la lumière du noir
Je rêvais déjà les mots
du poème qu’à présent j’écris
quand j’ai senti tes lèvres
sur les miennes au matin
dans l’espace temps
que le rêve avait transformé
en poussières d’éternité
C’était juste avant, je crois
que ta voix efface le bruit de la pluie
et que ton baiser plus vrai qu’en vrai
ne soit brusquement interrompu
par la première sonnerie du réveil.
Pas d’ailes alors, , ni d’oiseau
mais des battements de cœur
Et sur mes lèvres, encore à vif
ton baiser qui prolonge le rêve.


SOlène
24/11/2020
(Tous droits réservés)

La poésie se fait dans un lit comme l’amour. Les draps défaits sont l’aurore des choses. – André Breton….

Fie-toi à ton cœur
quand s’embrasent les mers
(et ne vis que d’amour
même si le ciel tourne à l’envers)
Plonge au fond du rêve de E.E. Cummings

🎧

La Rusalka de Dvorak est un opéra qui raconte l’histoire d’amour à  sens unique entre cette sorte de petite sirène russe et un prince. 
Alors Rusalka demande à la sorcière Jezibaba de lui donner forme humaine pour qu’elle puisse conquérir l’amour du jeune prince qui vient souvent se baigner dans le lac. Mais le prix à payer est lourd : elle perdra l’usage de sa voix et sera éternellement damnée si son amour n’est pas partagé. Le prince, d’abord séduit par la beauté de Rusalka, se lasse de son perpétuel silence et s’éprend d’une princesse étrangère. Trahie, Rusalka est perdue et lorsque le prince pris de remords cherche à la retrouver, elle lui avoue que si elle lui donne le baiser qu’il lui réclame, il en mourra. Le prince l’enlace et meurt dans ses bras. Après cette dernière étreinte, Rusalka disparaît pour toujours au fond du lac.

WHAT ELSE ? 

POÉSIE CONFINÉE

(Mise à jour 24/11/2020)

COCOONING

Humeur du moment

 

📌

Ne pas dire un mot de toute une journée, ne pas voir de journal, ne pas entendre de radio, ne pas écouter de commérages, s’ abandonner absolument, complètement à la paresse, être absolument, complètement indifférent au sort du monde, c’est la plus belle médecine que l’on puisse d’administrer -Henry Miller…

🎧

Hier soir en m’endormant, je repensais à toutes ces choses que j’aimais particulièrement à cette époque-là de l’année et de mon anniversaire, le Prix Goncourt ( je les collectionne), le Baujolais nouveau à déguster dans l’intimité autour d’une planche ou d’une raclette avec des êtres chers ( famille, amis)… Et pardessus tout, les week-ends de cocooning en pyjama avec un bon bouquin ou à écrire en écoutant de la musique. Au chaud alors qu’il fait un temps pourri dehors. Eh bien, en ce moment je suis gâtée, c’est cocooning tous les jours. Et oui, il suffisait d’en changer le nom pour donner au confinement une toute autre saveur. Sur ce, je me suis endormie paisiblement.
Je vous souhaite une excellente semaine, et une très très belle journée de lundi pour bien la commencer.
Prenez soin de vous. A bientôt !
SOlène

WHAT ELSE ?

L’EFFET JAENADA

Merci pour cette nuit d’ insomnie

Poésie confinée (mise à jour le 23 novembre 2020)

 

« L’imagination porte bien plus loin que la vue »

En d’autres temps… s/ « On voudrait revivre »

Humeur du moment

EN D’AUTRES TEMPS

« Cette absence, en d’autres temps, m’aurait fait chanter « Reviens, reviens »….

Essuyée la larme furtive qui a roulé à la lecture de tes mots
je prends mon Pilot pour écrire un nouveau poème
dans lequel, en d’autres temps, c’est certain
il n’aurait été question que de nous
de toi, de moi,
cet amour fou qui n’est plus que souvenirs
Mais où sont passées les lumières qui nous guidaient ?
Que sont devenues les beautés qui avaient fait de notre vie un rêve ?
La nuit tombe à présent de ce côté ci du monde
Enveloppant lentement mais sûrement mon quartier et la ville entière
La Rochelle, ma belle et rebelle repliée sur elle-même
ses rues, ses parcs, son vieux port et ses remparts…
Tous ses commerces et cafés fermés jour et nuit
Et tout alentour plongé dans un profond silence
qui, le soir venu, s’approfondit encore au fur et à mesure
que je sens monter en moi, sinon l’angoisse
le désarroi qui finit toujours par me prendre à la gorge
L’amour et ses lendemains qui déchantent…
Et justement l’incertitude du lendemain
qui pèse sur nos vies comme une menace…
L’imprévisible et l’impermanence, je le sais bien
sont l’essence même de la vie
Ce n’est pas pour autant que je dois laisser
mes pensées me ramener au passé qui n’est plus
Encore moins me conduire vers un futur que j’ignore
Ou même encore un ailleurs improbable.

Alors plus qu’à rester sur le fil de l’instant présent
Instable équilibre à réajuster inlassablement
Regarder le café couler de la machine a expresso…

Et puis écouter en boucle une chanson de circonstance
Laquelle, en d’autres temps, m’aurait fait dire « je t’attends »….

SOlène
15/11/2020

 

Quelques notes de musique résonnent dans l’intimité  d’un studio d’enregistrement, et Léopoldine HUMMEL et Maxime KERZANET nous emmènent pour un voyage poétique  entre musique et théâtre…. 

🎼

ON VOUDRAIT REVIVRE

On voudrait revivre.
Ça veut dire
On voudrait vivre encore la même chose.
Refaire peut-être encore le grand parcours,
Toucher du doigt le point de non-retour
Et se sentir si loin, si loin de son enfance.
En même temps qu’on a froid, quand même on pense
Que si le ciel nous laisse on voudra
Revivre.
Ça signifie
On voudrait vivre encore la même chose.
Le temps n’est pas venu qu’on se repose.
Il faut refaire encore ce que l’on aime,
Replonger dans le froid liquide des jours, toujours les mêmes
Et se sentir si loin, si loin de son enfance.
En même temps qu’on a froid, qu’on pleure, quand même on pense
Qu’on a pas eu le temps de terminer le livre
Qu’on avait commencé hier en grandissant,
Le livre de la vie limpide et grimaçant
Où l’on était saumon qui monte et qui descend,
Où l’on était saumon, le fleuve éclaboussant,
Où l’on est devenu anonyme passant,
Chevelu, décoiffé, difforme,
Chevelu, décoiffé, difforme se disant
On voudrait revivre, revivre, revivre.
On croit qu’il est midi, mais le jour s’achève.
Rien ne veut plus rien dire, fini le rêve.
On se voit se lever, recommencer, sentir monter la sève
Mais ça ne se peut pas,
Non ça ne se peut pas,
Non ça ne se peut

WHAT ELSE ? 

Au moment où je vous écris ces quelques lignes, ça sent bon l’océan. Le ciel est bleu. D’un bleu pâle, mais sans nuage. Et pur… Je savoure l’éphémère dans la lumière d’un bel après-midi de novembre.
Derrière, les jours et les nuits de  délire et fièvre * à se dire, « je me suis chopé le covid, je vais mourir ». (Tant et si bien que j’avais fini par me faire une raison,  » de toute facon si j’en meurs, je ne le saurais pas ». Alors même pas peur. Euh.. presque pas peur )
Aujourd’hui, je me sens comme le phénix, oiseau fabuleux du désert qui se faisait périr sur un bûcher pour renaître de ses cendres, et vécut des siècles. Aujourd’hui, je fais de chaque instant, mon éternité.
Belle fin d’après-midi et douce soirée à tous. Je vous souhaite les plus beaux, les plus grands moments qui soient. A bientôt, au plaisir de vous lire.
SOlène

😷

TOUCHER LE FOND… S/ JE CROIS ENTENDRE ENCORE (BIZET/GILMOUR)

Humeur du moment

C’est la force de l’esprit qui fait avancer dans la vie, gagner du terrain, se battre contre l’injustice et lutter contre vents et marées.- « Femmes qui courent avec les loups » de
Clarissa Pinkola Estés….

 

 

Ce n’est pas à vous qui me lisez, que je vais l’apprendre, cela fait un petit moment déjà que sur la blogosphère je brille surtout par mon absence. J’en suis désolée, mais le cœur n’y est plus. Ni l’inspiration. Le reconfinement, l’isolement et la covid pour couronner le tout – plus cauchemardesque tu meurs ! Aussi, j’ai eu – j’avoue, parfois l’impression de toucher le fond. Ça fait peur, très peur de toucher le fond. Sentir que l’on arrive à la limite de nos forces. Se dire qu’on a tout perdu, même l’espoir. Qu’y a-t-il de pire que cela ? C’est la question que je me suis posée tout à l’heure au réveil.
Debout devant la Nespresso, je regardais le café couler quand je me suis tout à coup rappelé d’un passage de Femmes qui courent avec les loups, et dans lequel cette même question se posait juste différemment: que pouvons-nous perdre de plus une fois que nous avons tout perdu?
C’est pour l’auteure, Clarissa Pinkola Estès, à ce moment là que surgissent de nouvelles choses, souvent magiques. Nous quittons notre peau, nos artifices et nos poids pour nous élever, pour grandir et être beaucoup plus fortes…
Une des plus belles phrases de ce livre, et que je viens de retrouver dans mes notes:

« La meilleure terre pour semer et faire pousser de nouvelles choses est le fond de tout. Ainsi, toucher le fond, même s’il s’agit d’un acte extrêmement douloureux, est aussi un terrain plein de semences”

WHAT ELSE ? 

Cinq poèmes d’automne (octobre 2020)

Poésie confinée (novembre 2020)0

( La parution de mon deuxième recueil de poésie est prévue fin du premier semestre 2021, après « Betail intime, journal d’une conne qui se soigne » en début d’année)

🎼

Je crois entendre encore
Caché sous les palmiers
Sa voix tendre et sonore
Comme un chant de ramiers.
Oh nuit enchanteresse
Divin ravissement
Oh souvenir charmant,
Folle ivresse, doux rêve!
 
