Vous reprendrez bien un peu de francophilie avec votre café ?

Humeur du moment

…Une New Yorkaise qui préfère un café au Flore qu’une tisane au Chelsea Hôtel de Greenwich Village ? 

Et le Flore le lui rend bien : Patti Smith sur les tables du Flore  ( septembre 2021)….

La dame aura 74 ans le 30 décembre prochain. Passionnée de littérature française, citoyenne d’honneur de Charleville-Mézières  ( Ardennes) elle a racheté la maison maternelle de Rimbaud à Roche à  une quarantaine  de kilomètres  de Charleville C’est là, dans cette ancienne ferme, au grenier plus précisément; que le poète  écrivit Une saison en enfer. Elle souhaiterait en faire une résidence d’artistes »…. Cette dame, vous la connaissez sûrement  c’est elle qui a remplacé Bob Dylan en 2016 a  Stockholm lors de la remise du Prix Nobel de littérature, Patti Smith, l’icône du rock féminin, auteure du titre culte « Because the night » 

.Je l’ai vue récemment à LA GRANDE LIBRAIRIE*  :  « Patti Smith, la poésie comme remède »  (clic*)… 

Également passionnée par Artaud, elle  s’est découvert une passion récente pour un autre Ardennais,  René Daumal ( 1908 – 1944). Écrivain et poète métaphysique….  ( NDLR – Avec qui Rimbaud – ainsi que Roger Vailland – fonde la revue « Le grand Jeu »). Son argent, Patti Schmih le dépense pour faire l’acquisition de reliques concernant les poètes. Sa toute dernière ambition: se procurer le manuscrit que Gérard de Nerval détenait dans la poche de sa veste, le jour où il est mort…

WHAT ELSE ?



C’est une histoire d’obsession qui anime Patti Smith. Une obsession créatrice, que l’on retrouve sous différentes formes dans cet ouvrage très personnel. De passage à Paris, l’artiste observe tout et absorbe tout. À la manière d’un journal intime, elle retranscrit ses impressions qui viendront nourrir « Dévotion », la nouvelle qui compose le coeur du livre et lui donne son titre. C’est en quittant la capitale à bord d’un train que l’inspiration la saisit. L’histoire d’une jeune fille et de son obsession pour le patin à glace; celle d’un homme à l’intelligence cruelle, obnubilé par sa quête d’objets précieux. L’oeuf au plat parfaitement rond du café de Flore où elle a pris son petit déjeuner la veille se transforme alors en étang gelé. L’esprit libre de Simone Weil dont elle a recherché la tombe quelques jours plus tôt se réincarne dans l’énigmatique personnage d’Eugenia. Dans ce conte poétique et glaçant, Patti Smith revisite le Faust de Goethe au féminin. Enfin, l’auteur achève son voyage en se rendant dans la maison familiale d’Albert Camus, où elle est autorisée à parcourir le manuscrit inachevé du Premier Homme, la rapprochant un instant de l’un de ses grands modèles. Un aperçu émouvant de son processus d’écriture mais aussi une réflexion sur ce qui la pousse à écrire, encore et toujours.

Dévotion
Patti Smith
Folio
1 Octobre 2020

 

Sorti le 8 novembre 2019, deux jours avant la date anniversaire de la mort de Rimbaud, Mummer Love est le second volet de la collaboration musico littéraire de Patti Smith avec le groupe new-yorkais Soundwalk Collective (leur premier album était consacré à Antonin Artaud ).

..On y retrouve cet extrait, où les chants rituels du groupe soufi de Sheikh Ibrahim associés à la voix de Patti Smith et au piano hypnotique de Philip Glass exaltent les vers de L’Éternité, vibrant dialogue imaginaire entre le jeune homme et son amant Paul Verlaine.

La carrière de Rimbaud fut brève, et pourtant «l’homme aux semelles de vent », mort à seulement 37 ans, fut érigé au XXe siècle en monument littéraire.

Euh, vous reprendrez bien un peu de francophilie avec votre café ? 

 

..

JE VIS PAS MA VIE, JE LA RÊVE

Humeur du moment

Le soleil se lève et moi aussi
C’est comme une maladie,
Que j’aurais chopé quand j’étais tout petit
Et qui va pas m’lâcher
Avant qu’j’en crève

Jacques HIGELIN
Extrait de « Parc Montsouris » (Album « Tombé du ciel »)

.

