Avec J. H. jusqu’au bout de la nuit…

L’artiste a veillé
toute la nuit
attendant que le jour se lève
il a écrit son poème
pour accueillir au saut du lit
la petite Morphée
qui attend chez lui.

Elle lui a dit: La vie est brève
et la relève est assurée
pour aujourd’hui.
Viens t’allonger »

 

LA PLAYLIST DE « FLANER ENTRE LES INTERVALLES » ( HACHETTE.FR)

« Vivre l’écriture. Le corps et l’esprit tout entiers tendus vers elle », écrit Jacques Higelin en introduction de Flâner entre les intervalles, le recueil de textes publié chez Pauvert. Quelques jours après la remise du prix Nobel de littérature à Bob Dylan, on n’a jamais été aussi convaincu que l’auteur-compositeur-interprète fait acte de littérature quand il nous donne ses mots, même chantés.

Ceux-ci, tracés entre les années 1980 et aujourd’hui, n’avaient pas nécessairement vocation à devenir chanson, mais certains ont pu s’inviter en studio comme quelques phrases d’un texte intitué Des couteaux de cristal reprises dans la chanson Criez, priez sur l’album Illicite en 1991. Les chansons Le naïf haïtien ou Ici c’est l’enfer sont en partie reprises sur les albums Aux héros de la voltige et Amor doloroso. Quant à L’Emploi du temps écrit en 1997, il a été en partie enregistré en juillet 2015 sur une musique originale et figure sur l’album Higelin 75

Ce bien bel objet reproduit aussi quelques facs-similés de manuscrits d’Higelin et célèbre une mangnifique apogée de la carrière du chanteur. A noter que Flâner entre les intervalles arrive près d’un an après « Je vis pas ma vie, je la rêve » (Fayard).

Ah, Higelin ! Imaginez-le, les cheveux en bataille jusqu’au bout de la nuit, dans un bar d’Hossegor, ou en terrasse à Paris, ou même encore chez lui, à Pantin… avec un café, ses listes de mots, son cahier et son stylo, fixant l’inspiration pour ne pas la laisse filer….
Ah, Higelin, jouant avec les mots pour venir à bout des maux, et faire vibrer la corde sensible entre le blues à la guitare et au piano, comme ça tout à la musique et dans le brouhaha du monde pour bruit de fond…. Mais quel poète ! Et que je l’aime ! Même quand il me fait grave rogner sur mes huit heures de sommeil C’est si bon de se balader avec Higelin dans son univers, se laisser emporter, envoûter….  » Flâner entre les intervalles » enivré par le nectar des vers à pieds, distillés de ci de là à coups de rimes et de rytmes qui vont et viennent, comme les vagues en caressant le sable,  ou en se brisant sur les rochers… Chez Higelin, c’est toujours la liberté qui prime, c’en est grisant d’alexandrins qui font vibrer; comme les chants d’amour qui, tour à tour, frisent la rage, le désespoir, la sagesse, la folie, la mort, la vie…
Avec lui, Higelin jusqu’aux premières lueurs du jour, je n’ai pas vu passer la nuit; j’ai pleuré au petit matin en écoutant Amor Doloroso Mais c’était des larmes qui font du bien, parce qu’elles lavent l’âme…

🎧

 

La mort s’en vient
L’amour s’en va
Seul sur les quais
Je broie du noir
Le train repart sans moi
La route est longue
Le temps est lourd
La nuit est blanche encore
Et noir le jour
Je te revois fière et sauvage
Ensorcelée pieds nus dans la poussière
T’embraser comme une flamme affolée par le vent
Et te jeter dans mes bras

L’amour, l’amour, l’amour, l’amour est mort
Amor Doloroso
Je sens encore
Entre mes bras
Chavirer ton corps

Douleur, douleur, douleur, regrets et remords
Amor Doloroso
Si loin de toi, j’ai mal, j’ai froid, j’ai peur
Je n’aime que toi.

Combien de jour
De nuit encore
À délirer sans toi?
La fièvre au corps
La mort dans l’âme
Bien plus de mille et une fois
Je me suis senti mourir dans tes bras
Jusqu’au jour où lassée
Peut-être
Tu m’as quitté sans dire
Un mot,
Sans un regard
Me laissant seul désemparé
Et le c ur lourd à
Attendre ton retour.