Aux clartés des étoiles
Je crois encor la voir
Entr’ouvrir ses longs voiles
Aux vents tièdes du soir.
Oh nuit enchanteresse
Divin ravissement
Oh souvenir charmant
Folle ivresse, doux rêve!
 
Charmant Souvenir!
Charmant Souvenir!
 

Bonne journée !

 

Et puisque cette crise sanitaire ne nous laisse pas le choix, et que je suis en convalescence, quitte à affronter la solitude, je compte bien profiter de cette période pour me consacrer totalement à l’écriture. Je serai donc peu présente sur les réseaux sociaux, mais je passerai ponctuellement sur vos blogs. Et sur le mien pour poster quelques podcasts ( lecture de mes poèmes à haute voix).
En attendant merci à vous qui passez et commentez régulièrement pour votre fidélité à ce blog. A bientôt, au plaisir de vous lire. Et surtout prenez soin de vous.
SOlène 

😷

Même si l’exil n’est pas une chose que l’on souhaite par amusement, il nous apporte une chose inespérée. Les cadeaux de l’exil sont nombreux. Il extrait notre faiblesse en nous donnant des coups, il fait disparaître les pleurs, il habilite une perception interne aiguë, il renforce l’intuition, il donne le pouvoir d’observer profondément…” – Femmes qui courent avec les loups de Clarissa Pinkola Estés…

Chaque femme porte en elle une force naturelle, instinctive, riche de dons créateurs et d’un savoir immémorial. Mais la société et la culture ont trop souvent muselé cette « Femme sauvage », afin de la faire entrer dans le moule réducteur des rôles assignés. Psychanalyste et conteuse, fascinée par les mythes et les légendes, auteur également du Jardinier de l’éden, Clarissa Pinkola Estés nous propose de retrouver cette part enfouie, pleine de vitalité et de générosité, vibrante, donneuse de vie. A travers des « fouilles psycho-archéologiques » des ruines de l’inconscient féminin, en faisant appel aux traditions et aux représentations les plus diverses, de la Vierge Marie à Vénus, de Barbe-Bleue à la petite marchande d’allumettes, elle ouvre la route et démontre qu’il ne tient qu’à chacune de retrouver en elle la Femme sauvage.Best-seller aux Etats-Unis, ce livre exceptionnel est destiné à faire date dans l’évolution contemporaine de l’identité féminine.

DÉLIRE ET FIÈVRE (POÉSIE CONFINÉE )

Humeur du moment

J’ai le cœur lourd
et le corps qui frissonne
comme les branches du dehors
que le vent déshabille dans le froid
Le corps qui ne sait pas, lui non plus
si il existe encore

 

4 novembre 2020

 

 

Qui n’a pas connu l’absence ne sait rien de l’amour. Qui a connu l’absence a pris connaissance de son néant – de cette connaissance lointaine qui fait trembler les bêtes à l’approche de leur mort. – Christian Bobin, Une petite robe de fête….

 

Poésie, mon amour…. S/ « L’amour est un flambeau »

Humeur du moment

Dans ta pensée où tout est beau,
Que rien ne tombe ou ne recule.
Fais de ton amour ton flambeau.
On s’éclaire de ce qui brûle.
Les Contemplations de Victor Hugo

 

Plutôt regarder les belles choses…

 

..L’obscurantisme, la pandémie et le reconfinement…  Novembre  est arrivé avec ses trompettes de la mort et son cortège funèbre …
Peut-on croire encore à la fin du tunnel quand tout est si sombre autour de nous  ?

Eh bien oui, moi je dis que oui, Le printemps reviendra, il revient toujours *. Tant que la poésie durera, l’espoir du monde perdurera. Poésie, mon amour.

SOlène

🌹

La poésie, c’est la communion absolue d’une personne à  une autre.  Un partage sans reste, un échange sans perte. On ne peut pas mentir en poésie.
On ne peut dire que le vrai et seulement le vrai.
Si on ment on sort de la poésie. Si belle soit la phrase qu’on écrit, si on ment on sort de la poésie pour choir dans le langage coutumier, dans le mensonge habituel, dans la vie ordinaire, morte.  » – Christian Bobin, La merveille et l’obscur… 

WHAT ELSE ?

Cinq poèmes d’automne (octobre 2020)

Poésie confinée (novembre 2020)0

Château de brume

🎧

Béatrice et Bénédict, un opéra-comique en deux actes d’Hector Berlioz, d’après Much Ado about Nothing (Beaucoup de bruit pour rien) de William Shakespeare, créé à Baden-Baden le 9 août 1862.

🎼

BÉNÉDICT

L’amour est un flambeau…

BÉATRICE

L’amour est une flamme…

BÉNÉDICT

Un feu follet qui vient on ne sait d’où…

BÉATRICE

Qui brille et disparaît…

BÉNÉDICT

Qui brille et disparaît…

BÉATRICE

…Pour égarer notre âme…

BÉNÉDICT

…Attire à lui le sot et le rend fou.

BÉATRICE

Folie, après tout, vaut mieux que sottise.

BÉNÉDICT

Folie, après tout, vaut mieux que sottise.

BÉATRICE ET BÉNÉDICT

Adorons-nous donc, et quoi qu’on en dise,
Un instant soyons fous!
Aimons-nous!
Je sens à ce malheur ma fierté résignée;
Sûrs de nous haïr, donnons-nous la main!
Oui, pour aujourd’hui la trêve est signée;
Nous redeviendrons ennemis demain!

HÉRO, URSULE, CLAUDIO, DON PEDRO

LE CHŒUR

Demain

 

« L’amour ne peut pas donner une idée de la musique, la musique peut en donner une de l’amour… Pourquoi séparer l’un de l’autre ? Ce sont les deux ailes de l’âme ».

HISTOIRE D’ÂMES…

Humeur du moment

L’esprit raisonne, l’âme résonne
L’esprit se meut, l’âme s’émeut
L’esprit communique, l’âme communie.

François Cheng – De l’âme…

 

 

À  TOI

Hier après-midi j’ai marché dans le marais
A travers pré et tout au long des chemins de halage
Jusque dans les herbes hautes de ces endroits sauvages et secrets
Où les touristes ne vont pas
J’ai croisé un jeune cerf – je crois que c’était un cerf
Qui cherchait un peu de fraîcheur à côté d’un vieux puits
Où l’on entend sourdre l’eau sans la voir
Un âne du Poitou esseulé dans son pâturage baigné par la douce lumière d’été
Des hérons cendrés et quelques ragondins
Puis j’ai bu une bière tiède, assise au bord de l’eau
Et là, j’ai regardé passer les barques avec des gens
Qui me faisaient des signes de la main
Entre frênes têtards, libellules et chants d’oiseaux
Elles glissaient lentement sur les lentilles d’eau
Quand un des bateliers a arrêté la sienne
Pour faire sa démonstration de feu d’eau
Remuant la vase avec sa rame pour libérer le gaz
il a ensuite approché son briquet et le gaz s’est enflammé

Je finirai dans la journée ce recueil de poèmes écrits pour toi
Que le plus grand nombre sans doute lira
Mais peu importe, au fond, ce que les autres croient
L’important c’est que toi tu saches le pourquoi du comment
Je me suis improvisée poétesse cet hiver-là
Où il faisait si froid que le vent en soufflant
Secouait les volets qui grinçaient des nuits entières
Et les saules que j’ entendais gémir dans des brumes interminables

Personne ne saura jamais tout ce qu’on s’est dit
Ni rien, non plus, de nos étreintes fulgurantes certaines nuits de pleine lune
Quand je devenais ta louve à toi, à la lueur d’un feu de bois
Plus tard la poésie m’aura permi de comprendre
Qu’on peut être une jeune-femme et à la fois une vieille âme
Et que du manque, nait le désir, nous sommes donc des enfants du désir
Toi que j’ai sûrement connu et aimé dans une vie antérieure
On se retrouvera dans une autre, pour ne plus se quitter, c’est certain
En attendant je ne sais plus quoi te dire que tu ne saches déjà
Si l’hiver prochain te semble long
si certaines nuits de grande solitude tu as froid
Alors dis-toi que le printemps reviendra, il revient toujours

SOlène
25/07/2020

LE BRUIT DE LA MER

Tintement des mots dans le cristal
Nous fêtions la sortie de ce recueil
En trinquant je t’ai dit: écoute
Le champagne dans sa mousse
Il fait le même bruit que la mer
La mer qui, en remontant
M’enveloppait imperceptiblement
Comme d’une couette légère
De ce même bruit familier des vagues
Qui berçait mon enfance à « La Flemmardière »
Ta main, ou ta voix, que sais-je exactement
Passait comme un baume sur mes coups de soleil
Un souffle, à peine, de vent du large
Mais c’était doux et rassurant
De te sentir là, dans l’absence
Devenue présence concentrée
Dans le bruit de la mer
Je rêvais…. somnolente et alanguie
Comme quand on restait au lit
Après avoir fait l’amour…
Alors je me suis laissé porter encore un peu
Par cet invisible et bienfaisant courant marin
Et quand j’ai rouvert les yeux
Le soleil embrasait le ciel et la mer
La plage commençait à se vider des vacanciers
Bientôt le soleil aurait complètement disparu
Et la nuit envelopperait le monde
Et nous serions ce monde, mon amour
Dans le bruit de la mer
La mer qui dure depuis le commencement
SOlène
Le 22/07/2020

Mon premier recueil de poésie paru le 21/09/2020

Le printemps reviendra, il revient toujours, mon premier recueil de poésie et textes courts  paru le 21/09/2020

TU SAURAS

Tu sauras que dans chacun de mes mots, dans la mélodie de chaque poème de ce recueil, sur chacune de ces pages si fortement iodées, il n’aura pourtant été  question que de toi, cette incroyable  coïncidence  entre toi et l’amour que je ressens pour toi. L’amour de la vie, l’amour de la mer, l’amour de l’amour qui ne font qu’un… Encore et toujours. Depuis la nuit des temps. Enfin, tu sauras qu’entre toi, ces poèmes écrits pour toi et leurs mots conçus  parfois entre les draps froissés, engendrés dans les brumes de ces matins gris au goût sucré salé d’embruns et de café au lait au lit, je n’ai écrit que pour toi, même avant notre première nuit, même dans le temps de ce long et vieux chagrin qui l’a précédée… En tout cas, bien avant que ton entrée en mon âme la pacifie.

