SOIRS D’ÉTÉ… SUIVI PAR « JE PENSE ENCORE À TOI »

Humeur du moment

UN RIEN DE LUMIÈRE…

« La liberté ne va pas avec le bonheur. Elle va avec la joie. La joie est comme une échelle de lumière dans notre coeur. Elle mène à bien plus haut que nous, à bien plus haut qu’elle : là où plus rien n’est à saisir, sinon l’insaisissable. » – Éloge du rien de Christian Bobin…

SOIRS D’ÉTÉ

Il est des soirs d’été, comme ça
où j’aime m’asseoir en terrasse
sur le vieux port face aux tours,
pour contempler ce ciel de juillet
que le soleil en s’ y éternisant
au dessus de la mer enivrée,
embrase de rouge et d’orangé
pour, de ses rayons encore chauds
comme autant de coups de pinceaux
sur un tableau de maître,
tâcher de mouettes rieuses
l’immuable paysage alentour,
que le souvenir devenu lointain
rendra un jour immobiles
et silencieuses à jamais.

Je suis là, seule, devant un mojito
qu’en ces instants de fulgurance,
je sirote sans penser a rien d’autre
qu’a ces éclats de joie éphémères
dont je me souviendrai plus tard
comme d’une éternité, quand
je t’oubliais en les poètisant
dans le temps du monde qui,
pourtant, nous est compté –
on le sait.
Mais c’est bien là, toute la magie
de certains soirs d’été.

SOlène
06/07/2021
(Tous droits résevés)

 

🎧

Je suis entré dans l’église
Et je n’y ai vu personne
Que le regard éteint du plâtre des statues
Je connais un endroit où il n’y a rien au-dessus
Je pense encore à toi.
J’aurais dû me méfier des vents qui tourbillonnent
De ces pierres qui taillent cachées sous l’eau qui dort
De ces bouts de ruisseaux qui deviennent des ports
Je pense encore à toi.
On m’avait dit que tout s’efface
Heureusement que le temps passe
J’aurai appris qu’il faut longtemps
Mais le temps passe, heureusement, heureusement.

J’ai croisé le mendiant qui a perdu sa route
Dans mon manteau de pluie je lui ressemble un peu
Et puis j’ai ton image plantée dans les yeux
Je pense encore à toi.

Francis CABREL

@solenev79… sans la moindre retouche, aucune !

WHAT ELSE ?

Aujourd’ hui, je vous emmène à Ars en Ré, non pas chez Philippe Sollers ni chez Lionnel Jospin, mais pour visiter l’église catholique Saint Etienne. A la fois monument emblématique de l’île et classé au titre des monuments historiques, il a été construit au XVe siècle. Se détachant à l’horizon, il est reconnaissable de loin par son clocher pointu blanc avec sa flèche noire qui sert d’amer pour les marins en navigation dans les Pertuis…

Aussi la toute première fois que j’ai posé le pied dans cette église, il s’est produit une sorte de petit miracle. Ou que du moins, j’ai vécu comme tel. C’etait en été, il faisait très chaud ce jour-là. J’avais le coeur lourd parce que je me faisais du souci pour une personne de ma famille, alors hospitalisée à La Rochelle.
Je ne sais pas prier pour demander, mais j’ai fait brûler un cierge. Puis, agenouillée, j’ai laissé couler les larmes…
La flûte de pan, la fraîcheur des lieux… et surtout cette merveilleuse sérénité qui y régnait, mon coeur s’est allégé d’un coup et je me suis senti pénétrée par la grâce. Non, non, je n’étais pas dosée par quoi que soit. Toujours est-il que lorsque je suis rentrée, cette personne qui m’est si chère, était, elle, sortie de l’hôpital. Le soir même, on allait manger des fruits de mer sur le port de Saint-Martin.
Depuis, dès que je suis sur l’île, je vais régulièrement me recueillir dans cette église.

Vous me suivez ? 

