JE VIS PAS MA VIE, JE LA RÊVE

Humeur du moment

Le soleil se lève et moi aussi
C’est comme une maladie,
Que j’aurais chopé quand j’étais tout petit
Et qui va pas m’lâcher
Avant qu’j’en crève

Jacques HIGELIN
Extrait de « Parc Montsouris » (Album « Tombé du ciel »)

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J. H. comme jeune-homme. Éternel jeune-homme… Poète lunaire, grand amoureux des mots, baladin charmant (et charmeur), troubadour fan de Trenet depuis sa plus tendre enfance…Enfant rebelle devenu plus tard électron libre, fantasque et provocateur, un peu lutin… il était souvent là où on ne l’attendait pas; en tout cas, émouvant et humble, toujours…. Jacques Higelin croquait la vie; il était curieux de tout; parfois capable d’extravagances verbales comme de renfermements soudains… Un artiste unique, vraiment à part dans le monde de la chanson française, et particulièrement attachant !

Cela a fait trois ans le 6 avril dernier, qu’il nous a quitté. Oui, déjà. Mais, heureusement, il nous a laissé, en plus de ses chansons, des petits bijoux d’écriture; des poèmes et des textes bouleversants.

Dans « Je ne vis pas ma vie, je la rêve », Jacques Higelin nous dit tout (ou presque). Le titre de ce livre co-écrit avec Valérie Lehoux ( journaliste à Télérama ) résume à la perfection le ton du livre. Un récit à double voix narrative, avec l’écriture de Jacques Higelin alternée par celle de Valérie Lehoux dont les commentaires s’insèrent avec pudeur ( afin de respecter celle du chanteur) et beaucoup de délicatesse dans chacun des chapitres, où ce qui doit rester privé le reste (pas de photos)… Mais si on connaît l’amour d’Higelin pour ses 3 enfant, Arthur H, Ken et Izia, on découvre en 400 pages, l’enfant qu’il fut, puis l’homme ( si touchant) qui a su garder son âme d’enfant… C’est rempli d’anecdotes, d’histoires de rencontres, de confidences…
Si maître Jacques,i le chanteur se montre exubérant sur scène et quelques fois sur des plateaux TV, l’homme, lui, est secret et sensible. Alors il « nous dit ce qu’il veut bien nous dire. Mais quand il le fait, c’est avec franchise et sans détour »…
Fan ou pas d’Higelin, que du bonheur dans ce livre. Du coup, j’ ai envie de dire, « champagne pour tout le monde. Et du caviar pour les autres ». Un bien beau et grand moment de lecture * ( vous l’aurez compris: je l’aime, moi, Jacques Higelin).

SOlène

PS:  sorti en livre de poche également

 

Un peu de douceur (s) dans ce monde de brutes… Coup de ❤

 

4ème de couverture :

J’entendais ma grand-mère chanter dans le jardin. Elle avait une voix délicieuse. Après le boulot, mon père se mettait au piano et nous accompagnait. Plus tard dans la soirée, avant d’éteindre la lumière, il nous racontait des histoires, à Paulo et à moi. Je m’endormais au son de l’harmonica de mon papa. C’est drôle… Pendant des années, j’ai joué un air de guitare à Izïa et chanté au pied de son lit pour l’aider à s’endormir.

Cinquante ans après son premier enregistrement ; quarante ans après la déflagration rock de BBH ; trente ans après son gigantesque spectacle de Bercy, Jacques Higelin se raconte. Et raconte ceux qui comptent pour lui. La naissance dans la guerre, la découverte du jazz puis du théâtre, le service militaire en Algérie, les spectacles expérimentaux avec Brigitte Fontaine, la vie en communauté, la drogue, la tornade du rock, les années dans la dèche, les grandes mises en scène, les peurs et les bonheurs, les voyages, les enfants… Un chemin de liberté folle et de découvertes permanentes, sur lequel on croise, entre autres, des cascadeurs, le guitariste Henri Crolla, Moustaki, Peter Brook, Jacques Canetti, un conteur de Marrakech, Trenet, Jacno ou Barbara.

Ce voyage, Jacques Higelin le fait aux côtés de la journaliste Valérie Lehoux, critique à Télérama et auteur d’une biographie de Barbara (Fayard). Leur récit musarde sans cesse entre passé et présent, reflet de la personnalité d’un homme qui se promène dans la vie sans se soucier du temps.

Avec J. H. jusqu’au bout de la nuit…

Humeur du moment

L’artiste a veillé
toute la nuit
attendant que le jour se lève
il a écrit son poème
pour accueillir au saut du lit
la petite Morphée
qui attend chez lui.