SOlène

16/09/2020

CLIC  ICI*

Il suffit de dire que vous êtes parrainé par moi, et vous bénéficierez d’une remise immédiate de 2 Euros.

Par ailleurs d’ici quelques jours, dès  que j’aurai reçu le premier stock de livres commandés, lors de lectures de mes poèmes sur des podcasts, des tirages au sort seront organisés sur Instagram et Facebook pour gagner un exemplaire de mon recueil dédicacé et des marques pages. A offrir, ou pour vous.

Bonne semaine à  tous, à bientôt. Au plaisir de vous lire.

Cœurdialement

SOlène

😷.

La brume de mes pensées… S/ « Lost With You » (Official Video)

Humeur du moment

La terreur est l’hommage que les haineux solitaires finissent par rendre à  la fraternité des hommes. – Albert Camus, L’homme révolté….

La poésie ne doit pas périr
car alors
où serait l’espoir du monde ?
Léopold Sedar Sanghor

LA BRUME DE MES PENSÉES

Hier jeudi, j’ai marché, marché
masquée, dans les rues sous la pluie
perdue dans la brume de mes pensées
pour les victimes de l’attaque au couteau
qui a endeuillé notre pays encore une fois
Et j’ai pleuré, pleuré
pour cette femme de quarante ans qui
baignant dans son sang
a succombé sans haine
avec juste ces mots d’amour:
« Dites à mes enfants que je les aime »

Aujourd’hui dans mon refuge intérieur
de brume, de solitude et de silence
j’ai ravalé ma colère, et je jette l’ancre
La page blanche comme neige sous les yeux
Je m’imagine que tu es là
Il y a du feu dans la cheminée
du champagne rosé dans les coupes
et des bougies.
L’encre va couler à flots
Pour faire naître le poème
Trinquons à la vie, mon amour.
À la musique, à la liberté, à la joie
pour que le crépuscule du monde
ne nous prenne pas.

Dans la brume de mes pensées
il y a du rêve du désir
Il y a toi, comme un rayon de lune
Qui brille dans la nuit de nos vies…

SOlène
30/10/2020

©solenev 2017 🇨🇭

Café, musique et poésie… demandez le programme !

Humeur du moment


Personne ne peut savoir si le monde est fantastique ou réel, et si il existe une différence entre rêver et vivre. – Jorge Luis Borges

 

JE SUIS

Je suis le seul homme sur la terre et peut-être
n’y a t’il ni Terre ni homme
Peut-être qu’un dieu me trompe
Peut-être qu’un dieu m’a condamné au temps, cette grande illusion
Je rêve la lune et je rêve mes yeux qui l’aperçoivent
J’ai rêvé le soir et le matin du premier jour
J’ai rêvé Carthage et les légions
qui devastèrent Carthage
J’ai rêvé Lucain
J’ai rêvé la colline du Gogoltha
et la croix de Rome
J’ai rêvé la géométrie
J’ai rêvé le point, la ligne, le plan
et le volume
J’ai rêvé le jaune, le rouge, le bleu
J’ai rêvé les mappemonde et les royaumes
et le deuil à l’aube
J’ai rêvé la douleur inconcevable
J’ai rêvé le doute et la certitude
J’ai rêvé la journée d’hier
Mais peut-être n’ai-je pas eu d’hier
peut-être ne suis-je pas né
Je rêve, qui sait, d’avoir rêvé

Dans un poème ou dans un conte, le sens importe guère, ce qui importe c’est ce que créent dans l’esprit du lecteur telles ou telles paroles dites dans tel ordre ou selon telle cadence. – Jorge Luis Borges…

ANTICIPATION D’AMOUR

Ni l’intimité de ton front clair comme une fête
ni la privauté de ton corps, encore mystérieux et muet, encore d’enfant,
ni tes paroles ou tes silences, étapes au chemin de ta vie,
ne me seront aussi mystérieuse faveur
que de regarder ton sommeil impliqué
dans la veille de mes bras.
Miraculeusement vierge à nouveau par la vertu absolutoire du sommeil,
paisible et resplendissante comme un bonheur que choisit la mémoire,
tu me donneras cette frange de ta vie que tu n’atteins pas toi-même.
Précipité en quiétude
j’apercevrai cette dernière plage de ton être
et je te verrai peut-être pour la première fois
comme Dieu doit te voir,
une fois la fiction du temps mise en déroute,
sans l’amour, sans moi.

Extrait de: « Lune d’en face », 1925

La place de la poésie dans l’œuvre de Borges est considérable par sa valeur et sa signification. À partir du moment où il est pratiquement devenu aveugle, Borges n’a plus guère composé qu’en vers.
Le lecteur trouvera dans cette poésie tous les thèmes de la prose de Borges, mais profondément transfigurés : à la fois humanisés, stylisés et plus dépouillés. Et d’après le poète lui-même, la transposition française d’Ibarra donne à ces textes «une nouvelle vie lucide et mystérieuse tout ensemble».

Vous prendrez bien un ptit caf’ avec moi ?

WHAT ELSE ?

🎼

Les chemins qui montent à la mer ont gardé de notre passage
Des fleurs effeuillées et l’écho, sous leurs arbres, de notre rire clair.
Hélas! Les jours de bonheur radieux, de joies envolées,
Je vais sans en trouver trace dans mon cœur.
Chemins de mon amour, je vous cherche toujours,
Chemins perdus vous n’étes plus et vos défauts sont sourds.
Chemin du désespoir, chemin du souvenir, chemin du premier jour
Divin chemin d’amour.
Si je dois l’oublier un jour, la vie effaçant toutes choses
Je veux qu’en mon cœur un souvenir repose plus fort que notre amour
Le souvenir du chemin où tremblante et toute éperdue
Un jour j’ai senti sur moi brûler tes mains.
Chemins de mon amour, je vous cherche toujours,
Chemins perdus vous n’étes plus et vos défauts sont sourds.
Chemin du désespoir, chemin du souvenir, chemin du premier jour
Divin chemin d’amour.

🎧

L’ AMOUR ABSOLU

Humeur du moment

 

💻

Il m’en souvient de ce jour-là comme d’hier
Brumeux et gris, un peu semblable à aujourd’hui
Il faisait froid dehors, et sombre à l’intérieur
Ma solitude et moi, nous grelottions
Mais peut-être manquait-il quelque chose
Qui ne disait pas son nom
Quand, soudain, tu es entré dans ma vie
Comme dans certains songes étranges
Alors que je n’attendais rien, ni personne
Et surtout pas l’amour !

La poésie se fait dans un lit comme l’amour. Ses draps défaits sont l’aurore des choses. – André Breton…

 

Dans la nuit du 1er  au 2 juillet dernier, je commençai à écrire les premières lignes d’un nouveau poème,  « Ce jour là « . Puis je me suis endormie dessus.
Et parce que j’ai repensé à l’acte de nuit dans « Tristan und Isolde » , en le reprenant au petit matin, voici O sink hernieder, Nacht der hierber …Un duo envoûtant interprété par la soprano Kirsten Flagstad et par le ténor Ludwig Suthaus, sous la direction de Wilhelm Furtwängler.

🎧

Que c’est beau ! Mais que c’est beau !J’en suis toute tourneboulée.

Sublime fresque de l’amour impossible, Tristan et Isold est un opéra en 3 actes, mise en musique d’un poème que Wagner avait lui-même écrit d’après la légende médiévale de Tristan et Iseut.
En 1857, lorsque Wagner écrit son livret pour Tristan et Isolde, certes il se base sur la version du mythe de Tristan et Iseut de Gottfried von Strasbourg, mais il effectue quelques modifications du mythe de l’auteur allemand tant dans la structure que dans l’histoire en condensant le drame afin de le recentrer autour d’ Isold qui deviendra la figure principale.En lui donnant ainsi beaucoup plus d’intensité, il fera de Tristan et Isold l’oeuvre parfaite par excellence. Il interrompt alors la composition du ring, et abandonne donc Siegfrid dans la forêt profonde, pour une quête beaucoup plus personnelle. Car Wagner est amoureux de Mathilde Wesendock. Sa passion pour la poétesse et leur relation adultère le hantent jour et nuit. Tristan et Isold sera le miroir musical de leur histoire. Avec Wagner, le philtre du mythe devient la matérialisation d’une métaphore poétique; le symbole de la passion et l’amour, et non plus un simple breuvage magique.

Aussi chez Wagner, les mouvements de l’âme deviennent ceux de la musique…
« Tristan und Isolde », ou le paradigme de la passion amoureuse…

 » Mais aujourd’hui encore, je cherche en vain une œuvre qui ait la même dangereuse fascination, la même effrayante et suave infinitude que Tristan et Isolde. Le monde est pauvre pour celui qui n’a jamais été assez malade pour goûter cette « volupté de l’enfer » – » Nietzsche, Ecce Homo….

Rien n’est plus proche de l’absolu qu’un amour en train de naître. Le stupéfiant, le merveilleux, c’est que cet amour naît du hasard. – Dieu, sa vie, son œuvre de Jean D’Ormesson…

 

CE JOUR-LÂ

Il m’en souvient de ce jour-là comme d’hier
Brumeux et gris, un peu semblable à aujourd’hui
Il faisait froid dehors, et sombre à l’intérieur
Ma solitude et moi, nous grelottions
Mais peut-être manquait-il quelque chose
Qui ne disait pas son nom
Quand, soudain, tu es entré dans ma vie
Comme dans certains songes étranges
Alors que je n’attendais rien, ni personne
Et surtout pas l’amour !

