TOI, MON ESSENCE-CIEL…

« Ce  que l’on ne peut pas dire,

il ne faut surtout pas le taire,

il faut l’écrire »…

TOI
(Mon essence-ciel)

J’habite un monde à part
un univers qui n’appartient qu’à moi;
où penser, entreprendre, travailler
et s’amuser, dépenser, se rire de tout
sont une seule et même chose:
être libre…
Tout se tient en un mot: liberté
sans laquelle vivre n’est pas vivre.

On me dit que j’ai tout pour être heureuse;
des amis, une maison avec du vert autour
et juste au dessus le ciel à l’infini
qui donne à la vie
cet arrière goût de paradis sur terre
lorsque la poésie s’y met pour raconter
en deux ou trois vers comment volent
les oiseaux du marais
sans pour autant percer le mystère des fleurs sauvages.
Tu sais, celles qui poussent tout simplement
sur les bords du temps, au détour des chemins boueux;
petit miracle des matins de brume
après l’évaille* du dernier hiver –
encore un ! Une éternité
qu’on n’aura pas vu passer
Les canaux, toujours, s’en vont à la mer
comme l’eau des souvenirs
nous file entre les doigts…

Peut-être n’était-ce qu’un rêve
Un jour j’ai fui l’amour, ton amour,
mon amour
Je me suis arrachée au bonheur de ton souffle sur ma peau
de peur que ce soit trop beau pour être vrai
Mais voilà, j’avais besoin de ça pour grandir,
ne pas m’endormir sur mes lauriers
Aussi j’ai compris plus tard
ce que pleurer des rivières veut dire
C’est comme hurler en silence la nuit
hurler à fendre l’âme, quand l’ennui nuit à la nuit
et que le sommeil n’est plus qu’un amour perdu
J’ai perdu mon amour, et le sommeil avec
Alors j’ai appris la solitude et le silence
Je les ai même aimés jusqu’au jour d’aujourd’hui
Puis les mois, les ans ont passé,
le lierre s’est attaché à la maison,
cœur de pierre en lequel je t’attends
dans la pénombre des jours qui sombrent
car s’il est vrai que j’ai tout pour être heureuse
il me manque l’essentiel
TOI,
mon essence-ciel

Évaille* en patois, montée des eaux dans le marais, crue, inondations… 

SOlène

Extrait de « Au beau milieu de l’hiver, j’ai découvert en moi, un invincible été », mon deuxième recueil de poésie dont la parution est prévue fin mars.

(Tous droits réservés)

WHAT ELSE ?

A toi qui veille sur l’ombre de mes nuits
Je dédie
Cet air qui me vient d’un très beau matin
Où je laissais courir mon âme dans les blés
Insouciant, irradié par la magie de l’été
Coeur de pierre, ciel ouvert, adolescent
Amoureux d’une sorcière aux seins blancs
Loin des fureurs, loin des errances de l’ennui
Comme un aviateur dans un ascenceur
Qui s’envole vers l’infini
Ai du coeur, Ai du coeur, baise la vie
Fais la jouir à en pâlir d’envie
Jusqu’à ce que la mort la surprenne dans ton lit
Noyé de désir, hurlant de plaisir
Prise entre jour et nuit

A toi qui meurt de trop aimer la vie
Je dédie
Cet air venu d’un éternel chagrin
Où le destin m’a condamné
A errer incertain, sur les chemins de l’oubli
Laisse le temps impatients, tuer ta douleur
Et dis toi qu’il n’est pas de plus grand malheur
Que de laisser mourir le rire dans ton coeur
A ta dernière peur, comme un déserteur
Donne ta vie à mort
Et dis toi qu’il n’est pas de plus grand malheur
Que de laisser mourir le rire dans ton coeur

Jacques HIGELIN

Toute belle journée à tous ! Au plaisir de vous lire sur vos blog…

19 réflexions au sujet de « TOI, MON ESSENCE-CIEL… »

  1. Touchant ! je découvre depuis peu ce site et j’apprécie particulièrement le parfum d’authenticité qui en ressort. La poésie offre plusieurs libertés, dont précisément la liberté d’être authentiquement et parfaitement soi, mais je vois bien dans ce monde que peu sont prêt à en payer le prix. J’apprécie les poètes qui tombent le masque (per-sonna) sous l’étendard d’une liberté pure … Ce qui en fait sûrement des âmes à part. Bien qu’humble amateur, la confrérie des plumes sincères qui écrivent avec leurs tripes résonne en moi et m’ offre une bulle d’oxygène de « vrai » dans un monde de « faux ».
    Désolé si je m’égare un peu, tout ça pour dire : Merci du partage.

    J'aime

  2. Wow! Quelle profonde poésie! Tellement prometteur pour le deuxième recueil de poésie à venir!
    Que j’aime ce passage: « lorsque la poésie s’y met pour raconter
    en deux ou trois vers comment volent
    les oiseaux du marais
    sans pour autant percer le mystère des fleurs sauvages. »
    Bravo.
    Mes salutations

    Aimé par 1 personne

  3. A reblogué ceci sur LE MONDE DE SOLÈNEet a ajouté:

    les mois, les ans ont passé,
    le lierre s’est attaché à la maison,
    cœur de pierre en lequel je t’attends
    dans la pénombre des jours qui sombrent
    car s’il est vrai que j’ai tout pour être heureuse
    il me manque l’essentiel
    TOI,
    mon essence-ciel

    J'aime

  4. Ha l’Amour!
    Un auteur célèbre, poète et souffleur de théâtre a écrit:
    « L’espérance est un de ces remèdes qui ne guérissent pas mais qui permettent de souffrir plus longtemps. »
    Et toujours à propos d’Amour et du « vivre ici et maintenant » plutôt que d’attendre et espérer, le bateleur cité en référence a lui écrit cela:

    « Le sang qui roule dans mes veines est rouge
    Le feu vient de l’amour
    Et l’amour naît de la vie, de la vie, oh
    Je suis né dans un spasme
    Dans un grand brasier haletant
    Au beau milieu d’un raz-de-marée de sang
    Le ventre de ma mère a craché
    Un noyau de jouissance
    Et j’ai jamais perdu le goût de ça »

    Et chanté komça!:https://www.youtube.com/watch?v=tif8KzfAAHw

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