Elle lui a dit: La vie est brève
et la relève est assurée
pour aujourd’hui.
Viens t’allonger »

 

LA PLAYLIST DE « FLANER ENTRE LES INTERVALLES » ( HACHETTE.FR)

« Vivre l’écriture. Le corps et l’esprit tout entiers tendus vers elle », écrit Jacques Higelin en introduction de Flâner entre les intervalles, le recueil de textes publié chez Pauvert. Quelques jours après la remise du prix Nobel de littérature à Bob Dylan, on n’a jamais été aussi convaincu que l’auteur-compositeur-interprète fait acte de littérature quand il nous donne ses mots, même chantés.

Ceux-ci, tracés entre les années 1980 et aujourd’hui, n’avaient pas nécessairement vocation à devenir chanson, mais certains ont pu s’inviter en studio comme quelques phrases d’un texte intitué Des couteaux de cristal reprises dans la chanson Criez, priez sur l’album Illicite en 1991. Les chansons Le naïf haïtien ou Ici c’est l’enfer sont en partie reprises sur les albums Aux héros de la voltige et Amor doloroso. Quant à L’Emploi du temps écrit en 1997, il a été en partie enregistré en juillet 2015 sur une musique originale et figure sur l’album Higelin 75

Ce bien bel objet reproduit aussi quelques facs-similés de manuscrits d’Higelin et célèbre une mangnifique apogée de la carrière du chanteur. A noter que Flâner entre les intervalles arrive près d’un an après « Je vis pas ma vie, je la rêve » (Fayard).

Ah, Higelin ! Imaginez-le, les cheveux en bataille jusqu’au bout de la nuit, dans un bar d’Hossegor, ou en terrasse à Paris, ou même encore chez lui, à Pantin… avec un café, ses listes de mots, son cahier et son stylo, fixant l’inspiration pour ne pas la laisse filer….
Ah, Higelin, jouant avec les mots pour venir à bout des maux, et faire vibrer la corde sensible entre le blues à la guitare et au piano, comme ça tout à la musique et dans le brouhaha du monde pour bruit de fond…. Mais quel poète ! Et que je l’aime ! Même quand il me fait grave rogner sur mes huit heures de sommeil C’est si bon de se balader avec Higelin dans son univers, se laisser emporter, envoûter….  » Flâner entre les intervalles » enivré par le nectar des vers à pieds, distillés de ci de là à coups de rimes et de rytmes qui vont et viennent, comme les vagues en caressant le sable,  ou en se brisant sur les rochers… Chez Higelin, c’est toujours la liberté qui prime, c’en est grisant d’alexandrins qui font vibrer; comme les chants d’amour qui, tour à tour, frisent la rage, le désespoir, la sagesse, la folie, la mort, la vie…
Avec lui, Higelin jusqu’aux premières lueurs du jour, je n’ai pas vu passer la nuit; j’ai pleuré au petit matin en écoutant Amor Doloroso Mais c’était des larmes qui font du bien, parce qu’elles lavent l’âme…

🎧

 

La mort s’en vient
L’amour s’en va
Seul sur les quais
Je broie du noir
Le train repart sans moi
La route est longue
Le temps est lourd
La nuit est blanche encore
Et noir le jour
Je te revois fière et sauvage
Ensorcelée pieds nus dans la poussière
T’embraser comme une flamme affolée par le vent
Et te jeter dans mes bras

L’amour, l’amour, l’amour, l’amour est mort
Amor Doloroso
Je sens encore
Entre mes bras
Chavirer ton corps

Douleur, douleur, douleur, regrets et remords
Amor Doloroso
Si loin de toi, j’ai mal, j’ai froid, j’ai peur
Je n’aime que toi.

Combien de jour
De nuit encore
À délirer sans toi?
La fièvre au corps
La mort dans l’âme
Bien plus de mille et une fois
Je me suis senti mourir dans tes bras
Jusqu’au jour où lassée
Peut-être
Tu m’as quitté sans dire
Un mot,
Sans un regard
Me laissant seul désemparé
Et le c ur lourd à
Attendre ton retour.

Douleur, douleur, douleur, regrets et remords
Amor Doloroso
J’entends encore tout contre moi
Battre ton c ur.

La vie, l’amour, l’oubli, la douleur et la mort
Amor Doloroso
Si loin de toi, j’ai mal, j’ai froid, j’ai peur
Je n’aime que toi.

WHAT ELSE ?

Douce nuit à  vous tous. Faites de beaux rêves.

🧡