Il m’en souvient de ta voix, plus tard, dans l’obscurité du soir
Et de mon trouble en ce moment cotonneux
Où j’ai posé sur ton épaule ma tête alourdie de tes mots
Plus grisants qu’un verre de vin, Ils m’ étaient monté à l’âme
Tel un philtre d’amour
Ranimant la flamme en moi

Le grand feu de nous, joyeux et clair, pétillait dans la pièce tiède
Par la fenêtre, dans un carré de ciel devenu rose
On voyait passer des nuages aux reflets vermeils
Je ne savais plus si c’était déjà l’été ou toujours l’hiver
Ô vertige du désir ! La chair et le sang irradiés de passion
Nous emportés par un torrent voluptueux
Sur le lit défait, le crescendo amoureux s’ est fini en extase mystique
Laissant mon corps à demi nu encore tout frémissant
Comme une terre, heureuseuse de renaître à la vie au sortir de l’hiver

SOlène

02/07/2020

(Tous droits réservés)

Recueil paru le 21/09/2020

Extrait de « Le printemps reviendra, il revient toujours », recueil paru le 21/09/2020

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🌹

LES JOURS GRIS

Humeur du moment

 

Les jours gris, c’est comme des nuits sans étoiles
Tout est à réinventer
J’écris des poémes et des « je t’aime »
Je dessine des soleils et je cueille leurs rayons
Que je t’offrirais si jamais tu venais

Le ciel aujourd’hui 23/09/2020…

LES JOURS GRIS

Dans ma chambre j’ai tiré les rideaux
Mis de la musique, allumé des bougies
Trempé des petits écoliers dans le café au lait
Etalé des vieux vyniles et des livres partout parterre
Invité monsieur R, Baudelaire et Louis-Ferdinand

 

Les jours gris comme aujourd’hui
Où le ciel est lourd de pluie
Je veux pas le voir pleurer sur la mer
Même si c’est marée basse
Je peux pas changer le monde
Mais je peux nous rêver d’autres vies

 

Les jours gris, c’est comme des nuits sans étoiles
Tout est à réinventer
J’écris des poémes et des « je t’aime »
Je dessine des soleils et je cueille leurs rayons
Que je t’offrirais si jamais tu venais

 

Les jours gris, ça me fait peur
Toutes ces heures sans entendre ta voix
Pourtant je ressens du bonheur
Rien qu’à t’imaginer là

SOlène

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MARÉE HAUTE*

MON PETIT MOMENT DE POÉSIE MATUTINALE

Humeur du moment

« Oursi Ourson Ourzoula
Je voudrais que tu sois là
Que tu frappes à la porte
Et tu me dirais c’est moi
Devine ce que j’apporte
Et tu m’apporterais toi

C’est dimanche il est 8 heures
Et je ne veux pas sortir
Et je m’ennuie à mourir
Alors je t’écris mon ange
Une chanson du dimanche
Une chanson pas très drôle
Mais on y ajoutera
Mardi soir un grand couplet
Viens dormir sur mon épaule
Et on ne dormira pas. »

 

 

Oursi ourson ourzoula
Je voudrais que tu sois là
que tu frappes à la porte
Et tu me dirais c’est moi
Devine ce que je t’apporte
Et tu m’apporterais toi

Depuis que tu es partie
j’ai de l’ennui tout autour
ça me ravage le foie
beaucoup mieux qu’un vrai vautour
Et je ne sais plus quoi faire
Alors j’ai pris tes photos
je les pendues au mur
Et j’ai dit regardez-moi
avec vos yeux d’autre part
Ce sont les seuls yeux du monde
Dans lesquels j’ose le voir

Le Bärchen était au mur
Et il s’est mis à pleurer
parce que j’étais si triste
il voulait me consoler

Les autres peuvent me dire
des choses, des choses, des
choses mais que j’oublie vite
toi je sais ce que tu dis
Je me rappelle ta voix
Je me rappelle tes mots

Je t’ai suivie à la gare
je suis monté dans le train
mais il est parti tout seul
Tu disais que je m’en aille
pour ne pas que je m’ennuie
en attendant sur le quai

Plus jamais une seconde
plus jamais sans te toucher
savoir que tu es si loin
ne pas pouvoir y aller
mais comme un pauvre imbécile
Je disais pour quelque jours
se séparer, c’est facile
après tout, s’il arrivait
que tu partes en tournée

Il faudrait nous habituer
mais tu vois si j’étais bête …
Car on ne s’habitue pas
à crever, même en six mois.

Oursi Ourson Ourzoula
Je voudrais que tu sois là
Tes talons dans l’escalier
feraient le bruit que je guette
et tu serais dans mes bras

C’est dimanche, il est huit heures
Et je ne veux pas sortir
Et je m’ennuie à mourir
Alors je t’écris, mon ange
Une chanson du dimanche
Une chanson pas très drôle
Mais on y rajoutera
Mardi soir, un grand couplet
Viens dormir sur mon épaule
et on ne dormira pas

Boris Vian, extrait de Berceuse pour les ours partis. 1951

Bärchen : Ourson ou petit ours en langue allemande

Boris Vian aimait bien surnommer sa femme Ursula Kübler « Ourson ».C’est donc à  elle qu’il adresse cette adorable déclaration  d’amour. Mais cette berceuse restera dans le bureau de Boris Vian pendant des années. Ce n’est qu’après la mort de Boris Vian  qu’Ursula Vian découvrira cette chanson d’amour. Et elle sera  publiée pour la première fois en 1976 dans la revue Obliques.

WHAT ELSE ?

Le temps de terminer ce billet commencé ce matin, et mon café est froid ( pour ne pas changer) .

Et vous savez quoi ? Je vous emmène jusqu’à l’appartement parisien de Boris Vian., où  je vais vous laisser pour une visite des lieux bien sympathique.

Belle journée, à  plus tard.

Des mots du bout du monde…. Suivi par « 24 heures dans « le phare du bout du monde »

Humeur du moment

Je regarde ce paysage un peu gris où, soudain, ton sourire m’éclabousse. – Cécile Coulon, Difficile ( Les ronces)…

Le phare du bout du monde, à 600 mètres au large de la plage des Minimes à La Rochelle…

DES MOTS DU BOUT DU MONDE

Et puis, il y a des jours comme aujourd’hui…
Des jours où le ciel prend la couleur d’un vieux jean délavé
tout déchiré de gris par les nuages
Ces gros nuages qui passent au rythme de mes pensées
Allongée sur le temps, les pieds en hier, la tête en demain
je pense encore à toi…
Tandis que mon coeur, lui, répond « présent » au vent du large
encore et toujours ce même vent qui gonfle les voiles de plaisance
tout autour du phare du bout du monde,
je t’écris à plat ventre, les tripes à même le sable
avec l’espoir qui se retire comme la mer
et le moral à marée basse
Car jamais personne n’entend les cris muets
qui prennent la forme des mots sur le papier
Alors que moi, je voudrais juste entendre ta voix
pour pouvoir lever les yeux, et te voir là
au moment où tu me dirais
bah oui, je suis venu jusqu’au bout du monde
parce que moi aussi, je n’ arrête pas de penser à toi

SOlène
Les Minimes
18/06/2020

La poésie peut guérir de tout. – Fernando Pessoa…

 

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La légende dit que toute son enfance a été bercée par les romans de Jules Verne. Mais l’aventure a vraiment commencé il y a 27 ans. quand le navigateur, André Brunner alias Yull découvre sur un voilier un livre de Jules Verne, « Le phare du bout du monde ».

Un peu plus tard, donc, il décide de partir à la recherche de ce phare mythique et de filmer lui-même son expédition. C’est près du Cap Horn sur l’Île des États qu’il finit par en apercevoir des débris.

Il reviendra en 1998 avec des amis rochelais pour reconstruire le phare de San Juan Del Salvamento en – tenez-vous bien, 6 semaines ! Il faut aussi savoir que pour financer cette expédition hors norme, André Brunner avait construit une maquette ( aujourd’hui plantée dans son jardin). Laquelle maquette aura permis au navigateur de convaincre la mairie de la Rochelle à son retour du Cap Horn; le but étant de poursuivre l’histoire en construisant un second phare ( réplique du premier) au large de la pointe des Minimes.

Le phare du bout du monde de La Rochelle fête ses 20 ans cette année. C’est à cette occasion qu’il héberge des gardiens et gardiennes éphémères, et qu’il fait l’objet de très beaux reportages sur les différentes chaînes tv.

SOlène

La tarte aux noix ayant perdu de sa fraîcheur depuis samedi, je vous l’ai remplacée par un bon café…

PREMIER RETOUR… SUIVI PAR « CONSOLATIONS « 

Humeur du moment

Merci à toi, ma Coccinelle pour ton retour ❤🐞

PREMIER RETOUR

Jeudi 1er octobre 2020

Et voilà ….
94 pages , des tonnes de kilos d’amour et de chagrin bercés par la mer, le ressac , les embruns et le vent … le gris , le bleu , ces coloriages de sentiments que tu manies si bien .
Merci , oui merci de ces pages caresses , tendresse .
Ces 94 pages de toi . Humble , tranchante mais surtout aimante .
Merci pour ces sourires , ces baumes, et ces larmes aux yeux qui s’appellent tous espoir chez toi …
cette générosité quand pourtant tu voudrais tout garder.
La poésie ne saura pas trouver autant de lecteurs que ceux qui préfèrent se cacher dans la fiction , l’humour que sais je ? Tout ça pour te dire que « L’orage ou la flûte » , « Le tee-shirt blanc »….. un public large .
Pour « Le printemps reviendra , il revient toujours » c’est une flèche que tu tires dans le cœur de ceux qui aiment plus fort que les autres , qui souffrent plus fort que les autres ….
Merci pour ce tu donnes et partages, merci de qui tu es …

Je t’aime

Ludivine

♥️

Oui, Ludivine, il s’agit bien du restaurant de ton amie Séverine, Le bateau ivre à La Rochelle…

CONSOLATIONS

Haleine d’aurore iodée, filet de lumière
Par la fenêtre ouverte, un courant d’air frais est entré
Sur le rythme d’une habanera
Ce matin encore, j’ai chanté Carmen à tue-tête sous la douche:

« L’amour est un oiseau rebelle
Que nul ne peut apprivoiser »…

Pour après danser la seguedille,
nue comme un vers dans l’appartement
Aussi plus tard, j’ai sauté à cloche-pied sur les pavés des remparts
En m’imaginant que c’était ceux de Séville
Et là, je me suis dit que si tu avais mis autant de cœur
À faire durer l’amour – notre amour
Que tu en as mis pour faire éclore en moi ces sentiments si forts
Nous n’en serions peut-être pas là – mais peu importe
Attablée en terrasse devant des fruits de mer au Bateau ivre
Je n’y pensais déjà plus
Quand bien même, en sortant du restaurant
J’avais toujours cet air-là en tête:

« L’amour est enfant de bohème
Il n’a jamais connu de loi »….