J. H. comme jeune-homme. Éternel jeune-homme… Poète lunaire, grand amoureux des mots, baladin charmant (et charmeur), troubadour fan de Trenet depuis sa plus tendre enfance…Enfant rebelle devenu plus tard électron libre, fantasque et provocateur, un peu lutin… il était souvent là où on ne l’attendait pas; en tout cas, émouvant et humble, toujours…. Jacques Higelin croquait la vie; il était curieux de tout; parfois capable d’extravagances verbales comme de renfermements soudains… Un artiste unique, vraiment à part dans le monde de la chanson française, et particulièrement attachant !

Cela a fait trois ans le 6 avril dernier, qu’il nous a quitté. Oui, déjà. Mais, heureusement, il nous a laissé, en plus de ses chansons, des petits bijoux d’écriture; des poèmes et des textes bouleversants.

Dans « Je ne vis pas ma vie, je la rêve », Jacques Higelin nous dit tout (ou presque). Le titre de ce livre co-écrit avec Valérie Lehoux ( journaliste à Télérama ) résume à la perfection le ton du livre. Un récit à double voix narrative, avec l’écriture de Jacques Higelin alternée par celle de Valérie Lehoux dont les commentaires s’insèrent avec pudeur ( afin de respecter celle du chanteur) et beaucoup de délicatesse dans chacun des chapitres, où ce qui doit rester privé le reste (pas de photos)… Mais si on connaît l’amour d’Higelin pour ses 3 enfant, Arthur H, Ken et Izia, on découvre en 400 pages, l’enfant qu’il fut, puis l’homme ( si touchant) qui a su garder son âme d’enfant… C’est rempli d’anecdotes, d’histoires de rencontres, de confidences…
Si maître Jacques,i le chanteur se montre exubérant sur scène et quelques fois sur des plateaux TV, l’homme, lui, est secret et sensible. Alors il « nous dit ce qu’il veut bien nous dire. Mais quand il le fait, c’est avec franchise et sans détour »…
Fan ou pas d’Higelin, que du bonheur dans ce livre. Du coup, j’ ai envie de dire, « champagne pour tout le monde. Et du caviar pour les autres ». Un bien beau et grand moment de lecture * ( vous l’aurez compris: je l’aime, moi, Jacques Higelin).

SOlène

PS:  sorti en livre de poche également

 

Un peu de douceur (s) dans ce monde de brutes… Coup de ❤

 

4ème de couverture :

J’entendais ma grand-mère chanter dans le jardin. Elle avait une voix délicieuse. Après le boulot, mon père se mettait au piano et nous accompagnait. Plus tard dans la soirée, avant d’éteindre la lumière, il nous racontait des histoires, à Paulo et à moi. Je m’endormais au son de l’harmonica de mon papa. C’est drôle… Pendant des années, j’ai joué un air de guitare à Izïa et chanté au pied de son lit pour l’aider à s’endormir.

Cinquante ans après son premier enregistrement ; quarante ans après la déflagration rock de BBH ; trente ans après son gigantesque spectacle de Bercy, Jacques Higelin se raconte. Et raconte ceux qui comptent pour lui. La naissance dans la guerre, la découverte du jazz puis du théâtre, le service militaire en Algérie, les spectacles expérimentaux avec Brigitte Fontaine, la vie en communauté, la drogue, la tornade du rock, les années dans la dèche, les grandes mises en scène, les peurs et les bonheurs, les voyages, les enfants… Un chemin de liberté folle et de découvertes permanentes, sur lequel on croise, entre autres, des cascadeurs, le guitariste Henri Crolla, Moustaki, Peter Brook, Jacques Canetti, un conteur de Marrakech, Trenet, Jacno ou Barbara.

Ce voyage, Jacques Higelin le fait aux côtés de la journaliste Valérie Lehoux, critique à Télérama et auteur d’une biographie de Barbara (Fayard). Leur récit musarde sans cesse entre passé et présent, reflet de la personnalité d’un homme qui se promène dans la vie sans se soucier du temps.