Le très célèbre Curé, Jean-Marie Vianney (08/05/1786 – 04/08/1859) dit le saint Curé d’Ars est un prêtre catholique qui fut le curé de la paroisse d’Ars-sur-Formans ( situé dans la Dombes) pendant 41 ans. Vénéré par l’Église, il a été nommé patron de tous les curés de l’Univers par le pape Pie XI en 1829…

Je ne sais pas prier pour demander, alors la lumière que j’offre est un peu de mon bien, un peu de mon temps, un peu de moi-même…. Cette lumière qui brille symbolise ma prière  que je continue tout en m’en allant… 

Tapisserie de 5,80×3,00 réalisée d’après une œuvre originale de madame Lavigile  par une centaine de bénévoles  des dix communes de l’île de Ré au profit du téléthon

 

Ces photos numériques sont issues de mes albums personnels, mais n’ont pas forcément été prises le même jour….

« On ne se souvient pas des jours, on se souvient des instants.” – Cesare Pavese, Le Métier de vivre…

Les nuits de chair… Suivi par « À l’aube revenant »…

Humeur du moment

Si vous saviez combien la peau est profonde, oui, cela dépend comme on la caresse. Il y a des personnes qui vous effleurent comme une écorce, qui vous remuent jusqu’à la sève. Il y a des mains qui vous chosifient, vous bestialisent, et il y a des mains qui vous apaisent, vous guérissent, et quelquefois même, vous divinisent. – Paul Valéry, L’idée fixé ou Deux hommes à la mer ( 1933)….

Matin de brume
Odeur du premier café
Les mots racontent

LES NUITS DE CHAIR

Il me semble que ça commence toujours comme ça
comme au fond d’un rêve dont on ne se rappellera pas
C’est l’histoire de deux têtes, deux cœurs et deux corps
deux humains faits d’os, de chair et de sang
Qui se sont rencontrés un soir en hiver
Il n’y a pas de hasard, dirait Paul Eluard
il n’y a que des rendez-vous
Dès la toute première fois, en effet
Ils ont su le pourquoi du comment
c’etait lui, c’était elle
Il y a eu d’autres soirs
mille et un soleil de minuit
mille et une poussière d’étoiles
à écrire pour se les raconter après
À chaque soir ses retrouvailles
A chaque nuit ses ivresses
et ses secrets
A chaque aube, une force nouvelle
pour affronter du monde
les petits matins froids
et les dures journées de labeur
Aragon avait donc raison:
ceux qui s’aiment, savent
ce qu’est la nuit
car ils n’ont qu’elle pour adresse
Aussi, ils l’ont vite compris
les nuits de chair sont au cœur
ce que la tête ne saura jamais décrypter
un mystère qui fait de l’éphémère,
l’éternité
le pont pour atteindre l’indicible
Et bien plus encore
SOlène
29/11/2020

🎧

…🎼

À l’aube revenant
Les amants se relèvent
Descendent de leurs rêves
Encore ruisselant
Chaque geste est urgent
Puisque le jour se lève
La tempête s’achève
En murmures brûlants
À l’aube revenant
Il s’étaient perdus dans l’obscurité profonde
Là les étoiles se fondent
Au jour apparaissant
À leurs pas hésitants
On sent la fin du monde
Encore une seconde
Encore un instant
À l’aube revenant
Le souffle qu’on entend
C’est deux cœurs qui s’arrachent
Une main se détache
Et l’autre la reprend
Aux yeux l’égarement
Des oiseaux qu’on relâche
Et qui cherchent où se cachent
Le piège qu’on leur tend
À l’aube revenant
Au moindre éloignement
La vie qui les oblige
Le vide, le vertige et faire semblant
Ils se couvrent de serments
Se jurent de poursuivre
Leurs courses à un équilibre
Sur les pierres des torrents
À l’aube revenant
Chacun séparément
Continuera le rêve
Le seul qui les soulève
Et les garde vivants
C’est éternellement
Qu’ils se croyaient soudés
Et même l’éternité
Pour eux c’est pas assez longtemps
À l’aube revenant
Ils étaient deux passants
Dans l’anonyme foule
Dans ce fleuve qui roule
Dans la masse des gens
Ils se sont reconnus
Un peu trop tard peut-être
Mais c’est se reconnaître
En vrai qu’est important
À l’aube revenant
Les amants se relèvent
Descendent de leurs rêves
Encore ruisselant
WHAT ELSE ? 
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Bonne semaine à tous ! Merci de votre fidélité. A bientôt. Et surtout, prenez soin de vous.

Photos @solenev 🇨🇭