J’ai acheté une barbe à papa chez Dédé la praline
Que j’ai mangée en regardant partir les bateaux de croisières Inter-iles
J’ai fait des bulles de savon en haut de la tour Saint Nicolas
Et poussé un sprint du Vieux port jusqu’aux Minines
Où là, assise sur la plage face au phare du bout du monde
Je laisse glisser le sable entre mes doigts
Ne serait-ce que pour sentir le temps couler, s’écouler ….
Le laisser d’égrainer sans compter, et oublier
M’oublier dans un instant de rêverie contemplative.
Il y a la mer et le soleil – même caché derrière les nuages
Je sais qu’il est là
Au moment juste où je viens de comprendre
Que personne n’est invincible
Et que certains rêves meurent
En même temps que l’amour.

« Si tu ne m’aimes pas, je t’aime
Et si je t’aime, prends garde à toi »….

SOlène
15/07/2020

Par Nolwen Leroy pour changer. J’aime bien…

WHAT ELSE ? 

Bon week-end à tous. Et merci  à vous qui me suivez sur ce nouveau blog. A bientôt !

SOlène

Un désir nommé poésie… en vers et contre tout !

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POÈMES D’AMOUR

Humeur du moment

Le cri du sentiment est toujours absurde; mais il est sublime, parce qu’il est absurde. – BAUDELAIRE….

Clair de lune sur le pont de l’Île de Ré…

J’AIME 

(Poème d’amour)

J’aime ces nuits de pleine lune
Que tu restes comme ça, en moi
Bien après qu’on ait joui
J’aime quand tu dis « my louv’ à moi »
Et que ta voix effleure ma peau
Comme une brise légère venue de la mer
Ou même encore, un souffle court
Au même moment que tes doigts
Puis quand la nuit s’en est allée
J’aime ces matins-là de janvier
Être réveillée par tes lèvres sur les miennes
Et la flagrance miélée des mimosas
Qui, sur l’île endormie par la froide saison
Ont fleuri, prenant l’hiver pour l’été austral
Petites perles du soleil, comme celles jaune lumière
Que j’aime voir briller dans la pupille de tes yeux
A l’heure d’un premier café pris à deux
Moment d’éternité qui se pose sur nos vies
Comme les oiseaux du jardin sur leurs branches
Instants fragiles mais si doux
Où j’aime alors à penser que nous
Ce sera comme la mer…
La mer qui dure depuis le commencement.

SOlène

Janvier 2020

Sorti le 21 septembre 2020

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LETTRE A MON AMOUR

(Qui ne la lira pas) 

Alors voilà, j’ai fini de boire mon café, comme ça
debout devant la fenêtre
Feignant dignorer les promesses du ciel
J’ai regardé le soleil se coucher…
Puis j’ai attendu que la nuit tombe
pour t’écrire sans papier ni crayon
dans la lumière du noir
une lettre que tu ne liras pas
pour cette simple et bonne raison
que je ne te l’enverrai pas.
Car vois-tu, ces mots que je pose sur mes maux
ne sont rien d’autre que les ondes
d’une mémoire qui s’ est figée à jamais
sur nos hiers et nos jours anciens
quand la terre tournait dans le chaos
de nos nuits d’amour sans lendemains
Et que nous attendions de cet amour-là
qu’il accouche de son étoile qui danse
Mais en vérité, ce que tu ne sais pas,
c’est que toutes ces choses non exprimées
elles sont parti crever au fond de mon âme
où elles se meuvent pourtant encore
comme des lumières et des ombres
attachées deux par deux
dans une perpétuelle étreinte
À tel point que je crains autant que je le désire
les voir sombrer à force de chialer
encore plus que je pisse ces mots brûlants de fièvre
entre mes draps blancs trempés de sueur.
Aussi ce n’est qu’au petit matin que j’écrirai vraiment
Et encore seulement si quelque chose d’autre
me coule du coeur jusqu’au bout des doigts
pour te dire, voilà je t’aime encore.
C’est peut-être ça, l’amour
ce qu’il reste quand il ne reste plus rien.

SOlène
10/06/2020

Il y a une fissure dans chaque chose; c’est ainsi que passe la lumière. – Léonard COHEN…

Le 21 septembre 1934: naissance de Léonard Cohen… 

Merci pour cette nuit d’insomnie

Mis en avant

Je referme les yeux.

Mon cœur bat toujours ardemment.

Quand reverdiront les feuilles à la fenêtre ?

Quand tiendrai-je mon amour entre mes bras ?

Cette citation de Wilhelm Muller & Franz Schubert (Le voyage en hiver) est mise en exergue du roman de Mathias Enard, Boussole (Prix Goncourt 2015)

J’ai commencé Boussole avant hier soir. Je l’ai terminé ce matin à 5:32 très précisément. Je ne vais pas vous dire qu’à l’heure où je vous écris, je suis très fraîche (lire ou dormir, il faut choisir), je ne suis même pas sure d’avoir encore les yeux en face des trous, je pense même que des allumettes feraient l’affaire pour les garder un tant soit peu ouverts. Mais il y a une chose dont je suis certaine, c’est d’être définitivement conquise par la plume virtuose et érudite de celui que beaucoup appellent déjà “le nouveau Balzac”. Car Mathias Enard est bel et bien de l’étoffe des grands classiques.  Avec Boussole, il nous entraîne au fil d’une nuit d’insomnie (celle qui frappe son narrateur, un certain Franz Ritter, ce fameux “musicologue épris d’Orient” de la quatrième de couverture du livre) pour un voyage (entre 23 heures et 7 heures du matin) totalement  inimaginable pour nous. D’iistanbul, Alep, Damas, Palmyre à Téhéran, chaque page de ce roman va nous sortir de nous-même, pour nous confronter à une infinité de sujets et de personnages dont on n’aurait jamais eu idée. De Vienne en Orient et à travers le savoir de Ritter, parfois même de ses divaguations et  de la fumée d’opium, ça en fait du monde et des noms, des scènes et des lieux!! Aussi c’est clair qu’ on aurait plus vite fait le tour de ce que cet universitaire orientaliste ignore que de ce qu’il sait. On ne se rappellera peut-être pas de tout ni de tout monde (sans doute nous faudra-t-il une deuxième lecture). Mais on essaie de ne rien perdre en route –et surtout pas le Nord! (Manquerait plus que ça: sortir tout désorienté de la lecture d’un livre qui a pour titre “Boussole”)…

De toutes façons, ne comptez pas sur moi pour tout vous raconter. Il faut le lire, non mais… ! Ah, si, je vais quand même vous toucher deux mots de Sarah. La belle et sensuelle Sarah, cette femme à la fois érudite et aventurière, à laquelle tout ramène Franz, mais  qui, il faut bien le dire,  lui  joue la fille de l’air.  Ainsi qu’à nous, par la même occasion…   Eternellement ailleurs, on ne sait pas où… (Euh, si, au temps pour moi!  Bornéo, aux dernières nouvelles)…

Allez un petit extrait qui émerge des souvenirs de Ritter (Mais parce que c’est mon vendredi de bonté. Et parce que c’est vous):

…”Deux couvertures dessous, deux dessus, voilà notre couche palmyréenne ; Sarah s’était roulée en boule contre moi, le dos près de mon ventre. Elle m’avait demandé gentiment si cela ne me dérangeait pas : j’avais essayé de ne pas laisser paraître mon enthousiasme, non bien sûr, nullement, et je bénissais la vie nomade — ses cheveux sentaient l’ambre et le feu de bois ; je n’osais pas bouger, de peur de troubler sa respiration, dont le rythme m’envahissait ; j’essayais d’inspirer comme elle, adagio d’abord puis largo ; j’avais auprès de ma poitrine la longue courbure de son dos, barrée par le soutien-gorge, dont je sentais l’agrafe contre mon bras replié ; elle avait froid aux jambes et les avait un peu entortillées dans les miennes — le nylon était doux et électrique à la fois contre mes mollets. Mes genoux dans le creux des siens, il ne fallait pas que je pense trop à cette proximit , ce qui était bien sûr impossible : un désir immense, que je réussissais à étouffer, me consumait malgré tout, en silence. L’intimité de cette position était à la fois chaste et érotique, à l’image de l’Orient lui-même, et avant d’enfouir pour quelques heures mes paupières dans ses boucles, j’ai jeté un dernier regard, au-delà de la laine bleue, vers le ciel de Palmyre, pour le remercier d’être si inhospitalier” – page 147…

Sur ce, je vais vous laisser. Besoin d’un bon café, là –pas vous?

Extraordinaire! Magique! -j’ai envie de dire. Un vrai roman de littérature (comme j’Aime). Erudit, certes, mais qui n’en est pas moins captivant. Car Mathias Enard est un grand qui, d'une phrase vous attrape au lasso d’une verve pas croyable, puis vous emporte avec lui et son héros,vers un Orient dont on a tout à découvrir. Bon, cette toute première phrase du début, elle fait 27 lignes. Oui quand même. Mais justement, vous en sortez ébloui, complètement subjugué ( waw!) Dés lors, vous n'avez qu'une envie: continuer à lire... lire jusqu’au bout de la nuit. C’est l’insomnie assurée! Dont on tiendra pas rigueur à l'auteur. Au contraire! Pour ma part, je le remercie... Boussole, un beau, un très très beau roman ( un des plus beaux de ma collection des Goncourt)...