Douleur, douleur, douleur, regrets et remords
Amor Doloroso
J’entends encore tout contre moi
Battre ton c ur.

La vie, l’amour, l’oubli, la douleur et la mort
Amor Doloroso
Si loin de toi, j’ai mal, j’ai froid, j’ai peur
Je n’aime que toi.

WHAT ELSE ?

Douce nuit à  vous tous. Faites de beaux rêves.

🧡

 

16 réflexions au sujet de « Avec J. H. jusqu’au bout de la nuit… »

    • Oui, bien sûr, quand il est question de Jacques Higelin, on ne peut pas ne pas parler de chansons. Mais dans ce livre, « Flaner entre les Intervalles » dont je parle ici pour la deuxième fois, il est aussi beaucoup question de l’écriture et de texte inédits; entre autres des poèmes ecrits pas forcément dans le but que ceux-ci deviennent des chansons, même si on retrouve par ci par là quelques phrases mises en musique dans des titres d’albums. Ce livre est précieux pour qui aime J H, car il s’y livre sans fard. Et comme je l’aime beaucoup beaucoup, moi, Higelin… voilà 😊

      Bonne nuit, bon week-end. Bisous.

      Aimé par 2 personnes

  1. La mort l’amour la vie

    J’ai cru pouvoir briser la profondeur l’immensité
    Par mon chagrin tout nu sans contact sans écho
    Je me suis étendu dans ma prison aux portes vierges
    Comme un mort raisonnable qui a su mourir
    Un mort non couronné sinon de son néant
    Je me suis étendu sur les vagues absurdes
    Du poison absorbé par amour de la cendre
    La solitude m’a semblé plus vive que le sang
    Je voulais désunir la vie
    Je voulais partager la mort avec la mort
    Rendre mon cœur au vide et le vide à la vie
    Tout effacer qu’il n’y ait rien ni vitre ni buée
    Ni rien devant ni rien derrière rien entier
    J’avais éliminé le glaçon des mains jointes
    J’avais éliminé l’hivernale ossature
    Du vœu de vivre qui s’annule.

    Tu es venue le feu s’est alors ranimé
    L’ombre a cédé le froid d’en bas s’est étoile
    Et la terre s’est recouverte
    De ta chair claire et je me suis senti léger
    Tu es venue la solitude était vaincue
    J’avais un guide sur la terre je savais
    Me diriger je me savais démesuré
    J’avançais je gagnais de l’espace et du temps
    J’allais vers toi j’allais sans fin vers la lumière
    Là vie avait un corps l’espoir tendait sa voile
    Le sommeil ruisselait de rêves et la nuit
    Promettait à l’aurore des regards confiants
    Les rayons de tes bras entrouvraient le brouillard
    Ta bouche était mouillée des premières rosées
    Le repos ébloui remplaçait la fatigue
    Et j’adorais l’amour comme à mes premiers jours.

    Les champs sont labourés les usines rayonnent
    Et le blé fait son nid dans une boule énorme
    La moisson la vendange ont des témoins sans nombre
    Rien n’est simple ni singulier
    La mer est dans les yeux du ciel ou de la nuit
    La forêt donne aux arbres la sécurité
    Et les murs des maisons ont une peau commune
    Et les routes toujours se croisent.
    Les hommes sont faits pour s’entendre
    Pour se comprendre pour s’aimer
    Ont des enfants qui deviendront pères des hommes
    Ont des enfants sans feu ni lieu
    Qui réinventeront les hommes
    Et la nature et leur patrie
    Celle de tous les hommes
    Celle de tous les temps.
    Paul Éluard (1961)

    Aimé par 2 personnes

    • Tu sais quoi, Jean-Louis ? Eh ben, ça tombe trop trop bien.
      Et tu sais quoi encore ? Je fais que ça de l’écouter depuis 48 h. Mais qu’est-ce que je l’aime !
      Oui, J-3 😊
      Bonnes fin d’après-midi et soirée.

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