Extraordinaire! Magique! -j’ai envie de dire. Un vrai roman de littérature (comme j’Aime). Erudit, certes, mais qui n’en est pas moins captivant. Car Mathias Enard est un grand qui, d’une phrase vous attrape au lasso d’une verve pas croyable, puis vous emporte avec lui et son héros,vers un Orient dont on a tout à découvrir. Bon, cette toute première phrase du début, elle fait 27 lignes. Oui quand même. Mais justement, vous en sortez ébloui, complètement subjugué ( waw!) Dés lors, vous n’avez qu’une envie: continuer à lire… lire jusqu’au bout de la nuit. C’est l’insomnie assurée! Dont on ne tiendra pas rigueur à l’auteur. Au contraire! Pour ma part, je l’en remercie… Boussole, un beau, un très très beau roman ( un des plus beaux de ma collection des Goncourt)…

La nuit descend sur Vienne et sur l’appartement où Franz Ritter, musicologue épris d’Orient, cherche en vain le sommeil, dérivant entre songes et souvenirs, mélancolie et fièvre, revisitant sa vie, ses emballements, ses rencontres et ses nombreux séjours loin de l’Autriche – Istanbul, Alep, Damas, Palmyre, Téhéran… –, mais aussi questionnant son amour impossible avec l’idéale et insaisissable Sarah, spécialiste de l’attraction fatale de ce Grand Est sur les aventuriers, les savants, les artistes, les voyageurs occidentaux.
Ainsi se déploie un monde d’explorateurs des arts et de leur histoire, orientalistes modernes animés d’un désir pur de mélanges et de découvertes que l’actualité contemporaine vient gifler. Et le tragique écho de ce fiévreux élan brisé résonne dans l’âme blessée des personnages comme il traverse le livre.
Roman nocturne, enveloppant et musical, tout en érudition généreuse et humour doux-amer, Boussole est un voyage et une déclaration d’admiration, une quête de l’autre en soi et une main tendue – comme un pont jeté entre l’Occident et l’Orient, entre hier et demain, bâti sur l’inventaire amoureux de siècles de fascination, d’influences et de traces sensibles et tenaces, pour tenter d’apaiser les feux du présent.

Quatrième de couverture (Editions Acte Sud)

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L’écrivaine et l’inconnu du Café de la place

Mis en avant

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Or, ces images qui me viennent tout de suite après les mots d‘Angel, nous ramènent presque un an et demi en arrière, un soir d‘Halloween – ça s’oublie pas.

Tombé d’une autre planète au beau milieu de la fête, il ne comprenait rien à la raison qu’il était là entre une citrouille et un balai de sorcière. Je rigole, mais sur le coup sa présence avait jeté un froid. Angel, elle – aussi incroyable que cela puisse paraître, elle faisait pas du tout attention à lui. Quand il est entré dans le café, tout dégoulinant de flotte et de mauvaise humeur avec son vieux bouquin sous le bras, elle lisait à l’autre bout du bar. Plongée dans le sien de bouquin, elle était bien la seule à pas l’avoir remarqué. Je me suis approchée d’elle, et j’ai dû lui dire un truc comme : « hé, la grosse, ton thé est servi ».
– Pas causante aujourd’hui, on dirait. Qu’est-ce que tu lis ?
– Le Voyage.
– Ah bon, encore. Et t’en es où, là, avec Bardamu ?
– Au passage où il parle du p’tit Bébert. C’est sublime, je trouve. Écoute ça, Zouzou : sur sa face livide dansotait cet infini petit sourire d’affection pure que je n’ai jamais pu oublier. Une gaîté pour l’univers…
Voyage au bout de la nuit, c’était le livre auquel elle revenait sans arrêt comme à de la poésie. C’était la petite musique qui lui tenait compagnie, la « voix off » qui lui parlait intérieurement, comme en écho à ses propres réflexions.
Transportée une fois de plus par les mots de l’ami Louis dont elle croyait être la seule à détenir la clef, elle ne s’était même pas donné la peine de lever la tête pour me répondre. Après avoir repoussé machinalement la tasse fumante un peu plus loin sur le comptoir, elle a continué sa lecture à haute voix :
– Peu d’êtres en ont encore un petit peu après les vingt ans passés de cette affection facile, celle des bêtes. Le monde n’est pas ce qu’on croyait ! voilà tout ! Alors on change de gueule ! Et comment ! Puisqu’on s’était trompé ! Tout de vache on devient en moins de deux ! Voilà ce qui nous reste sur la figure après vingt ans passés ! Une erreur ! Notre figure n’est qu’une erreur ! J’adore, pas toi ?
– Si si, super. Justement, en parlant de figure, suis mon regard, que je lui ai fait tout bas, et cherche l’erreur sur celle-là.
Alors là – je vous raconte pas, dans son visage à elle cramoisi, ses lèvres ont formé un magnifique O majuscule, et, sous ses sourcils en accents circonflexes, ses yeux ont pris l’apparence de deux grosses soucoupes. Elle qui n’aimait pas la banalité et la routine – sa réalité, en fait – prétendait ne s’intéresser qu’à l’exceptionnel. Sans pour autant aspirer à une existence à hauts risques, débordante d’intensités fatales, elle avait, je crois, surtout besoin de vibrer. Elle voulait transposer, elle allait être servie. Servie l’écrivaine. Servie à mort. Et pas à crédit.
Louis-Ferdinand, si tu nous regardes.
Un ours ! Voilà de quoi il avait l’air : d’un ours mal léché ! C’est vrai qu’il sentait bon, l’animal. Il sentait Eau sauvage. Le hic : quand la bête a mal, elle reste imprévisible. Même caressée dans le sens du poil, on sait jamais.
Les autres, ça les impressionnait pas plus que ça. À part la patronne bouche bée, le stylo en l’air, derrière son tiroir-caisse et l’écrivaine chez laquelle, j’ai très vite remarqué ce teint apoplectique.
Moune encore, maintenant que je connais la suite, je comprends mieux sa stupéfaction. Mais Angel… il la calculait même pas derrière la fumée de son cigare. Qu’importe, elle l’avait immédiatement choisi pour être son héros.
Un mufle en plus. Un beau mufle qui tétait son barreau de chaise en se fichant pas mal d’incommoder sa voisine de comptoir. Non, décidément, je vois pas ce qu’elle lui trouvait de si fascinant à ce type. Trop vieux pour elle, d’abord. Lui quarante et quelques, elle vingt-trois. Il aurait pu être son père. Et pourtant pourtant…
Bluffée au point d’en avoir le sifflet coupé, voire même d’en oublier son ego XXL, elle ne voyait plus que du bleu ; le bleu grisaille de ses yeux à lui : « brillants comme des flaques qui inondaient ses traits d’un sourire malheureux ».
Tu parles ! Une grimace, oui, parce que le bout de son cigare lui brûlait les doigts.
Du bleu donc, si on veut, et délavé un peu qu’elle prenait pour une mer.
« Non, pas une mer, un océan. Enfin quelque chose d’immensément transparent, et profondément attirant qui donnait envie de plonger dedans. »
Tel un tsunami imprévu, l’émotion qui submergeait l’écrivaine l’entraînait dans un tourbillon de mots bleus qui la rendait morose, finalement. Trop de mots d’un coup. C’était la panique dans sa tête à Angel. Elle avait littéralement pété un câble, et si j’en rajoute une louche, c’est d’après elle :
« À moi la tasse ! Vite mon twining ! Je roule, je tangue… pense à mes cheveux plats de naufragée du week-end en solitaire, mon look cracra de nana errante. Encore heureux que je sois assise, il verrait le trou que j’ai au derrière, sinon. Et le string rouge qui dépasse de mon jean. Oh, et puis vogue la galère ! Même pas une cigarette pour faire genre j’me noie pas, ça baigne au contraire… »
– Dis, Zouzou, j’peux t’piquer une blonde ? Qu’elle a fini par me demander, la main sur mon paquet de clopes. Ah, tu fumes des menthol, maintenant ?
– Comme tu vois, mais vas-y Angie, sers-toi, les allumettes sont là. Tiens, j’vais m’en griller une petite avec toi.
Ouf, elle refaisait surface saine et sauve. Les plus courtes sont les meilleures, surtout quand elles ne sont pas drôles. Cinq minutes de plus sans ciller, et j’appelais le conservateur du musée Grévin. Notre écrivaine d’Acacias city moulée dans la cire… j’imaginais le tableau.
Quant à Moune, grande maîtresse incontestée des lieux, heureusement que sous son corsage en imprimé léopard, sa poitrine 105 E se soulevait dans un mouvement régulier, sans quoi pour la revoir elle aussi, il aurait fallu payer l’entrée. Elle n’allait d’ailleurs pas tarder à retrouver ses esprits dans ce gros nuage au benzène mentholé qui la faisait suffoquer.
– Hé là, les soeurs de nicotine ! Vous êtes jeunes et en bonne santé, vous ne devriez pas fumer, mes poulettes. Votre condamnation est écrite en toutes lettres sur ce paquet : fumer tue. Les buralistes veulent se mettent en grève, qu’ils s’y mettent. Et qu’ils aillent au diable ces marchands de mort !
Vous voilà prévenus vous autres. Si vous allez un jour au Café de la Place, et que vous trouvez pas de cendriers sur le comptoir, vous saurez pourquoi : Moune les considère comme des armes de destruction massive.
J’ai jeté mon mégot par terre, et tout en l’écrasant avec le pied, je suis revenue à cet individu d’un genre ovniesque. Je force peut-être un peu le trait, mais pas beaucoup. Du reste, c’est pas Angel qui aurait dit le contraire : ce « bel inconnu » (entre guillemets, j’y tiens) n’était pas Monsieur Tout le Monde
Entre les brèves de comptoir interminables et les vannes grasses en veux-tu – tant pis en voilà, qui lui passaient au dessus du cigare comme du crachin sur un parapluie grand ouvert, il nous donnait l’impression de vouloir défier sa peur de la solitude, rien que pour lui prouver à sa bonne vieille solitude à lui tout seul, qu’il pouvait être présent au monde sans subir cette dictature qu’est le besoin des autres pour se sentir exister.
Quoiqu’il en soit, moi, ce qui m’intriguait le plus, c’était son costard de prince pas du tout charmant. Franchement, on pouvait pas deviner qui il était, ni ce qu’il faisait dans la vie. Encore moins dans cette jungle truffée d’homos sapiens cradingues et débraillés. Un touriste sans appareil photo ?
Une histoire de « ouf » comme on dit chez nous. Surtout qu’en cherchant bien, on peut trouver plus pittoresque à visiter que cette frontière Paris-banlieue où rien n’est beau. Non, plutôt un marcheur solitaire égaré dans le coin. Un homo intellectus qui s’était ouvert un bouquin au moment juste où l’écrivaine refermait le sien. Quelle fille raide dingue de littérature n’aurait pas mouillé sa petite culotte en voyant cela ?
En tout cas, moi, j’étais sûre au moins d’une chose : son chemin, il le continuerait tout seul sans Angel, car il ne manifestait pas la moindre envie de fraterniser avec un local.
(Et puis, je voudrais pas dire, mais je crois qu’il écoutait tout ce qu’on disait sur lui)
« C’est quoi ces guignols ? », qu’il devait se demander, alors qu’il se gardait bien de lever le nez de ce fameux bouquin. Pas le dernier Dan Brown comme tout le monde. Non, un pavé style la bible. Pour se démarquer, mine de rien, du commun des mortels.
C’est comme sa chemise d’une blancheur immaculée… il l’avait déboutonnée juste ce qu’il fallait en haut, pour laisser voir sa médaille en or de la Vierge Marie. Sur des pectoraux bodybuildés de nanti et bronzés toute l’année, ça le faisait ; ça le faisait tellement que l’écrivaine en était secouée comme une salade. Bonne comme la romaine ! Tourneboulée ! Complètement chavirée par le personnage. Inch Allah, cette fois, c’était parti pour quatre ou cinq pages de prose intimiste pour essorer tout le dedans de son coeur.
La copine Angel, il suffisait de l’observer pour comprendre ce qu’elle avait derrière la tête.
Bécassine en panne des sens ! L’oie blanche à deux doigts de tomber la culotte. Ça devenait chaud bouillant devant.
« Dans tes rêves, ma grande », que je lui ai chuchoté dans le creux de l’oreille. L’occasion pour elle de noter au passage que ma mère qui s’appelle aussi Marie – Sainte Marie pleine de grâces – m’avait élevée dans le respect des valeurs religieuses et des bonnes manières.
– Tu te vois faire crac crac sous le nez de la maman du petit Jésus ?
Petite chose KO sur un haut tabouret de bar, l’écrivaine, elle s’est recroquevillée toute rougissante dans son gilet à bouloches couleur safran. On était peut-être deux sur le coup, mais je venais de marquer un point. En tout bien tout honneur. » p.21-25

Extrait de « L’orage ou la flûte, le Blablablog », roman de SOlène Vosse (Les Editions Le Manuscrit)

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WHAT ELSE?

TOUT sur L’orage ou la flûte *

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« La disparition, où es-tu Fanny L. » -roman en ligne, chapitres 1 et 2

Mis en avant

1

MON AMIE FANNY A DISPARU -Leila était déjà venue la veille, pour signaler cette disparition qui n’inquiétait qu’elle. En fait, un adulte qui disparaît, c’est banal à pleurer, et il n’y avait qu’elle, Leila, pour renifler aussi peu discrètement, alors qu’elle venait de lancer la procédure de signalement et de recherche officielle  auprès des services compétents, comme il est prévu dans l’article 6 de la charte de l’Accueil du public et l’assistance aux victimes, affichée dans le commissariat de police.

-Bon, je garde la photo de votre amie. Toutefois, comme je vous le disais hier, tout majeur disparu peut lors de sa découverte, s’opposer à la  communication de ses nouvelles coordonnées.

-Euh, je dois comprendre que, si vous la retrouvez, il se pourrait que je ne le sache pas?

-Bien sûr que si, vous serez informée, mais sans plus de détails.

SOUPIR…

-Vous comprenez, j’espère: Fanny n’est pas du genre à disparaître, comme ça, du jour au lendemain, sans donner d’explications à son entourage? (Re-soupir)… Et surtout pas à moi qui suis sa meilleure amie depuis nos années collège. En plus, nous partageons le même appartement.

-Je comprends. Oui, je comprends l’inquiétude soulevée par un tel changement de comportement. Cependant, les statistiques sont là pour prouver que, dans la plupart des cas, il y a plus de peur que de mal.

-Sauf que j’ai quelques indices pas très rassurants, car non seulement ça fait cinq jours que je suis sans nouvelles de Fanny, mais lorsque j’essaie de la joindre sur son portable, je tombe directement sur le répondeur. Et ce, quelque soit l’heure… (Et que je renifle encore un bon coup !). Or, ce qui me rend de plus en plus folle d’inquiétude au fil du temps qui passe, c’est que Fanny n’était plus la même depuis sa rencontre avec l’autre…

A ce moment là, précisément, Leila se mordit les lèvres très fortement, comme si elle voulait empêcher le mot, « psychopathe », de sortir de sa bouche si sèche, qu’elle ne pouvait plus déglutir. Elle se tortillait sur le siège inconfortable, les entrailles  liquéfiées. Et malgré la chaleur étouffante qui régnait dans la pièce exiguë, elle frissonna en essuyant d’un revers de main, les gouttes de sueur froide qui perlaient de son front.

L’autre ? Le flic semblait l’interroger du regard.

-Nan, rien. C’est juste une impression que j’ai eue en voyant la photo de ce type. Laid à faire peur.  J’me suis souvent demandé ce que Fanny pouvait bien lui trouver… Mais depuis ce coup de foudre sans doute trop beau pour être vrai, elle ne me disait plus rien du tout. Aussi je me suis dit qu’elle était peut-être tombée sur un sinistre crétin. En tout cas, ces derniers jours, je voyais bien que quelque chose la mâchait…

-On ne sait jamais tout d’une personne, aussi proche de nous, soit-elle.

-Ben ça…

« C’est le moins qu’on puisse dire », pensa Leila. Mais elle n’avait pas fini sa phrase, parce qu’elle se reprochait d’en avoir peut-être déjà trop dit, et elle resta silencieuse jusqu’à ce que son interlocuteur se lève.

-On se tient au courant mutuellement. Au revoir madame.

-Entendu. Merci beaucoup.

Oui, elle avait éprouvé une certaine gratitude envers ce flic qui en réalité ne faisait que son boulot, tout simplement parce qu’il s’était montré un brin compatissant. Mais plus encore, parce que sa poignée de main signifiait la fin de l’entretien, et tandis que l’émotion avait laissé la place à une angoisse qui lui coupait presque la respiration, Leila n’avait plus qu’une hâte, sortir de cette fournaise où elle brûlait comme en enfer… respirer l’air plus frais de cette fin de journée de juillet… marcher pour dégourdir ses jambes lourdes…

Aussi, elle arrivait maintenant au n°3 de la rue où elles habitaient, Fanny et elle. Son amie occupait tellement son esprit qu’en se regardant dans la vitrine du libraire, en bas de leur immeuble, elle la vit derrière elle, puis posée sur son épaule, comme une colombe. Soudain un parfum douceâtre et sucré de vanille flottait dans l’air tiède, un peu écoeurant, comme ce jour-la dans l’avion qui les ramenait d’un week-end prolongé à New York. La colombe ! Comment n’avait-elle pas pensé plutôt à cette histoire de colombe que lui avait racontée Fanny, après ce vol transatlantique pourtant mémorable ? La colombe et ce drôle de magicien habillé tout en noir qui a mis sa cape sur elle, et -hop, plus de colombe ! Monde de merde content du spectacle, mais qui ne se souciait même pas de savoir ce que cette colombe était devenue ! Eh bien, elle, Leila, se jura de remuer ciel et terre, mais elle saurait.

2

En arrivant dans l’appartement, Leila vit Gladys, la voisine du sixième qui l’attendait en fumant une cigarette, à la fenêtre de la cuisine.  Etudiante en lettres, Gladys rendait de menus services aux gens de l’immeuble qui la gratifiaient d’un billet, en échange de quelques courses chez les petits commerçants du coin, un coup d’aspirateur par ci par là, une peu de baby-sitting… enfin tout ce qui lui permettait de finir le mois, sans trop crever la dalle. C’est pour ça qu’elle avait les clefs de l’appartement de Leila et de Fanny, avec lesquelles elle était devenue amie, et on ne comptait plus les soirées pyjama entre filles, qu’elles passaient à refaire le monde jusqu’à pas d’heure.

– Alors ?

Gladys venait d’éteindre sa cigarette à moitié consommée dans le cendrier posé sur le rebord de la fenêtre grande ouverte.  Levant une main pour glisser une mèche de ses cheveux derrière son oreille, elle dévisagea Leila un moment, comme pour chercher dans cette mine tirée, la réponse qui avait tant tardé à venir.

-Rien, fit Leila en soupirant. Aucune nouvelle. Là, je reviens du commissariat, mais si tu veux mon avis, ce n’est pas sur les flics qu’il va falloir compter. Pour les faire bouger, il faudrait des arguments autrement plus béton que le simple fait d’avoir été plantée par ma meilleure amie, avec un loyer de deux mille Euros sur le dos.

-Ah oui ?! Et que Fanny soit tombée dans les pattes d’un psychopathe, ce n’est pas un argument béton, peut-être ?

-Ben euh… c’est à dire que… oui, je trouve que ce mec a une gueule de psychopathe. Mais qu’est-ce qui me prouve que c’en est un -hein ?  Il est laid, horriblement laid -et après ? J’me vois mal dire au flic, « mon amie sort avec un mec tellement affreux que, c’est forcément un serial killer ».  T’imagines, si tous les moches étaient des tueurs potentiels, on serait en sécurité nulle part.

Assise à la table ovale en marbre recouvert de deux sets aux couleurs indiennes, Leila qui avait rempli d’eau bouillante un mug anglais, rajouta un sachet de thé vert.

-Oh sorry, Gladys, je n’ai même pas pensé à te demander si tu en voulais un ?!

Sur le plan de travail, à côté des filles, la bouilloire était débranchée, mais le bec fumait encore.  Gladys y jeta un regard rapide, hésitante:  » ça me tente, mais déjà qu’avec les trois litres d’eau que j’ai bus aujourd’hui, je n’arrête pas de pisser »…

-Nan, finalement,  j’prendrai un kawa, plus tard. Dis-moi, Leila: pour en revenir à Fanny, ça faisait longtemps qu’elle sortait avec ce type ? C’est bizarre, parce qu’elle n’en parlait jamais.

-« Sortait » est un bien grand mot, dans la mesure où ils ne se sont presque jamais vus.  Une ou deux fois, trois, tout au plus. « Ce n’est pas de sa faute à lui, ni la mienne, qu’elle me disait. Il vit là-bas, moi ici. Il a ses obligations, moi les miennes ».

-Ben justement, comment ils se sont rencontrés ?

-Alors ça, mystère et boule de gomme ! Tout ce que je peux te dire, c’est qu’en novembre dernier, Fanny est partie tout un week-end. Et comme c’était la première et qu’elle ne m’avait pas prévenue avant, ne la voyant pas rentrer le vendredi soir, je l’ai appelée. C’est là qu’elle m’a répondu de ne pas m’inquiéter, mais qu’elle allait être obligée de raccrocher. J’ai compris qu’elle se trouvait dans un train, parce que j’entendais une voix masculine derrière, qui, sortant d’un haut parleur SNCF, annonçait aux voyageurs que le train entrait en gare de Clermont-Ferrand, le terminus. Puis, ça a coupé, alors que Fanny me disait, « bisous, à dim… « .  Après, impossible de la joindre, elle avait éteint son portable. Clermont-Ferrand ?! J’étais sciée ! Attends, y’a rien dans ce bled, à part Michelin. Je le sais pour l’avoir vu au journal télévisé.  Clermont-Ferrand, c’est un trou au milieu des montagnes, pour ne pas dire de nulle part.  Sont désertiques les montagnes, et rondes, pas comme ailleurs…  Puis, au fond de ce trou, t’as un clocher, des toits de maisons et surtout Michelin… Michelin avec ses ouvriers en grève qui gueulent devant l’usine.  Et pardessus tout ça, du brouillard. Plein de brouillard !  Un brouillard épais, crasseux…  Qu’est-ce Fanny pouvait bien faire, dans cette ville recouverte de brouillard ? J’ai passé le week-end à penser à ça…

Leila s’arrêta de parler, pour boire son thé à petites gorgées. Malgré l’heure avancée du soir, la température extérieure était encore très élevée. Le thé ne risquait pas de refroidir.

Le soleil se couchait maintenant sur les toits des immeubles, en face, embrasant les façades haussmanniennes. Gladys se ralluma une cigarette. Debout, elle apparaissait de dos, devant la fenêtre, soufflant sa fumée sur le dehors…  Puis elle fit une pirouette sur ses baskets, afin de relancer la conversation, tout en observant Leila dont le regard fixait les carreaux de faïence au dessus de l’évier.

-Elle a bien dû te dire quelque chose, Fanny, après ce week-end en Auvergne.

Leila se contenta de répondre par une moue qui semblait affirmer que non. En fait, dans sa tête,  elle revoyait Fanny débarquer  de Clermont-Ferrand -sac à dos sur une veste de l’armée, casquette assortie à son pantalon de treillis et des rangers boueuses aux pieds. « Mais… mais, c’est quoi c’t’accoutrement ? A y’est c’est fini, le glam ? (Fanny était journaliste free-lance dans la mode) Un journal qui t’a expédie pour un reportage éclair en Afghanistan ? »… Aussi Fanny l’avait envoyé balader, lui répondant que ce n’était pas parce qu’elles étaient now colocataires, que ça l’autorisait à s’immiscer dans sa vie privée. « Je ne m’occupe pas de ta vie, ne t’occupe pas de la mienne, s’il te plait, Leila ». Sur ce, non seulement Fanny était parti directement se coucher, mais elle avait évité  les têtes à tête avec Leila au cours de la semaine qui suivit.

-Leila ?

-Oui ?

-Si ça se trouve, ce mec est ouvrier chez Michelin. Ce serait déjà plus plausible que magicien, nan ?

-Ben pourtant, un jour où elle était mieux disposée, Fanny m’a montré une photo de lui, dans sa tenue de magicien.  Elle m’a expliqué qu’il contactait des présidents de clubs du troisième age, des délégués de comités d’entreprises, des responsables de maisons de retraite ou dans les mairies, pour leur proposer des spectacles.

– Ah ouais?! Elle t’a expliqué ce qu’il faisait comme tours de magie, Fanny ?

-Entre autres, qu’il mettait sa cape ou son chapeau -chais plus, sur une colombe qu’il tenait sur sa main, et -hop, la colombe disparaissait.  D’ailleurs, ça, elle me l’a raconté le lundi de Pentecôte, ça ne s’oublie pas !  Parce l’avant veille, dans l’avion, en revenant des New York, on avait traversé des zones de turbulences, et tout le monde flippait. Sauf elle. Ce n’est  qu’après qu’elle m’a avoué qu’elle aurait voulu être cette colombe, et pouvoir disparaître de sa main à lui.  Sans qu’aucun crime ne soit commis, pour qu’il n’y ait pas de  coupable, et que personne ne se demande pourquoi…

– Ben putain, elle était déprimée !

-Tu penses: il n’était plus là, alors elle ne voulait plus être là, non plus. Parce que figure-toi que, pendant tout le séjour dans la Big Apple, elle a trimballé son portable partout où on allait. C’est tout juste si, elle ne dormait avec.  Accrochée à la certitude qu’il était arrivé quelque chose de grave à son mec, parce qu’il ne l’appelait pas d’avantage qu’il ne répondait, quand c’était elle qui essayait désespérément de le joindre.

-Peut-être qu’il voulait la quitter, et qu’il avait éteint son portable, tout simplement pour ne pas avoir à lui donner d’explications. Les hommes sont lâches, tu sais…

-J’en sais rien. Ou plutôt si, je sais une chose: c’est qu’ensuite, Fanny ne m’a plus jamais rien dit. Dès que j’essayais de savoir pourquoi elle paraissait si contrariée, elle se renfermait sur elle-même, comme une huître dans sa coquille, et passait tout le reste de la soirée, silencieuse et concentrée devant l’ordi.

-Ben moi, tu vois, ça me la coupe tout ça. Parce que déjà, les auvergnats, je les imaginais plutôt descendants de bougnats qu’ouvriers chez Michelin. Et surtout pas magiciens !  Tu savais, toi, que Fanfan le patron du Belvédère est clermontois ? Tiens, demain, en allant chercher mes clopes, j’essaierai de le brancher là-dessus.

– Le brancher sur quoi ?

– Ben la disparition de Fanny, pardi. Fanfan, Fanny… c’est chez lui qu’elle va boire son express, tous les matins avant de prendre le métro. Pis, j’lui demanderai si, par hasard, il ne connaitrait pas un clermontois comme lui, qui serait magicien…  Ooooh mais, j’ai même une idée encore meilleure: madame machin, la voisine du dessous, elle travaille dans une boite où, chargés par des créanciers, ils recherchent des gens qui sont partis en laissant une ardoise.

-Oui, et alors ?  Je suppose que lorsqu’un créancier demande à madame machin de retrouver un mauvais payeur, il lui fournit un minimum d’éléments pour la mettre sur la piste. Le nom, prénom, la date de naissance… un lieu de départ…

-Hé, le lieu de départ, on l’a. C’est bien Clermont-Ferrand, non ?

-Bien sûr. Mais le reste ? Bon sang, Gladys !  Fanny qui est du 24 mars m’a dit que l’anniversaire de Sam… purée, je me ferais jamais à ce prénom ! J’ai connu un chien qui s’appelait Sam. Oui, bon passons. Je disais donc que Fanny qui est du 24 mars m’a dit que l’anniversaire de Sam, tombait deux jours après le sien.  Il serait donc du 26 mars. Et l’année va-t-être facile à trouver, puisque d’après Fanny encore, Sam avait dix ans, l’année où Elvis Presley est mort.  Euh, tu le sais, toi, en quelle année, il est mort, Elvis Presley ?

-Nan, mais on va demander ça tout de suite à notre ami Google.

Elles foncèrent directement dans la salle de séjour où se trouvait l’ordi.  Et après avoir trouvé ce qu’elles cherchaient -l’année de la mort du king, nous sommes d’accord, n’est-ce pas ? Alors oui, seulement après ça, elles iraient sonner chez la voisine du dessous. Mouais…  sauf qu’il leur manquerait le nom de famille, et que, tout à leur excitation, elles n’y songeaient pas encore.

Ce jour-là de juillet venait tout juste de s’incliner devant la nuit tombée d’un coup. Aussi, après avoir mis l’ordi en route, elles allumèrent la lampe sur le bureau. Ou plus exactement,  l’une alluma la lampe, pendant que l’autre filait dans la cuisine, pour préparer deux tasses de Nescafé qu’elle ramena sur un plateau.  La nuit serait longue…

3

Au même moment, dans une forêt d’Auvergne, à proximité d’un lac de cratère, un homme qui s’était endormi au pied d’un arbre en fin d’après midi, se réveilla en sursaut. Sans doute avait-il senti la nuit le recouvrir de son linceul. Il frissonna, se demandant où il était…

A suivre…

(Tous droits réservés)

 WHAT ELSE?

chapitres 3 et 4*

Mardi poésie… Éternité

Humeur du moment

Éternité est l’anagramme d’etreinte. – Henry de Montherlant..

LE JARDIN

Des milliers et des milliers d’années
Ne sauraient suffire
Pour dire
La petite seconde d’éternité
Où tu m’as embrassé
Où je t’ai embrassée
Un matin dans la lumière de l’hiver
Au parc Montsouris à Paris
À Paris
Sur la terre
La terre qui est un astre

Jacques Prévert

 

Douce heure du soir sur l’Île de Ré ( Saint Martin)

© solenev79

« Pour voir le monde dans un grain de sable,
Et le ciel dans une fleur sauvage,
Contiens l’infini dans la paume de ta main
Et l’éternité en une heure. » – William Blake…

 

Douce soirée !